Décadence début-de-siècle

7 avril 2009 | Histoire, Internet, Société | 4 Réponses

Décidément, la blogosphère est un écosystème qui grouille de vie. Sous la canopée du classement Wikio les blogs se déplacent, naissent et disparaissent, s’agrègent et se délitent. Un nouveau réseau de blogs semble se mettre en place : Renovatio Occidentalis. Ce qui les lie, c’est une même sainte horreur de la décadence de l’Occident à l’heure de la réintégration de la France dans l’OTAN et de sommets internationaux qui contribueront peut-être à donner une nouvelle impulsion à ce XXIe siècle naissant.

Certains crient déjà au loup. Fascistes ! nazis ! Ce sont les mêmes qui ont la pensée un peu courte, et souvent hémiplégique. Les mêmes qui hiérarchisent les extrêmes, rejettent culturellement l’extrême-droite mais accueillent à bras ouvert l’extrême-gauche en adoptant par jeu certains de ses codes linguistiques (goulag, Politburo), certes désubstantialisés. Les mêmes pourtant qui crieraient à l’horreur si l’on utilisait les mots de stalag, d’oflag, si un patron cynique lâchait à des ouvriers grévistes le terrible adage inscrit sur le linteau du portail en fer forgé qui mène au camp d’Auschwitz : « Arbeit macht frei ». Certains autres comme Le Chafouin1, dont j’apprécie de plus en plus les positions posées et intellectuellement honnêtes, rejettent avec vigueur ces paresses intellectuelles.

Pourquoi Renovatio Occidentalis, au-delà des idées qui sont les siennes et dont il appartient à chacun de juger son degré de proximité avec elles, est en soi intéressant ? Parce qu’il renseigne sur les mouvements décadentistes dans leur ensemble. D’une certaine manière, il y a du Robert Aron dans Criticus, certes avec moins de talents de prosateur et même d’intellectuel, mais une même crainte de la dissolution morale d’une nation entière. En 1931, Robert Aron publiait Décadence de la Nation française et le Cancer américain, deux vitrines du groupe de droite conservatrice Ordre Nouveau, l’un des piliers, avec la revue Esprit d’Emmanuel Mounier, du mouvement personnaliste français2. Pour les personnalistes français, la faillite morale provenait à la fois de l’individualisme issu de la pensée capitaliste et du reflux du spirituel. Rénover la nation et la pensée françaises passait donc pour eux par la recherche d’une troisième voie entre marxisme et capitalisme, et par le retour de la Primauté du spirituel, comme le titrait le philosophe catholique Jacques Maritain en 1927.

Nous sommes effectivement en ce moment dans une période où nous interrogeons les moindres aspects de notre société. La crise économique mondiale et les tribunaux d’Inquisition morale qu’on dresse sur la place publique pour juger les patrons engraissés amoralement aux stock-options et aux retraites dorées nous imposent de faire une introspection du modèle capitaliste actuel et de corriger immédiatement les dérives qui sont les siennes, dussent-elles le vider de sa substance. Les nouveaux enjeux géopolitiques et les déplacements des foyers de conflit qui ont suivi le 11 septembre nous imposent eux aussi de considérer un nouvel ordre mondial, qui passe par la question de la sécurité mondiale et des jeux d’alliance. Quant à la pensée… voilà plus de vingt ans que l’on fait le procès d’un Occident désintellectualisé, où la vie intellectuelle est repoussée aux marges des salons feutrés, repliée sur de l’entre-soi.

Ce procès de la faillite culturelle et intellectuelle est-il juste ou biaisé ? Chacun jugera. Quoi qu’il en soit, la situation actuelle, toutes proportions gardées, n’est pas sensiblement différente à celle des années 30, avec cette impression d’un monde qui craque de toutes parts, dont on ne sait pas encore ce qu’il peut sortir. Ce matin, les radios revenaient sur les violents incidents de Strasbourg ; depuis la crise économique, quand la violence descend dans la rue, la comparaison avec le 6 février 1934 titille certains. D’autres prédisent une troisième guerre mondiale avec le monde musulman. D’autres enfin sont persuadés que la crise économique est équivalente à celle de 1929. Difficile de dresser une comparaison scientifiquement satisfaisante d’un point de vue historique. Ce qui importe le plus, peut-être, ce n’est pas tant que les faits soient identiques, c’est la comparaison possible de la symbolique : un monde est peut-être en train de mourir, à nous de le rénover (droite) ou de le reconstruire (gauche).

D’ordinaire, le décadentisme est un mouvement typiquement fin-de-siècle ; pour la première fois aujourd’hui, il est début-de-siècle. Tout change.

