Au PS, Bruxelles rime avec gamelle

3 juin 2009 | europe | Aucune réponse

Ah, ça ! C’est peu dire que le PS en bave des ronds de chapeau : l’UMP, ce vilain garnement, ne fait rien qu’à embêter le bon élève du PS qui cherche à parler d’Europe. Mais las ! l’UMP perturbe la campagne par ses bavardages intempestifs et fayotte à tout va devant le Maître Sarkozy qui ressasse à tout va un prêchi-prêcha de vieille morale grand-parentale. Au piquet ?

Et si on gratte un peu, le PS aussi ne jouerait-il pas les mauvais élèves ? En position de challenger, il essaie tant bien que mal d’intéresser les Français aux enjeux européens, parce qu’il lui faut combler le fossé de voix avec l’UMP, qui part grand favori. Et pourtant… En meeting à Montgeron, les quadras socialistes ont donné une belle leçon de politique baronniale comme ils en ont le secret. En effet, Benoît Hamon, troisième de liste et député sortant, est sous la menace d’une non réélection par la faute de sondages très peu favorables en Île-de-France (et même carrément catastrophiques). Alors, pour sauver le soldat Hamon, on met tout en branle afin de ne pas déchoir l’une des étoiles montantes du PS : le mot d’ordre, c’est « faire élire Benoît Hamon » à tout prix.

Après Aurélie Filippetti et Vincent Peillon, voici maintenant Benoît Hamon pris les doigts dans le pot de confiture. Et dire que le PS passe son temps à dénoncer chez le voisin les ambitions personnelles ! Joli parangon de vertu.

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La campagne des européennes bat son plein (oui)

15 mai 2009 | europe | 2 Réponses

A longueur de semaines, nous nous lamentons que la campagne pour les européennes tarde à pointer le bout de son nez. Et pourtant, elle a bel et bien commencé depuis plus d’un mois.

Une campagne frugale

En cause en premier lieu sans doute, la procédure française de dépôt des listes, ouverte le 11 mai dernier. Plus la date est tardive, plus le phénomène de date-butoir prend de l’ampleur, et l’on peut gager que si le dépôt des listes avait été avancé dans le calendrier, celles-ci auraient été constituées plus tôt. Mais cela ne permet pas d’expliquer qu’en dépit de listes déjà connues depuis plusieurs semaines, le PS ne parvienne pas à entamer un débat national.

Serait-ce une question programmatique ? Difficile en effet de faire campagne sans idée, sauf à se contenter de slogans de morale grand-parentale comme l’ânonne l’UMP avec son « Quand l’Europe veut, l’Europe peut ». Clairement, les partis ont été plus soucieux de modeler le visage des listes avant de les doter d’un cerveau fonctionnel et riche d’idées. Guère étonnant en effet quand on sait la faible culture européenne qui anime les grands partis français, ceux-ci considérant Bruxelles comme un vaste placard éloigné où sont remisées les anciennes gloires et glorioles de la vie politique française ou les bannis de la Cour élyséenne condamnés à l’exil bruxellois. Mais, nous dira-t-on, le PS a un programme depuis longtemps, c’est le PSE Manifesto. Effectivement.

On pourrait alors accuser de concert médias et électeurs français. Les premiers pour n’avoir pas tenté de surtraiter un enjeu électoral certes difficilement abondé par les formations politiques, les seconds pour assister goguenards à la campagne. Pour la campagne présidentielle, les médias n’ont pas hésité à se mettre en ordre de bataille dès les préliminaires à l’automne 2006 en couvrant massivement la primaire socialiste. En 2005, ils firent de même avec le TCE, allant jusqu’à organiser de longues soirées de catéchisme référendaire sur les principales chaînes. Et l’on sait que lorsque les médias s’y mettent, les Français s’y intéressent. Pure logique médiatique. Or, lions deux faits : l’Express a attendu ce lundi pour entamer une série d’articles comparatifs sur les programmes des différents partis. Et, lundi dernier, ils étaient pourtant encore 53% des Français à s’y désintéresser.

