Dictionnaire posthume du capitalisme ?

27 avril 2009 | Internet | Aucune réponse

Dans quelques jours sortira le Dictionnaire posthume de la finance, coécrit par David Abiker,  journaliste bien connu des blogueurs, et Évariste Leuvre, économiste à Natixis. Pour l’occasion, ils ont mis en place un petit site collaboratif qui propose aux blogueurs de faire la définition de quelques mots associés à la grande débâcle financière et à l’effondrement des objets ostentatoires de la réussite matérielle : stock-options, banksters, crise… mais également Rolex et achats par les blogueuses modes qui ont aussi leur bon mot à livrer sur la crise ambiante !

Alors j’ai également participé, et j’ai soumis une définition. Elle tranche un peu avec le titre du Dictionnaire, puisqu’elle interroge le mot « posthume » : mort ou pas, le capitalisme ?

Mort, le capitalisme ? Occises, les stock-options ? Eradiqués, les financiers véreux ? Moralisée, la frénésie spéculatrice sur des actifs fictifs ? C’est ce qu’on aimerait tous croire.

Toutes proportions gardées, la grande entreprise de salubrité financière que les gouvernements mondiaux organisent depuis plusieurs mois à coups de déclarations fracassantes, a tout du processus de résilience. En physique comme en psychologie, la résilience, c’est la capacité à subir un choc sans se déformer, à subir un traumatisme sans sombrer dans une profonde dépression. Alors nous parlons de choc, de krach, nous réfléchissons aux causes, nous prévoyons les conséquences, nous déterminons les prescriptions nécessaires ; en un mot, nous parlons du mal, pour ne pas que la mal nous emporte. Le G20 ressemblait à s’y méprendre à une grande communauté résiliente, les mêmes que celles que l’on met en place quand les tornades et les inondations s’abattent sur un pays.

Mais le capitalisme, lui-même, n’est-il pas aussi résilient ? Il vient de subir un choc profond en plongeant les places boursières dans la pagaille financière, ceux qui le manipulent sont vilipendés par tous, ses grands manitous comme Madoff sont derrière les barreaux, les parachutes dorés sont criblés de balles dès que les grands patrons sautent du navire volant, ceux qui s’en gobergent comme les cadres d’AIG sont voués aux gémonies gouvernementales et menacés fermement par les autorités publiques de voir leurs profits hautement taxés. Et pourtant, a-t-on eu l’impression que quelque chose avait vraiment changé, que la pantalonnade de la liste grise-noire des paradis fiscaux avait une quelconque utilité dès lors que certains paradis fiscaux bien cachés dans les pays du G20 étaient subtilement omis ?

Et si la capitalisme pouvait subir un krach profond sans jamais se déformer et tout continuer comme avant ? Ce serait vraiment pas de bol.

  • Share/Bookmark

Tags - , , ,

§ Laisser un commentaire

Fiche

Nick Carraway

Miss Baker and I exchanged a short glance consciously devoid of meaning. I was about to speak when she sat up alertly and said “Sh!” in a warning voice. A subdued impassioned murmur was audible in the room beyond, and Miss Baker leaned forward unashamed, trying to hear. The murmur trembled on the verge of coherence, sank down, mounted excitedly, and then ceased altogether.

“This Mr. Gatsby you spoke of is my neighbor——” I said.

“Don’t talk. I want to hear what happens.”

“Is something happening?” I inquired innocently.

“You mean to say you don’t know?” said Miss Baker, honestly surprised. “I thought everybody knew.”

“I don’t.”

“Why——” she said hesitantly, “Tom’s got some woman in New York.”

“Got some woman?” I repeated blankly.

Miss Baker nodded.

“She might have the decency not to telephone him at dinner time. Don’t you think?”