  1. Le Chafouin vous renverra vers plein de liens intéressants sur cet OVNI blogosphérique []
  2. Si le mouvement personnaliste vous intéresse, je vous conseille vivement la lecture du livre de Jean-Louis Loubet Del Bayle, Les Intellectuels non-conformistes des années 30, Paris, Seuil, rééd. 2001 []
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Après Jaurès, Salengro

31 mars 2009 | Histoire, La vie de la cité | 1 Réponse

Il y a quelques jours, Louis Aliot, tête de liste FN dans le Sud-Ouest pour les élections européennes, créait un joli buzz en placardant une affiche de Jaurès barrée d’un slogan « Jaurès aurait voté Front National », et ce dans les rues de Carmaux, fief du plus notoire des barbus socialistes. Pour toute justification du rapprochement, une vague citation sur la patrie comme bien indissoluble lorsque tout se délite autour de soi, des valeurs morales aux possessions extorquées par les affreux jobards du capitalisme en déroute. Une bien jolie opération de com’ pour un FN aux abois médiatiques et qui ne récolte que les miettes du festin de Job en ce début de campagne européenne.

Aujourd’hui, bis repetita placent avec Marine Le Pen, tête de liste FN dans le Nord-Ouest qui accroche Roger Salengro à son tableau de chasse, emblématique figure politique du Nord-Pas-de-Calais. Simple opération de communication ? Pas tout à fait. En l’occurrence, le FN a ressorti une déclaration de Salengro qui était hostile à l’immigration de la main-d’œuvre en période de chômage afin de ne pas spolier les Français du travail en temps de vache maigre. Ce faisant, elle met le doigt sur un point intéressant : l’immigration par philanthropisme lyrique qu’on voudrait nous faire croire hérité des Lumières est un leurre. Les grandes vagues d’immigration ont toujours été suscitées par l’absence de chômage : on faisait venir des gens en France parce qu’on manquait de bras, et on en a manqué jusqu’au milieu des années 70. Et le constat est partagé autant par la gauche que par la droite. Le nationalisme n’est d’ailleurs pas une valeur uniquement de droite, et n’oublions pas que Jaurès, tout socialiste qu’il était, était au début antidreyfusard.

Pourtant, ce rapprochement d’apparence contre-nature me dérange sincèrement. Si le kidnapping de Jaurès par Aliot était assez bouffon, celui de Salengro est choquant. N’oublions pas qu’en 1936, l’extrême-droite, l’hebdomadaire politico-littéraire de droite Gringoire et l’Action Française en tête, a mené une virulente campagne contre le Ministre de l’Intérieur du gouvernement Blum autour de cette question : « Roger Salengro, ministre de l’Intérieur, a-t-il déserté le 7 octobre 1915 ? ». Malgré ses dénégations véhémentes, l’extrême-droite intensifie ses charges et dresse un procès en indignité nationale contre Salengro, l’acculant au suicide. On pourra dire ce que l’on veut du temps qui passe et de l’héritage politique direct qui s’effrite avec les années, mais c’est bien l’extrême-droite nationaliste et antisémite qui a tué Salengro, et cette extrême-droite là n’a pas bougé d’un pouce depuis les années 30, hormis peut-être le soutien aux régimes autoritaires que le FN d’aujourd’hui n’oserait sans doute pas amorcer. Se réclamer d’un homme que vos ancêtres ont tué, c’est immoral.

Le buzz ne se fera pas cette fois.

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Le Pen président… d’un jour

25 mars 2009 | La vie de la cité, europe | 5 Réponses

S’il était réélu au Parlement européen le 7 juin, Jean-Marie Le Pen, en tant que doyen du Parlement, pourrait présider la séance inaugurale du 14 juillet comme l’indiquent les textes et comme le veut la coutume parlementaire, y compris en France. Pour certains, c’est absolument inadmissible. On ne peut pas laisser un homme d’extrême-droite comme président-doyen temporaire du Parlement européen. Et donc ils proposent de mettre en place des dispositifs tordus pour exclure Jean-Marie Le Pen de la présidence. La séance inaugurale devant avoir lieu le 14 juillet, le président du PPE Joseph Daul propose à Jean-Marie Le Pen de rester en France pour la fête nationale, pendant que par-derrière, on s’active pour modifier le règlement du Parlement.

Ce « cordon sanitaire » me laisse de marbre. Rappelons qu’en 1989 Claude Autant-Lara, cinéaste d’extrême-droite, avait déjà prononcé un discours inaugural en tant que doyen. Il en avait profité pour déblatérer un discours nauséabond sur la culture européenne. On avait alors réduit le temps de parole du président par interim pour l’empêcher de donner libre cours à son imagination. Le Pen, même facétieux, aura donc du mal à quitter le formalisme de sa mission. Reste ensuite le symbole de voir un homme d’extrême-droite à la tête du Parlement européen. Je renvoie tous ces bien-pensants à leurs chères études. Si Le Pen devient Président, c’est qu’il aura été élu : le principe du doyennat est certes une aubaine pour lui, mais en quoi cela importe-t-il ? Dès lors qu’il est élu, il est légitime. Si quelqu’un est à incriminer, ce seront les électeurs provençaux qui l’auront élu ! Mais en démocratie, qui serait assez fou pour faire la morale à des électeurs ? On préfère remettre en cause la légitimité des élus eux-mêmes.

