Cela fait plusieurs semaines que je rumine ce billet. Depuis quelques temps dans la blogosphère politique, la question des étiquettes est un sujet de débat stérile mais qui pourtant agite tout le monde. Il y a d’abord eu le psychodrame LHC, initié par certains blogueurs de gauche. Depuis hier, c’est la tragédie Renovatio Occidentalis qui fait bruire ses fuseaux. Ce soir, je lis un twitt de Marc Vasseur très éloquent.
Que lit-on à chaque fois ? Qu’untel est de droite, qu’untel est un fasciste. Voilà une attitude extrêmement révélatrice.
Derrière le vernis classificatoire se cache en fait un sectarisme très marqué. Il ne s’agit pas de classer les blogs sur l’échiquier politique par plaisir de savoir à qui l’on parle, mais pour savoir qui est respectable et qui ne l’est pas. A gauche, on fonctionne volontiers en circuit clos : les blogs de gauche lisent des blogs de gauche, où chacun est quasiment d’accord sur tout, et surtout n’allons pas linker ou commenter chez les frères ennemis de la droite, ça tacherait les esprits. A droite, c’est presque quasiment pareil, encore que la blogosphère de droite est moins développée.
Avez-vous vu comme le dialogue est impossible entre les différentes sensibilités ? C’est le magnifique triomphe des étiquettes. On les colle sur le front des blogueurs pour mieux les identifier de loin. Avec cette idée très foucaldienne et très lacanienne que le lieu précède le discours, en clair que votre étiquette parle avant vous-même. Et c’est parce qu’on colle ces fichues étiquettes que la blogosphère se sectarise de jour en jour : impossible d’être d’accord avec un mec de droite quand on est un blogueur de gauche, c’est juste politiquement impensable. Pas étonnant, donc, que sur certains blogs militants, il devienne impossible d’apporter la moindre contradiction, comme chez CSP et Dagrouik. A chaque fois qu’on y va, même en étant neutre et doucereux, c’est un tombereau d’injures qui vous pleut dessus.
Pourtant, il me semblait bien que les mêmes qui ont commencé à bloguer peu avant la présidentielle voulaient faire de la blogosphère un lieu d’expression libre, fruit d’une société civile en mouvement, désireuse de porter une parole publique, d’échanger. Il me semblait aussi que les blogueurs formaient une sorte de confrérie, de communauté virtuelle fondée sur la discussion amicale, l’échange. En fait non, le politique s’infiltre partout. On dresse des étiquettes qui ne sont en fait que des cloisons qui servent à tenir l’autre à distance, pour ne pas discuter avec lui. Et mieux rester dans l’entre-soi.
C’est d’ailleurs assez révélateur. Parmi les quelques blogueurs de gauche que je côtoie fréquemment, les seuls avec qui je trouve parfois des points d’accord sont Vogelsong et Eric. Les deux ne sont pas encartés. Pour tous les autres, et notamment les ségophiles (voire ségolâtres), il est impossible de leur faire admettre la moindre critique : Ségolène est belle, brillante, elle a raison sur tout. Même chose avec les bayroulâtres incapables de voir plus loin que leur engagement. Mais où donc est passée cette blogosphère impertinente, volontiers irrespectueuse du silence militant que veulent leur imposer les divers bureaux partisans, et qui porte l’esprit critique comme un tatouage tribal au milieu du visage ?
Triste destin de la blogosphère.
La différence entre les deux périodes ? Selon moi c’est la structuration des blogs. Réseaux, classements, interview. Vogelsong possède un avis intéressant en la matière. Serions nous devenus des journalistes en puissance ? Des apprentis journalistes ? Terminé l’impertinence envers son propre camp ?
Les étiquettes… figure toi que nous avons eu ce débat avec Rosselin de Vendredi. Lui aussi pense que l’étiquette vaut sur les idées…
entièrement d’accord!
J’avais écrit un truc sur ce thème quand j’avais été « invité de la semaine » dans vendredi il y a trois semaines.
Sur les étiquettes, on reproduit le politiquement correct de la médiasphère, c’est dingue.
L’internet est aussi lieu de mystère et de dissimulation. D`où la nécessíté pour les gens de se rassurer avec ce genre de quêtes. Les left blogs aiment lapider, mais dans le cas d’espèce, Criticus a cherché à exister en provoquant le scandale.
Je suis cependant entièrement d’accord. Kiwis est à peu près le seul endroit où l’on arrive à dialoguer. Reste que dans la vraie vie, le dialogue est tout aussi rare. La blogosphère ne fait que copier la réalité.
c’est comme ca que sont nés la droite et la gauche : les députés se sont regroupés par affinités.