Très clairement, ce démarrage poussif de la campagne est le résultat croisé d’une paresse tant médiatique que politique. Les premiers se défendront de ne pas survendre un sujet au-delà de l’intérêt que leur accordent les formations politiques, les secondes seront muettes sur la chose. Pour Harlem Désir, tête de liste PS en Île-de-France, l’UMP « fait tout pour éviter le débat ». Effectivement, l’UMP n’a guère d’intérêt à lancer un débat trop tôt, qui risquerait, manque de culture européenne oblige, de se transformer en campagne nationale de protestation contre le gouvernement. Bien semble lui en avoir pris : les principales formations politiques appellent au vote-sanction, et la dissémination des votes de protestation, en dispersant les mécontentements, ne peut qu’être de nature, sur un scrutin à un tour, à profiter à la majorité : c’est la version démocratique de la formule machiavélienne « diviser pour mieux régner ».

Pour autant, il est trop simple de résumer cette campagne à un duel national et médiatisé proposé par toutes les formations et refusé précieusement par l’UMP.

Mobiliser son camp

Le PS et l’UMP refusent en effet tous deux de se livrer à une campagne pleine et entière. Regardons les différentes villes dans lesquelles l’UMP a démarré sa campagne : Rueil-Malmaison, Maisons-Alfort, et Nîmes, trois villes UMP. Au PS, même son de cloche : le 24 avril, le PSE entrait dans la campagne française à Toulouse, l’un des symboles de la victoire socialiste contre le gouvernement aux dernières municipales. La ville dans laquelle on lance une campagne est symboliquement forte : elle donne une clé précieuse pour analyser ce que sera la campagne. Or, avec les meetings socialistes qui ont suivi (Paris, Strasbourg, Clermont-Ferrand : autant de villes de gauche), on s’aperçoit très vite de la réalité de la campagne européenne : elle est une campagne de mobilisation plus qu’une campagne de conversion.

Et la campagne de mobilisation bat son plein depuis longtemps déjà. Il ne s’agit pas, pour l’un comme pour l’autre, de convaincre massivement des électeurs : le fort taux d’abstention quasiment acquis conduirait à gaspiller de l’énergie pour des résultats faibles. Or, quand l’abstention est forte, tout stratège politique sait ce qu’il reste à faire : mobiliser son propre camp et compter sur son socle électoral habituel pour virer en tête.

Si l’on regarde la campagne Internet du PS et de l’UMP, ce point de vue est corroboré. Michel Barnier, tête de liste UMP en Île-de-France, a fait appel à l’agence de communication en ligne Spintank pour mettre en place un site communautaire de campagne. Le principe est simple : sur le modèle de mybarackobama.com, le site de campagne s’adresse aux sympathisants et militants UMP en leur permettant de se lier entre eux afin de stimuler la mobilisation et l’engagement sur le terrain et de diffuser cette mobilisation à ses propres cercles de sociabilité afin de réaliser un maillage au plus serré en Île-de-France, qui permettra de ne pas perdre trop de monde en route. En outre, l’UMP a pris le parti de la proximité militante avec le bus de campagne de l’UMP, chargé de sillonner et d’« animer les fédérations ». Le PS, quant à lui, a lancé une série de vidéos virales dont l’objectif est clairement destiné à renforcer les convictions parfois fléchissantes de certains électeurs plus qu’à en convaincre d’autres.

On ne le répètera jamais assez, l’antisarkozysme, l’anti-barrosisme ou quoi que ce soit d’autre, n’est pas une politique lorsqu’on est un challenger.

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Pour les Européennes, Libé fait confiance aux blogueurs

5 mai 2009 | Internet, europe | 3 Réponses

Je vous fais part du blog ouvert aujourd’hui par la rédaction de libé.fr. Vous m’y retrouverez jusqu’au 7 juin pour chroniquer la campagne européenne en compagnie d’autres glorieux contributeurs : Pierre Catalan, l’excellent Eurojunkie, Eric L’Helgouac’h de touteleurope.fr, Alexandre Delaigue d’Econoclaste, et mes deux camarades Dagrouik et Authueil. Une dream team plutôt de droite, ça change pour une fois !

Retrouvez-nous dès à présent sur ce blog collaboratif qui a pour objectif de chroniquer la campagne européenne selon divers points de vue. Pour ma part, j’essaierai plutôt de parler de la campagne en France. Vous pouvez lire dès à présent mon manifeste : « Nous sommes les baltringues de l’Europe ».