Et que dire de l’inefficacité de la stratégie de diabolisation ? Le Pen se dit victime de « racisme francophobe ». Encore une fois, diaboliser le spectre du néo-fascisme contribue encore à souder son électorat pourtant en grande déperdition…

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Rapaces et bourrins

16 mars 2009 | La vie de la cité | Aucune réponse

L’homme est un animal politique, disait Aristote ; on pourrait ajouter que l’homme politique est un drôle d’animal. Ils sont trop optimistes, ceux qui chantent la sérénade supradarwiniste de la suprématie de l’homme sur l’animal, fondement d’une domination justifiée. En fait, nos hommes politiques ne sont, comme nous, que des animaux évolués.

Prenez Frédéric Lefebvre. Si l’on en croit Emmanuelle Mignon, il appartiendrait à la famille des bêtes à cornes, aussi intelligentes que des animaux de trait et peu gracieuses quand il s’agit de labourer. Un gros bourrin, en somme, qui ne craint pas de meugler en tribune des philippiques hystériques et d’enfoncer profondément les sabots de la droite sarkozyste dans la gueule de tout ce qui se trouve sur son passage, de Julien Dray aux tontons macoutes du LKP. Pas de réflexion, de la vocifération. Jamais des sommets d’intelligence, ses déclarations, mais du bon gros trolling artisanal pour rassurer les électeurs UMP.

A l’autre extrémité du règne animal, vous avez les rapaces. Ceux-là sont les mêmes que les bourrins, sauf qu’ils ont des ailes, qui leur permettent de décoller et de poser partout où la viande sarkozyste/socialiste/syndicale commence à faisander. Piqué au flanc, François Chérèque traite les militants NPA de rapaces du mouvement social, qui prennent la température des usines comme les croquemorts de Lucky Luke les mensurations des duellistes. Quand Fabius prédit une révolution sociale au printemps si le gouvernement n’infléchit pas sa politique, Frédéric Lefebvre lui colle une cartouche : rapace, prends ça ! Pas très sport de la part du porte-parole d’un parti qui soutient une politique de l’autruche d’oublier sa conscience de volatile : un peu comme le corbeau de La Fontaine, Frédéric Lefebvre a une grande gueule qu’il aime bien ouvrir, sur tout et n’importe quoi d’ailleurs. A tel point qu’il en a laissé tomber un jour le gros fromage du portefeuille de l’Economie numérique auquel il était prédestiné. Et Ségolène Royal ? Son tour de métropole et d’outremer de la vacance sarkozyste ressemble à s’y méprendre à un vol piqué ; mais quand on vous demande de lui attribuer un nom d’espèce, l’hésitation vous gagne : buse ? charogne ? dinde ?

Manquent les charognards. Ceux-là sont presque pire que les rapaces. Ils ne vont pas au combat, ils attendent que ça tombe tout cuit dans le bec. Patientons jusqu’à ce que la bête crève, pour nous en repaître goulûment. En 2003, les Guignols caricaturaient Le Pen en charogne cyclope qui éructait un « J’attends », quand la bourrique Raffarin s’enlisait. Aujourd’hui, certains se réjouissent à vouloir chanter Fillon est mort ce soir. Mais ils n’ont plus la face du bouledogue de Saint-Cloud. S’ils ne sont pas bourrins, en tout cas ils aiment à murmurer à l’oreille des chevaux.

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Futiles pensées #3

7 avril 2008 | Brèves | 4 Réponses

[Mode JMA on]

Balkanisation. La balkanisation du centre est un truisme politique. Une vieille antienne. Le centre n’a jamais été uni, mais sa dispersion était jusqu’alors contenue. Maintenant, c’est la cacophonie. Rien que dans les anciens bataillons de Bayrou : MoDem, Nouveau Centre, Avenir Démocrate… C’est tout ? Non, il en manque un pour tenter un rééquilibrage à gauche. Charles Urgell, ancien candidat à la députation (3e circonscription de Haute-Garonne, la mienne, celle où Jean-Luc Moudenc est électeur également), sur la liste de Jean-Luc Forget à Toulouse, a lancé l’appel de Toulouse. Pour un parti social-démocrate européen. Un cavalier seul depuis une ville de province par un illustre inconnu : tous les ingrédients d’un échec annoncé. Et Arthuis, où va-t-il ? Ni au Nouveau Centre, ni à l’UMP… Non, pas un nouveau club de réflexion, j’espère ?