[...] deux pôles que sont Pierre et Chafouin), certains Left Blogs se soient empressés de coller des étiquettes politiques aux uns et aux [...]
salut,
oui les étiquettes collent fort et sont pour certains une « identité ».
Juste pour revenir sur le fait de pouvoir dialoguer et communiquer entre personnes qui ne sont pas d’accord : cela ne dépend ni des appartenances, ni des réseaux, ni des étiquettes, mais bien sûr des individus. Il y a des individus avec lesquels on peut discuter, un peu partout. Et il y en a d’autres qui sont sur un mode « j’ai raison, et ceux qui ne sont pas de mon avis ont tort ».
Il s’agit d’éthique de la discussion, et c’est une des facettes que nous avons voulu développer avec Rubin, dans le réseau LHC. Les déboires et secousses recentes ne me le feront pas oublier. Il y a d’ailleurs un billet sur le portail LHC où l’on parle de cela. J’ai parfois plus d’échanges intéressants avec des gauchistes modérés et ouverts, qu’avec un libéral dogmatique et obtus.
A la gloire de Montaigne.
Je n’emploie jamais le terme fasciste. Je me souviens qu’un jour un mec a écrit le mot islamo-fasciste sur mon blog: j’ai supprimé le commentaire. Il m’a dit: quoi, j’ai dit une connerie? Il se retrouve aujourd’hui dans le groupe occidento rénovatio machin.
Etiquettes politiques: je suis de gauche, mais je me considère comme 80% des français, c’est-à-dire républiqcain avant tout. Certaines valeurs sont à défendre avant tout, avant l’appartenance à un groupe particulier.
Si je suis de gauche, c’est que je suis pour le progrès social. Ça doit être le but de la politique. Et non de faire tourner l’économie, comme c’est le cas actuellement et, d’ailleurs, ça marche très très mal. Je simplifie!
Les gens qui disent « pas d’étiquettes » ou « la gauche et la droite c’est dépassé », ces gens-là sont de droite.
Par ailleurs, je voulais défendre Ronald, même s’il le fait très bien tout seul. Ne l’assimile pas à un vulgaire CSP, qui est un ânnoneur borné. Ronald est le contraire de quelqu’un de sectaire.
D’accord avec toi quand tu dis: « Pourtant, il me semblait bien que les mêmes qui ont commencé à bloguer peu avant la présidentielle voulaient faire de la blogosphère un lieu d’expression libre, fruit d’une société civile en mouvement, désireuse de porter une parole publique, d’échanger. Il me semblait aussi que les blogueurs formaient une sorte de confrérie, de communauté virtuelle fondée sur la discussion amicale, l’échange. »
A l’époque, la blogosphère politique était dominée par Versac, qui donnait le la. C’est-à-dire que c’était plus rond, plus consensuel. Aujourd’hui, il est possible que les dialogues soient plus exacerbés, violent, mais c’est l’époque qui veut ça.
C’est à nous d’être des modérateurs. Non pas, comme tu le fais dans les billets précédents, en trollant à propos des femmes (ou des féministes?) etc.
@Eric : tu mélanges un peu tout !
Je ne critique pas Ronald sur ce qu’il dit, mais sur ce qu’il laisse dire sur son blog. Il est impossible d’aller chez lui et de porter la contestation sans être pris à la gorge par sa horde de chien-chiens : superpado, asse42, irenedelse et compagnie. A chaque fois qu’on essaie de développer un argument critique, on est rembarré par un « t’es de droite, t’es à l’UMP », qui ne sert qu’à disqualifier et à signifier qu’on n’est pas le bienvenu. Soit il veut faire de son blog un blog pour socialistes, et dans ce cas il l’affiche vraiment, soit il ouvre son blog au dialogue et dans ce cas un minimum de modération serait le bienvenu. Ca tranche franchement avec le Ronald que je peux côtoyer à la RDB.
Quant au fumeux « pas d’étiquette = de droite », c’est une vaseuse généralisation qui n’a strictement aucun fondement ni philosophique, ni politique. Mais c’est le sport préféré de certains de faire une taxinomie des gens de droite qui s’ignorent et de les outer sur le net. Si certains n’ont rien d’autres à faire, c’est que la blogosphère politique est en piteux état.