A très bientôt !

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Nous sommes les baltringues de l’Europe

5 mai 2009 | europe | 10 Réponses

Le 7 juin, vingt-sept pays vont élire leurs représentants au Parlement européen et renouveler pour cinq ans le contrat démocratique qui lie les 460 millions d’habitants de l’Union européenne aux 785 représentants actuels de la construction politique la plus innovante du siècle dernier. Certains vont les élire avec enthousiasme, d’autres avec défiance ; certains par suite d’un débat public, d’autre au milieu d’un désert médiatique. Bienvenue en Europe.

Rappelons sommairement que dans le terreau politique de l’Europe des peuples, labouré à force de guerres transversales et ensemencé par la politique des alliances depuis le XVIe siècle, la main française a toujours été prompte à manier le soc ou le sac à semis, jusqu’à faire de Marianne la semeuse au revers de nos francs jadis. L’Europe, même, après les campagnes napoléoniennes, c’est presque la France. Dans l’adolescence du XXe siècle, c’est encore Aristide Briand, l’indétrônable ministre des Affaires Etrangères de la IIIe République, qui est la cheville ouvrière de la diplomatie européenne et des premières ébauches de construction européenne. Faut-il enfin rappeler à quel point le plan Monnet fut géniteur de la première vraie communauté européenne ?

On décrit souvent les constructions institutionnelles avec un vocabulaire anatomique. Qu’il s’agisse de la désormais célèbre « banane bleue » (R. Brunet), du nom de la colonne vertébrale européenne s’étendant de Londres jusqu’à Milan en passant par Bruxelles et Francfort et dessinant une vaste mégalopole, de l’axe Paris-Berlin, centre neuromoteur de l’Union européenne depuis plus de vingt ans, ou encore de Strasbourg, centre névralgique des institutions européennes, la France est partout au cœur de l’Union européenne, et continue à vouloir y jouer un rôle. Elle en est géographiquement, et historiquement l’une des pièces maîtresses de l’ossature européenne, politiquement l’un des centres d’impulsion, démographiquement et économiquement l’un des muscles les plus puissants.

Et pourtant, tout fringants que nous étions, nous sommes devenus, toutes proportions gardées, « l’homme malade de l’Europe » qu’était l’empire ottoman jadis.

Un récent sondage a montré l’étendue du paradoxe : pour la majorité des Français, l’Europe a un fort rôle à jouer dans les défis à venir imposés par la crise économique et financière et par la nécessité de maîtriser notre empreinte écologique ; pourtant, en dépit de ces défis majeurs, peu nombreux sont les Français à signifier leur envie d’aller voter. L’Europe, si près, si loin… En 1979, lors des premières élections européennes, 40% des Français ne s’étaient pas déplacés pour aller voter ; en 2004, ils étaient 57%.

Disons-le tout net : nous sommes les baltringues de l’Europe.

Nous souhaitons plus d’Europe, et nous réussissons le tour de force de faire la fine bouche.

Nous voulons être à la tête de l’Europe, et nous figurons parmi les trois pays à avoir rejeté un traité constitutionnel par voie référendaire, freinant considérablement un processus de construction qui par l’unanimité impose le consensus – avec sa part nécessaire de compromis.

Nos dirigeants veulent faire bouger l’Europe, et ils y envoient les seconds couteaux, les recalés du suffrage universel français, les vieilles gloires de la politique française qui sentent encore la naphtaline, ou les poulains des barons nationaux, quand ils ne choisissent pas purement et simplement de sacrifier aux logiques négociatrices dignes des marchands de tapis les quelques députés européens qui, comme Alain Lamassoure, s’acquittent avec intérêt de leur mandat et sont reconnus par leurs pairs pour leurs offices.

Nous voulons parler de crise, de protection et de développement durable, et nous montons au créneau pour défendre le rosé menacé par la Commission européenne.

Nous demandons beaucoup de choses à l’Europe, en premier lieu de régler de nombreux problèmes. Nous faisons le procès des élites européennes, trop coupées des Français, trop technocrates, trop tout, mais nous refusons de leur apporter notre concours en les élisant et en les légitimant.

En un mot, nous voulons l’Europe, sans y participer. La belle affaire.