A l’extrême-droite, ça balkanise aussi. Le FN se déchire et, à l’instar de la scission de 1999, une nouvelle scission se reproduit. Marine Le Pen ne fait apparemment pas que des émules.

Accordons-nous un jeu de mots. Et la balkanysation du centre ? Patience, on risque d’en parler. Le versant politique de l’affaire de l’UIMM, comme arrosoir financier des partis politiques, ne devrait pas tarder à reparaître dans les unes. Et si l’UDF a touché…

Modernisation. Ça n’a pas l’air, comme ça, mais le paysage politique français est en train de se moderniser. En quittant son exception politique pour se mettre au diapason des formations européennes. L’extrême-droite se déchire entre une ligne tradi représentée par Marine Le Pen et une ligne européenne représenté par les schismatiques. En se durcissant, le FN se modernise. Au centre, c’est pareil, sauf que ça ne se concrétise pas en actes. Si l’on en croit son petit surnom (PSLE), le Nouveau Centre se réclame du social-libéralisme, tandis que des voix éparses au MoDem demandent une social-démocratie. A l’extrême-gauche, on attend le communisme 2.0, plus italien que stalinien. Et au PS ? On attend. On ne sait pas ce qu’on attend, mais on attend.

Lubrifiant. Etrange tribune d’Eric Le Boucher dans Le Monde. Evoquant la difficile réforme de l’Etat (ou RGPP pour les intimes), il la compare à « l’huile de ricin« . Quelle connotation ? Rappelons-en quand même les différents usages :

  1. Au début du XXe siècle, les hommes l’utilisaient comme cosmétique pour se lisser les cheveux (Pento préhistorique). Veut-il dire par là que la RGPP est orchestrée uniquement pour se faire beau ?
  2. Dans l’industrie du chocolat, on l’utilise comme substituant du beurre de cacao pour faire des économies. La RGPP permettrait-elle de remplacer une coûteuse augmentation des prélèvements publics ?
  3. En pharmacie, c’est un laxatif… Faites le rapprochement.
  4. Dans l’Italie fasciste, les camicie nere faisaient ingurgiter aux opposants (surtout entre 1919 et 1922, avant la marche sur Rome) des quantités d’huile de ricin pour les humilier, l’huile provoquant des diarrhées aiguës. Reductio ad Mussolinum de la part du journaliste ? En allant plus loin, ajoutons que les Chemises noires usaient aussi facilement du manganello (gourdin). Dans cette analogie, qu’est-ce qui incarne le gourdin ?

[Mode JMA off]

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Pourtant, Fleury, ça rime avec « Oui, oui ! »…

29 février 2008 | La vie de la cité | 7 Réponses

Pas de bol, Benoît Fleury ne bénéficiera pas des scansions rythmées et homophoniques qui ont cours ces derniers temps. Reçu premier à l’agrégation d’histoire de droit, Fleury veut se faire affecter à Poitiers. Oui, mais à Poitiers, on n’en veut pas, on blogue contre, on crie fort, on demande au Président de s’y opposer (mieux vaut s’adresser au bon Dieu qu’à ses saints, comme on dit…), et tout le tralala.

Pourquoi ? Oh, découvrez-le vous-même, c’est plus savoureux…

On râle que les universités soient toutes de gauche (hormis Assas), mais des fois, on se dit tant mieux… Entre la peste et le choléra…

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Nick Carraway

I was still with Jordan Baker. We were sitting at a table with a man of about my age and a rowdy little girl, who gave way upon the slightest provocation to uncontrollable laughter. I was enjoying myself now. I had taken two finger-bowls of champagne, and the scene had changed before my eyes into something significant, elemental, and profound.

At a lull in the entertainment the man looked at me and smiled.

“Your face is familiar,” he said, politely. “Weren’t you in the Third Division during the war?”

“Why, yes. I was in the Ninth Machine-gun Battalion.”

“I was in the Seventh Infantry until June nineteen-eighteen. I knew I’d seen you somewhere before.”

We talked for a moment about some wet, gray little villages in France. Evidently he lived in this vicinity, for he told me that he had just bought a hydroplane, and was going to try it out in the morning.

“Want to go with me, old sport? Just near the shore along the Sound.”

“What time?”

“Any time that suits you best.”

It was on the tip of my tongue to ask his name when Jordan looked around and smiled.

“Having a gay time now?” she inquired.

“Much better.” I turned again to my new acquaintance. “This is an unusual party for me. I haven’t even seen the host. I live over there——” I waved my hand at the invisible hedge in the distance, “and this man Gatsby sent over his chauffeur with an invitation.” For a moment he looked at me as if he failed to understand.

“I’m Gatsby,” he said suddenly.

“What!” I exclaimed. “Oh, I beg your pardon.”

“I thought you knew, old sport. I’m afraid I’m not a very good host.”