Ce que je constate, c’est que de plus en plus, ce ne sont pas des individus qui bloguent, mais des électeurs/militants. Des individus avec des idées n’auraient aucun mal à dialoguer en toute courtoisie, car il n’y a pas d’enjeu. Là, c’est en train de tourner au grand règlement de comptes et chacun brandit ses dogmes et ses paresses intellectuelles. Pourquoi ? Pour remporter le terrain vague de la blogosphère ? Pour préparer 2012 ? C’est idiot et arrogant.
Les étiquettes existent parce que l’individu est ainsi fait qu’il classe et catégorise ; c’est même l’une des fonctions les plus importantes du cerveau. L’enfant se construit ainsi, et les pièces majeures de la philosophie européenne ont fait une large place à la logique et aux classifications (Critique de la faculté de juger,de Kant, Métaphysique et Organon d’Aristote, par exemple).
Après, une étiquette est fatalement une réduction : il faut juste avoir conscience que l’étiquette est simplement un attribut et que l’attribut ne définit pas à lui seul le sujet.
@L’Hérétique : Et tu oublies les travaux de Linné sur la classification du monde animal ou ceux de Mendeleiev sur les éléments. ;-)
Très généralement, les types qui se disent sans étiquette votent à droite.
Tu peux nous dire pour qui tu as voté aux dernières présidentielles, aux dernières législatives ?
Très généralement aussi, les types de droite préfèrent brandir le secret du vote plutôt que de répondre à une telle question.
Nota Bene : Bayrou est de droite.
« Il est impossible d’aller chez lui et de porter la contestation sans être pris à la gorge par sa horde de chien-chiens ».
Attention, tu parles de la brigade porcine, ce sont des gens bien.
Blague à part, j’ai témoigné à ronald de mon ennui concernant Mistral, troll sarkozyste. C’est lui qui me dérange sur son blog. Donc, tu vois qu’on n’a pas la même source d’embêtement.
Et, concernant l’axiome “pas d’étiquette = de droite”, il est généralement vrai. Mais je ne te considère pas de droite, je ne sais pas exactement ce que tu penses sur différents sujets.
Et, tu le dis bien dans ton billet, ce n’est pas le plus important: il vaut mieux discuter avec des individus qu’avec des militants.
@Dedalus : J’ai toujours voté MoDem depuis le premier tours des présidentielles jusqu’à aujourd’hui, que ce soit au premier ou au second tour, et quand ce n’était pas possible, je votais quand même MoDem pour ne pas voter blanc (même si c’est comptabilisé de la même façon.
Après, ce petit jeu idiot de savoir si Bayrou est à gauche, à droite, ça devient n’importe quoi. Dans ce cas, disons que Mitterrand est en fait d’une droite bien tradi (en 1935, il participe à une manif de l’Action française…), que Devedjian est d’extrême-droite (période Occident), que Chirac est un communiste (de jeunesse), et que Jospin est un trotsko. Ca recompose vachement le paysage politique, en fait !
@Eric : Ce n’est pas tant qu’il faut éviter les militants. Il faut simplement éviter ceux qui n’ont aucun esprit critique. Je suis militant encarté et pourtant, tous ceux qui m’ont côtoyé à la RDB ou qui lisent mon blog savent que je suis parfois très critique envers Bayrou. A-t-on déjà vu Ronald par exemple critiquer Ségolène sur son blog ? Au contraire, c’est un sanctuaire 2.0. et si on vient écorner un peu l’idole, c’est direct le bûcher. Encore une fois, je précise que je critique Ronald non pas en tant que blogueur (puisqu’il est moins radical en vrai) mais en tant qu’animateur de débats (il devrait calmer certains par exemple, et notamment asse42, dont il reconnaît en vrai la grande bêtise).
Allons bon, voilà une polémique amusante. Enfin, amusante, pour sûr, mais pas forcément de la façon envisagée par l’auteur.
Ce que je trouve croquignolet, dans l’affaire, c’est que tu prétends dénoncer les étiquettes… en établissant dans la foulée une taxonomie, qui, certes, ne repose plus explicitement sur « gauche/droite ».
Aller écrire (dans un commentaire certes), sans se rendre compte de l’absurdité de la réflexion, qu’il y aurait, d’un côté, les « individus » (avec des idées) et de l’autre des « militants », c’est quand même assez grotesque.
Pour le coup, Dedalus a d’ailleurs parfaitement raison.
- Quand on a un blog politique, on a une opinion politique – le « ni gauche ni droite, dépassons les partis et les étiquettes » en étant une, d’ailleurs assez identifiable. Penser et revendiquer sérieusement « je ne suis pas un militant mais un individu avec des idées », c’est soit prendre gentiment les gens pour des imbéciles manipulables, soit avoir un égo démesuré qu’à côté je suis modeste (et c’est pas peu dire).
