Du Front Républicain au front républicain : l’histoire du FN

6 juillet 2009 | La vie de la cité | 2 Réponses

Jusqu’à hier, la menace planait sur Hénin-Beaumont. Dès les législatives de 2007, Marine Le Pen avait annoncé la couleur sur France 2 : « La reconquête du FN passera par Hénin-Beaumont ». C’était finalement tout un symbole : Hénin-Beaumont, dans le Nord, là où les classes populaires frappées depuis le milieu des années 80 par la désindustrialisation et l’envolée du chômage ont progressivement désaffecté le vote PS pour gonfler le vote ouvrier du FN, jusqu’à ce qu’il devienne visible en 2002. Bis repetita en 2009 : comme le signalait il y a quelques jours avec justesse Authueil, face à la corruption et l’envolée des impôts locaux, en quoi le PS était-il suffisamment attractif pour remporter ces élections ?

Comme souvent, le PS est réduit à ripoliner. Après avoir connu une grosse gifle au premier tour, distancé de 20 points par le FN, voilà que les socialistes ont brandi la menace extrémiste en souhaitant organiser un Front républicain. Après le Tout Sauf Sarkozy, voici le Tout Sauf Briois. La tactique n’a pas changé depuis Napoléon : les ennemis de mes ennemis sont mes amis. L’attelage arc-en-ciel du PS ne tenait que par cette injonction à barrer le FN, on ne sait ni pourquoi ni comment.

Chez les blogueurs socialistes, ça vomit à longueur de billets. Quel dégoût, le FN, voilà bien le tout-à-l’égout de la République française. Cette politique faite à l’estomac a le don, pour le coup, de me coller une sacrée gerbe. On leur rappellera, à ces gens-là, que tous les architectes de la République, depuis Platon jusqu’à Robert Schuman, ont toujours placé la Raison comme l’ordonnatrice du régime démocratique. Visiblement, eux ne voient pas de problèmes à ce que l’on puisse voter pour un motif aussi maigre que barrer la route au FN, avec l’argument : « Le FN est anti-républicain ». A choisir entre la peste et le choléra, je préfère encore être anti-républicain qu’anti-démocratique, comme le sont tous ces bien-pensants de la République qui court-circuitent l’initiative du suffrage en extirpant le vote de son opération intellectuelle de délibération rationnelle. Car,tous, de Dany Boon à Martine Aubry, ne demandaient pas aux électeurs d’Hénin-Beaumont de réfléchir, non, mais de se mobiliser, en masse, pour contrer une menace qu’on refuse depuis des lustres à combattre sur le terrain de la raison pour mieux l’immoler sur celui de la chimère. Qu’on assume, au moins, en promulguant un « Patriot Act » électoral qui triera le bon grain de l’ivraie au moment des dépôts de candidature…

Parlons du FN. Son destin semble être lié aux Fronts Républicains, du berceau à la tombe. C’est en 1956 que Jean-Marie Le Pen accède pour la première fois à l’Assemblée Nationale, sous l’étiquette poujadiste « Union et Fraternité française », et déjà, en 1956, un Front Républicain s’était constitué, avec Pierre Mendès France à sa tête, pour ne pas laisser le cancer algérien entre les mains de praticiens douteux. En 2009, c’est encore un front républicain qui clôt définitivement l’histoire du FN.

Le front républicain à Hénin-Beaumont, une victoire pour le PS ? En 1956, c’est Guy Mollet qui est sorti du chapeau. Vous connaissez la suite.

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§ 2 Responses to “Du Front Républicain au front républicain : l’histoire du FN”

  • Juan dit :

    Ah, cher Nick.
    1. je ne suis pas socialiste, mais écolo à longueur de billets. Pourquoi donc me citer en illustration de ta critique des « blogueurs socialistes ».
    2. il ne t’a pas échappé que nos billets « de gauche » sont lucides et critiques contre ces victoires à la Pyrhus.
    3. Quand à souhaiter la victoire du FN au nomù de la Raison Rationnelle Toute Puissante… je t’en laisse la responsabilité. Désolé, mais pour moi, plutôt voter ripoux que nazi. (Et à Hénin Beaumont, le maire élu est dans l’opposition au maire socialiste déchu depuis … 2001).
    amitiés

  • Nick Carraway dit :

    Pour le point 1, je te le concède, même si tu draines une grosse partie de la blogosphère socialiste qui te donne raison.

    Pour le point 3, tu déformes mes propos. Le FN, il ne se combat pas lors des élections, il est hors système : il se combat pendant les mandats, c’est la seule façon de tarir sa source. S’offusquer contre le FN et bâtir des fronts républicains, outre que c’est totalement hypocrite, ça a le don de tout balayer sous le boisseau. Qu’est-ce qui va changer à Hénin-Beaumont après le presque cataclysme ? Rien, et c’est bien le problème.

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Fiche

Nick Carraway

Miss Baker and I exchanged a short glance consciously devoid of meaning. I was about to speak when she sat up alertly and said “Sh!” in a warning voice. A subdued impassioned murmur was audible in the room beyond, and Miss Baker leaned forward unashamed, trying to hear. The murmur trembled on the verge of coherence, sank down, mounted excitedly, and then ceased altogether.

“This Mr. Gatsby you spoke of is my neighbor——” I said.

“Don’t talk. I want to hear what happens.”

“Is something happening?” I inquired innocently.

“You mean to say you don’t know?” said Miss Baker, honestly surprised. “I thought everybody knew.”

“I don’t.”

“Why——” she said hesitantly, “Tom’s got some woman in New York.”

“Got some woman?” I repeated blankly.

Miss Baker nodded.

“She might have the decency not to telephone him at dinner time. Don’t you think?”