Trois idées sur le monde

5 janvier 2009 | Idées | Aucune réponse

Au travers de la presse, on trouve des initiatives particulièrement porteuses d’enseignements sur l’avenir et sur le sens qu’on veut lui donner.

Facebook a enfin une utilité. Souvenons-nous des cris d’orfraie de certains médias face à Facebook, le nouveau monstre hideux du grand mythe apocalyptique du Big Brother orwellien, et d’autant plus hideux qu’il est lui-même accepté et sollicité par des centaines de millions de personnes dans le monde. Il est vrai que, même sans aller jusqu’à s’effrayer de pouvoir être traqué et vendu aux grandes marques pour une publicité quasi calquée sur nos caractéristiques physiologiques, on pouvait tout de même s’interroger sur l’utilité de ce genre de réseaux pour la société globale.

Hormis les professionnels du web, et ceux dont la profession requiert une connexion humaine internationale de tous les instants, hormis l’aspect purement intime et social, hormis l’exutoire humoristique que constituent les nombreux groupes créés, à quoi sert vraiment Facebook ?

Début de réponse aujourd’hui. Après le suicide de Joël Gamelin, entrepreneur rochelais, le 23 décembre dernier, sa fille a mobilisé Facebook pour une vaste collecte de fonds. Facebook devient ainsi le creuset d’une nouvelle forme de solidarité mondiale. Mais ici, il ne s’agit pas de payer les obsèques du défunt entrepreneur. Non : sur fond de crise, il s’agit de pouvoir sur du court terme payer les salaires des 120 salariés de l’entreprise actuellement en redressement judiciaire.

Voilà sans doute de quoi décrisper les médias vis-à-vis de Facebook. Pour une fois, il ne s’agit pas d’un héritier nigérien poursuivi par la police de son pays vous demandant d’héberger pour lui par virement bancaire le montant de sa fortune, vous promettant en rétribution une commission juteuse, ni de cette cinquantaine de petites filles atteintes de leucémie et de cancer. Voilà surtout une histoire qui, si elle fonctionne, a de l’avenir : les médias, en relayant l’affaire, ont donné à la démarche de Fanny Gamelin une crédibilité qui décrispe les bourses dans cet univers du hoax qu’est Internet. Si les médias jouent le jeu, la connexion des hommes fera le reste.

Dress for Success. Il ne suffit pas de créer de l’emploi pour que le chômage recule. C’est bête, mais c’est vrai. Le modèle de l’emloi journalier, où la qualification importe peu, ne vaut plus que pour quelques secteurs et dans des conditions précises. Aujourd’hui, l’emploi se gagne, se conquiert, et c’est d’autant plus vrai qu’on avance vers des emplois de plus en plus qualifiés. Une petite association américaine a donc décidé d’agir sur un des aspects de la conquête de l’emploi : la tenue vestimentaire.

Dress for Success vous propose donc d’aider ceux qui n’en ont pas les moyens à se doter d’une tenue décente pour les entretiens d’embauche. Costume, veste, petit accessoire chic qui donne une bonne image extérieure.

Jolie initiative, mais profondément dérangeante. Vaut-on plus par ce qu’on dégage ou par ce qu’on donne et peut donner ? Le diktat de la job attitude est le premier obstacle au plein emploi généralisé. Le travail a quitté la sphère du droit inaliénable (éventuellement opposable) pour devenir une rétribution, une récompense d’efforts consentis pour être « embauchable ». Ce work appeal signe définitivement le renversement de la perspective : le travail ne gravite pas autour de l’homme ; c’est l’homme qui gravite autour du travail.

Marraines de prison. Pendant la Première Guerre mondiale, le gouvernement français avait trouvé un magnifique ciment militaire : les marraines de guerre. Plusieurs milliers de Françaises, le plus souvent célibataires, ont associé à leur engagement économique un engagement épistolaire et affectif pour soutenir le moral des troupes. Avec la gnôle et la solde, la lettre devenait ainsi un puissant outil de liant social. Le lien entre le front et l’arrière, indispensable pour maintenir l’intégralité de la société française dans une mobilisation psychologique autour de la guerre, permettait en outre de lier deux mondes afin qu’ils se comprennent.

Milko Paris, ancien détenu incarcéré, a fondé une association, Ban Public, qui voici quelques semaines a lancé une opération similaire. Il s’agit de parrainer (ou de marrainer) des détenus. Il ne s’agit ni d’une simple correspondance épistolaire, ni d’un club de rencontres, mais d’un lien effectif entre la prison dont on ne peut sortir et l’« arrière » où l’on est libre. Il s’agit aussi et surtout de contourner les règles très étroites du parloir et des visites en permettant aux détenus de disposer d’un appui extérieur pour préparer pendant leur détention leur réinsertion sociale, notamment au niveau des études.

Une manière de changer le regard sur les prisons. Depuis le GIP, auquel collaborèrent de nombreux intellectuels pendant les années 70, Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet en tête, voilà une initiative qui renouvelle la façon dont on envisage l’incarcération, loin de la notion purement répressive

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Nick Carraway

I was still with Jordan Baker. We were sitting at a table with a man of about my age and a rowdy little girl, who gave way upon the slightest provocation to uncontrollable laughter. I was enjoying myself now. I had taken two finger-bowls of champagne, and the scene had changed before my eyes into something significant, elemental, and profound.

At a lull in the entertainment the man looked at me and smiled.

“Your face is familiar,” he said, politely. “Weren’t you in the Third Division during the war?”

“Why, yes. I was in the Ninth Machine-gun Battalion.”

“I was in the Seventh Infantry until June nineteen-eighteen. I knew I’d seen you somewhere before.”

We talked for a moment about some wet, gray little villages in France. Evidently he lived in this vicinity, for he told me that he had just bought a hydroplane, and was going to try it out in the morning.

“Want to go with me, old sport? Just near the shore along the Sound.”

“What time?”

“Any time that suits you best.”

It was on the tip of my tongue to ask his name when Jordan looked around and smiled.

“Having a gay time now?” she inquired.

“Much better.” I turned again to my new acquaintance. “This is an unusual party for me. I haven’t even seen the host. I live over there——” I waved my hand at the invisible hedge in the distance, “and this man Gatsby sent over his chauffeur with an invitation.” For a moment he looked at me as if he failed to understand.

“I’m Gatsby,” he said suddenly.

“What!” I exclaimed. “Oh, I beg your pardon.”

“I thought you knew, old sport. I’m afraid I’m not a very good host.”