Le 7 juin, et pour la première fois, je serai électeur européen, et j’irai voter pour l’Europe. Qu’il s’agisse de voter pour une Europe qui protège ou une Europe volontariste, c’est affaire du choix de chacun ; mais dans les deux cas, ceux qui votent veulent l’Europe, sans se laisser berner par les chimères d’hypothétiques plans B sans lendemain. Aussi appelé-je chacun à voter. Non pas par europhilie, bien au contraire. Mais par chauvinisme : parce que je ne connais aucun Français qui puisse raisonnablement accepter d’être considéré comme un baltringue par toute l’Europe.

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Libertas contre-attaque

11 avril 2009 | Internet, europe | 7 Réponses

Alors que la majorité des partis, surtout le PS et l’UMP, tardent à s’organiser, le parti Libertas, « l’accord programmatique conjoncturel » entre Nihous et de Villiers (appréciez la jolie novlangue qui évite de parler d’alliance), a entamé sa stratégie de communication antieuropéenne en frappant fort ; faut dire qu’ils y mettent les moyens sur ces européennes.

Pour le moment, le PS a produit une petite vidéo pseudo-virale représentant Nicolas Sarkozy sur Facebook. Elle fait sourire, mais est quand même d’assez mauvaise qualité. C’est bourré de clichés (le clavier en or…), l’imitation est mauvaise (et ça décrédibilise la vidéo), et la réalisation pas forcément très réaliste pour le coup (la navigation sur l’écran est simulée informatiquement). Libertas, à l’inverse, vient de livrer deux vidéos virales où l’on sent qu’on a mis le paquet pour les produire. Ils ont repris la technique de Mozinor, connu pour ses détournements de vidéos, surtout celle sur Luc Besson, en parodiant Star Wars.

Je vous laisse apprécier. Malgré toute la non-considération que j’ai pour les souverainistes bruxellophobes, je suis obligé de leur tirer un grand coup de chapeau. Maintenant, restent aux autres partis à répondre sur le même mode et avec le même film !

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Ma prédiction se réalise plus tôt que prévu

3 avril 2009 | La vie de la cité | 1 Réponse

A l’heure où l’UMP boucle ses listes pour les européennes, il se murmure que Joëlle Ceccaldi-Raynaud, député-maire de Puteaux, voudrait figurer en 4e position sur la liste en Ile-de-France. Frappée par les limites du cumul des mandats, elle serait en cas d’élection obligée de laisser sa circonscription en démissionnant de l’Assemblée. Et qui donc pourrait récupérer la circonscription ? Allez, chers lecteurs, ne faites pas l’étonné : le prince héritier, pardi !

Il y a quelques mois, j’avais pronostiqué un scénario à peu près semblable : à l’approche des sénatoriales, Joëlle Ceccaldi-Raynaud propulsée au Sénat sous la menace d’une candidature dissidente en cas de refus, des législatives partielles avec Jeannot triomphalement élu (grâce à la désaffection que provoque toute élection partielle), et le voilà candidat sortant en 2012, lui garantissant une réélection facile. Il se pourrait donc que le scénario se réalise plus tôt. A une seule condition : que les législatives partielles aient lieu après le 1er septembre 2009, puisqu’il faut avoir 23 ans pour être député.

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Ségolène fait des petit(e)s

7 mars 2009 | La vie de la cité | 6 Réponses

Si Ségolène n’est plus avec François, au moins ceux-là ont-ils pensé avant leur rupture à faire des petits. Souvenez-vous de Ségolène, celle qui n’hésitait pas à surjouer de son statut de femme, allant même jusqu’à répondre pendant les primaires socialistes de l’automne 2006 qu’entre elle et les deux autres candidats masculins, il y avait déjà une différence, « visible » (au choix : les cheveux longs, le tailleur, les escarpins, ou la paire de seins). La même Ségolène qui ramenait toutes les critiques qu’on pouvait faire sur son programme ou sa carrure présidentielle à une question sexuelle et sexuée. Critiquer Ségolène, dire qu’elle ne ferait pas une bonne présidente, c’était forcément être un affreux macho rétif au changement, comme si Ségolène était la figure la plus aboutie de la féminitude, le nec plus ultra de la politique avec un « e » à la fin.

