Un voyage inutile

23 février 2009 | La vie de la cité | Aucune réponse

Ségolène Royal se fait vertement tancer sous le soleil des Antilles. Alors que ce week-end, au Salon de l’Agriculture, on craignait que le Président succombât de nouveau à l’appel de la poésie popu, c’est de Pointe-à-Pitre qu’est venu l’hivernal « Casse-toi ! ». Le MEDEF guadeloupéen a donc gentiment invité Ségolène Royal à « se casser » de la Guadeloupe.

To fly or not to fly, that was the question. Entre les allers-retours éclairs d’Yves Jégo, le déplacement tardif de Besancenot, le suspense si factice de la non-venue du Président, le clivage tranchant entre la mobilité métropolitaine de Sarkozy et sa paralysie ultramarine, il n’a jamais été autant question de voyager que durant ces derniers jours. Oui, mais voyager pour quoi ? C’est précisément la question que ne s’est pas posée Ségolène Royal. Et c’est précisément ce pour quoi elle se fait gicler.

Ségolène Royal veut jouer le jeu du off-parti depuis le congrès de Reims. Sa défaite ne lui a pas servi de leçon. Puisqu’on lui a volé sa victoire et qu’elle est victime d’une purge dans la nomenklatura socialiste, elle a décidé d’exister à côté du parti, mais en même temps dedans, vous comprenez bien, c’est chaud quand même de tenter un baroud solitaire. En gros, Ségolène se place comme opposante au sein de l’opposition. Géniale subdivision. Sauf que, aujourd’hui, Ségolène Royal n’est plus que présidente de région. Sa candidature à l’élection présidentielle de 2007 et ses velléités pour 2012 ne sont pas de nature à lui conférer une légitimité d’aucune sorte en France et au PS. Besancenot s’est déplacé là-bas en tant qu’envoyé du NPA ; Jégo en tant que Secrétaire d’Etat ; les socialistes n’ont pas voulu y aller, chargeant les députés ultramarins dont Victorin Lurel et Taubira de jouer les canonniers de l’opposition pendant qu’ils concentrent le tir sur les mécontentements sociaux métropolitains afin de faire péter la baraque sarkozyste.

Eh voilà ce qui arrive quand on s’imagine encore jouer les premiers rôles en France : on se fait rétamer. Elie Domota rencontre Ségolène Royal, mais refuse de s’afficher avec elle. Victorin Lurel et des maires guadeloupéens ont tiqué quand ils ont appris qu’elle débarquait. Martine Aubry la lâche en rase campagne en refusant qu’elle joue le rôle de représentante du parti. Alors au nom de quoi vient-elle ?

Le pire dans tout cela, c’est que ça ne sert pas la cause des Guadeloupéens. Quand un mouvement social est récupéré par des luttes politiques, on est sûr d’une chose : le mal ne se résorbera pas.

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Taubira souffle sur les braises

20 février 2009 | Histoire, La vie de la cité | 4 Réponses

Alors que le conflit en Guadeloupe s’enlise, certains n’hésitent pas à politiser le conflit. On attendrait des élus du peuple qu’ils sachent prendre la mesure de la gravité des événements pour amorcer une sortie de crise convenable. Mais voilà, sur les 10 députés des Antilles, il n’y a que deux députés UMP. Certains n’hésitent pas alors à surajouter à la crise sociale qui commence à se radicaliser des comportements proprement politicards pour dessouder la majorité.

Taubira souffle sur les braises. Elle réclame, tenez-vous bien, la « fin de l’apartheid social ». Allons bon, voilà une belle connerie ! L’esclavage n’a donc jamais été aboli en Guyane, en Martinique et en Guadeloupe. Les Noirs antillais se font toujours fouetter. Les bus, les parcs, les écoles, ne sont pas mixtes. Les unions interraciales sont prohibées. Les descentes de Blancs dans les quartiers noirs sont légion, avec au passage des massacres gratuits et alétoires, des incendies, des desctructions de commerce, etc. On échappe aux lois de Nürenberg, mais c’est pas loin !

Le comportement de Taubira est typique du militantisme pavlovien. On a une grille de lecture, on n’en sort pas, quitte à se survictimiser. Rappelons que l’on doit à Christiane Taubira la fameuse loi éponyme qui érige la traite des esclaves en crime contre l’Humanité. Moi je veux bien, sauf que dans l’architecture de cette loi figure un mot qui a été effacé pour plaire au Conseil constitutionnel : « noirs ». Cette loi est une loi de repentance française vis-à-vis du commerce négrier. Moi je veux bien qu’on érige internationalement l’esclavage en crime contre l’Humanité. Mais dans ce cas, parlons de tous les esclavages. N’oublions pas que les noirs aussi ont eu des esclaves blancs, et que les Musulmans ont organisé également un commerce d’esclaves blancs en Méditerranée pendant tout la période moderne. Je concède que les proportions sont inégales. Mais si l’esclavage est par nature déshonorant pour la personne humaine, il est exclusif de toute couleur de peau : tout acte d’esclavage est par nature crime contre l’Humanité, parce qu’un homme supprime la liberté d’un autre. Mais curieusement, on n’a jamais entendu Taubira amorcer le moindre mot de tout ceci.

Ces comportements sont dangereux. Quand on est trop enfermé dans une grille de lecture déconnectée des réalités, on en arrive à proférer des mots et à plaquer des concepts qui ne sont évidents que pour son esprit étriqué. C’est la même chose avec les féministes, qui voient du machisme partout. Guadeloupe ou classement Elle-Wikio, même constat !

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Nick Carraway

I was still with Jordan Baker. We were sitting at a table with a man of about my age and a rowdy little girl, who gave way upon the slightest provocation to uncontrollable laughter. I was enjoying myself now. I had taken two finger-bowls of champagne, and the scene had changed before my eyes into something significant, elemental, and profound.

At a lull in the entertainment the man looked at me and smiled.

“Your face is familiar,” he said, politely. “Weren’t you in the Third Division during the war?”

“Why, yes. I was in the Ninth Machine-gun Battalion.”

“I was in the Seventh Infantry until June nineteen-eighteen. I knew I’d seen you somewhere before.”

We talked for a moment about some wet, gray little villages in France. Evidently he lived in this vicinity, for he told me that he had just bought a hydroplane, and was going to try it out in the morning.

“Want to go with me, old sport? Just near the shore along the Sound.”

“What time?”

“Any time that suits you best.”

It was on the tip of my tongue to ask his name when Jordan looked around and smiled.

“Having a gay time now?” she inquired.

“Much better.” I turned again to my new acquaintance. “This is an unusual party for me. I haven’t even seen the host. I live over there——” I waved my hand at the invisible hedge in the distance, “and this man Gatsby sent over his chauffeur with an invitation.” For a moment he looked at me as if he failed to understand.

“I’m Gatsby,” he said suddenly.

“What!” I exclaimed. “Oh, I beg your pardon.”

“I thought you knew, old sport. I’m afraid I’m not a very good host.”