Souvenons-nous aussi de la promesse de Ségolène de faire de la politique autrement, de refuser les petits jeux d’appareil, les combinaisons de couloir ; souvenons-nous de ses appels à la fra-ter-ni-té, ses philippiques contre ces socialistes qui ne veulent pas s’aimer et ses recommandations bibliques. Autant d’éléments qui l’ont conduite à être caricaturée par les humoristes comme la Sœur Sourire de la vie politique française, qui fait d’ailleurs un bon pendant avec Martine Aubry, Mère Supérieure du couvent socialiste.

Or, Ségolène, c’est tout sauf cet espoir de faire de la politique autrement. Comme ses collègues burnés, Ségolène pratique les jeux de couloir, peut-être pas directement, mais en envoyant ses sous-fifres continuer à souffler sur les braises. A présent que les royalistes ont réintégré la direction du PS, on les entend un peu mieux.

Mardi, ce sont deux élèves de la maîtresse Ségolène qui se sont rendues sur le plateau du Grand Journal. La technique est identique : mettre en avant sa jeunesse, sa féminité, et sa soit disante pureté absolument exempte d’opportunisme pour mieux ringardiser le reste de la classe politique. Textuellement, ce n’est pas « Votez pour moi, je suis jeune et femme », mais ça y ressemble.

Dimanche, Aurélie Filippetti a évoqué sa candidature aux européennes. Si vous allez sur son blog, vous lirez un joli panégyrique de son engagement européen, mais également une critique en règle contre le redécoupage des circonscriptions. Extrait :

« Dans le cadre du « redécoupage » de la carte électorale, la 8ème circonscription de Moselle dans laquelle vous m’avez élue va être non seulement remodelée, mais en fait totalement dépecée ! Les scenarios envisagés visent clairement à empêcher ma réélection en Moselle. Est-ce le prix à payer pour avoir défendu les salariés de Gandrange comme je l’ai fait ? ou est-ce encore une fois le machisme politique, bien connu, qui fait qu’il est plus facile de supprimer des circonscriptions tenues par des femmes non cumulardes. [...] Sans doute veut-on éviter que cela donne des idées aux électeurs d’autres circonscriptions ! Mais on ne m’empêchera pas de continuer à me battre pour les ouvriers de Gandrange, de Total, et les autres, et je pense que c’est au Parlement européen que je pourrai le faire pendant les années qui viennent. »

Voilà donc Aurélie Filippetti qui se met à faire du royalisme pur crin. Si l’on supprime sa circonscription, c’est nécessairement parce que c’est une femme, socialiste de surcroît, et qu’elle ne cumule pas. Le complot des barons est en marche ! Vous noterez au passage qu’elle justifie habilement sa reconversion à Bruxelles. On lui supprime sa circonscription, peu importe : la voix des ouvriers de Gandrange et de ceux qui ont les poumons plein d’amiante auront leur porte-parole à Bruxelles. Ne chercherait-elle pas tout simplement à obtenir un nouveau mandat alors qu’on risque de lui sucrer le sien ? Vous savez, cette technique éculée en politique qui doit s’appeler l’opportunisme, la même qui conduit les vieux dinosaures mitterrandiens ou chiraquiens à s’exiler dans le placard doré qu’est Bruxelles ?

Visiblement, quand je pose la question à Aurélie Filippetti sur son blog, elle a l’air d’en prendre ombrage, à tel point que je suis censuré. Surtout, il ne faudrait pas ébruiter les mauvaises intentions de la Madone de Moselle…

C’est assez intéressant, ce verrouillage des hommes polittiques de la logique participative. J’en avais déjà fait les frais pendant les municipales. Participer, c’est donc forcément encenser, louer, lécher les pieds (ou autre chose). Dès que vous grattez un petit peu et que vous les asticotez, ça se referme comme une huître. Finalement, le web, c’est comme les médias : il faut que ça vous serve sans vous desservir. Un peu comme Ségolène à Marbella ?

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L’hypocrite crève-cœur de Vincent Peillon

1 mars 2009 | La vie de la cité, europe | 5 Réponses

Vincent Peillon est grave dégoûté : il ne conduira pas la liste PS dans le Grand-Ouest, mais a été recasé dans le Sud-Est. Pourquoi crache-t-il dans la soupe ? Parce que le Nord-Ouest, c’est son fief.

Cette posture est parfaitement ridicule et hypocrite. Aux élections européennes, la circonscription importe peu, car les enjeux et les problématiques locaux ne sont pas traités comme tels. Les politiques communautaires sont impulsées à grande échelle. En fait, si Vincent Peillon l’a mauvaise, c’est qu’il comptait faire de son ascension dans l’appareil du parti un argument pour revenir jouer les premiers rôles sur le plan national. Et quand on a des prétentions nationales, mieux vaut effectivement avoir un fief qu’on peut tenir d’une main de fer. Rejeté dans le Sud-Est, on peut comprendre alors qu’il soit amer !

Encore un exemple de politique notabiliaire…

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La dure réalité des sondages ?

16 février 2009 | MoDem, Médias | 2 Réponses

Si l’on en croit Le Figaro, Bayrou se préparerait en douceur à une jolie branlée : selon un sondage, 82% des Français ne connaîtraient pas Marielle de Sarnez, 80% Jean-Luc Bennhamias, 45% Jean-François Kahn et 30% Corinne Lepage. Quant aux autres têtes de liste pour les européennes, le char Dassault n’a même pas cru bon de les placer dans le sondage tant il craignait des scores abyssaux. Merci de la déférence.

A dire vrai, peu importent les chiffres. Livrés brut, ils traduisent effectivement l’information : le déficit d’image et de positionnement. Maintenant, si on les commente, on leur donnera une autre traduction : le déficit d’image des députés européens. Eh oui ! De Gaulle disait des Français qu’ils étaient des veaux, ce n’est pas loin d’être vrai : au-delà de la mairie, dont tous les habitants connaissent le porteur de l’écharpe, qui connaît son conseiller général, son député, son sénateur ? Peu de monde. Qui se souvient aujourd’hui que les vieux cadavres de la Chiraquie et de la Mitterrandie sont à Strasbourg : Toubon, Rocard, et consorts ? Qui peut citer ne serait-ce que 10 des 78 députés européens français ? Encore moins de monde.

Curieux d’ailleurs comme les deux plus grosses « stars » sont celles qui ont effectué leur carrière en France. Corinne Lepage, toujours connue non pas pour son rôle de ministre éphémère, mais pour ses prises de position lors du naufrage de l’Erika, qui commence d’ailleurs à dater d’une décennie et lui coûte des points. Et Jean-François Kahn, star modeste jusqu’à voici deux ans, et squatteur de plateaux télé depuis pour taper contre Sarkozy et soutenir Bayrou. Et hop, voilà des points en plus.

Alors franchement, Bruxelles, ce n’est pas Broadway, messieurs du Figaro. C’est plutôt le château de la Star Ac : un truc que seuls les fans regardent assidûment.

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Nick Carraway

I was still with Jordan Baker. We were sitting at a table with a man of about my age and a rowdy little girl, who gave way upon the slightest provocation to uncontrollable laughter. I was enjoying myself now. I had taken two finger-bowls of champagne, and the scene had changed before my eyes into something significant, elemental, and profound.

At a lull in the entertainment the man looked at me and smiled.

“Your face is familiar,” he said, politely. “Weren’t you in the Third Division during the war?”

“Why, yes. I was in the Ninth Machine-gun Battalion.”

“I was in the Seventh Infantry until June nineteen-eighteen. I knew I’d seen you somewhere before.”

We talked for a moment about some wet, gray little villages in France. Evidently he lived in this vicinity, for he told me that he had just bought a hydroplane, and was going to try it out in the morning.

“Want to go with me, old sport? Just near the shore along the Sound.”

“What time?”

“Any time that suits you best.”

It was on the tip of my tongue to ask his name when Jordan looked around and smiled.

“Having a gay time now?” she inquired.

“Much better.” I turned again to my new acquaintance. “This is an unusual party for me. I haven’t even seen the host. I live over there——” I waved my hand at the invisible hedge in the distance, “and this man Gatsby sent over his chauffeur with an invitation.” For a moment he looked at me as if he failed to understand.

“I’m Gatsby,” he said suddenly.

“What!” I exclaimed. “Oh, I beg your pardon.”

“I thought you knew, old sport. I’m afraid I’m not a very good host.”