Après, on peut croire que « la gauche » et « la droite » (et « le centre », pour faire plaisir à ceux qui croient aux contes de fées sur l’absence d’étiquette) gagnerait, particulièrement dans un espace de discussion comme la blogosphère, à être un peu moins hermétique à ses voisins.
Mais c’est un reproche qu’on peut faire à chacune de ces étiquettes : il y a une très grande égalité entre tous sur l’incapacité à débattre avec ceux qui pensent différemment.
Cette lubie des libéraux / centristes (qui sont de droite, comme le rappelle opportunément Dédalus) sur « les autres ne sont pas ouverts au dialogue » m’amuse toujours beaucoup, venant d’un ensemble politique et philosophique qui, tout en prétendant « prendre le meilleur sans souci d’étiquette », forme en réalité l’ensemble le plus fermé à la discussion qui soit.
Forcément, étant le groupe des « individus qui pensent et sont libres » et qui « prend le meilleur sans souci des étiquettes », la certitude d’avoir raison constitue une donnée rigoureusement indéboulonnable …
Bonjour,
Je voudrais participer à ce débat car, ayant été à l’origine du bordel du week-end dernier, il me semble que j’en ai retiré quelques petites choses.
En fait, l’étiquette est à mon sens indispensable. Même si on se proclame apolitique, à partir du moment où on prend une position politique, on finit par se positionner par rapport aux actions des hommes et femmes politiques. Progressivement, l’orientation du blogueur émerge.
L’étiquette n’est pas problématique en soi, si elle est assumée et si elle n’empêche pas le blogueur lui-même de discuter avec les autres. Lorsque je discute avec Rubin ou LOmiG, je sais que je suis face à des personnes qui n’ont pas ma culture politique, et avec qui l’échange sera différent qu’avec Eric, Dagrouik ou Nicolas, dont je suis plus proche. Même les codes langagiers changent, et il faut s’y adapter.
Le problème, c’est qu’à partir du moment où on emploie un qualificatif dans un débat fort, comme ce week-end, la discussion cesse. C’est encore plus important lorsque les insultes fusent. Or, là aussi, chaque individu n’a pas la même échelle de valeur des qualificatifs. Pour certains, le terme gauchiste est une insulte alors qu’il ne l’est pas pour d’autres. Je sais aussi que si Nicolas me qualifie de gauchiste, cela n’aura pas du tout le même sens que si LOmiG ou Rubin le font.
Globalement, l’étiquette est nécessaire, mais elle ne doit pas nous empêcher de percevoir l’individu qui se trouve derrière. L’insulte est encore pire, car elle tend à déshumaniser le blogueur.
En fait, l’étiquette permet aussi d’adapter son vocabulaire et son lexique. C’est tout de même important, pour prendre en compte ce qu’est notre contradicteur et ce que sont ses valeurs et son histoire.
Hum, je ne sais pas si je suis vraiment dans le sujet, mais enfin…
@Florent : Et allez, ça continue avec le « centristes = droite ». Encore un anathème un peu facile, non argumenté, ou pas argumenté avec rigueur. Je peux aussi balancer un Mitterrand = conservateur ou un Chirac = communiste aussi, ça ne mange pas de pain.
Et oui, il y a une différence entre les blogs d’invididus et les blogs militants. Les blogs militants parlent de la tambouille interne du parti, jouent les porte-flingues de leur poulain, avec ce délicieux automatisme du « on ne critique pas le patron ». Autrement dit, le dialogue est impossible. Mais effectivement des blogueurs non militants peuvent être tout aussi fermés et avec peu de recul !
@MathieuL : Oui oui, tu es parfaitement dans le débat !! ;-)
Il y a tout simplement des individus avec qui il est possible de discuter contradictoirement parce qu’ils ne se braquent pas, ne disqualifient pas automatiquement celui qui n’a pas les mêmes idées que lui, ou passent immédiatement à la raillerie ou à l’insulte pour éviter le débat de fond. Et puis il y a les autres qui, parce qu’ils ne cherchent ni à avoir raison, ni à convertir l’autre, prennent quelques minutes pour débattre juste pour le plaisir d’échanger ou d’apporter un éclairage différent.
Alors oui, naturellement, les étiquettes sont utiles, tu as raison. Elles permettent de polariser les débats. Encore que ces étiquettes ne sont pas utiles pour un lecteur un peu éclairé qui sait reconnaître les sensibilités dans les débats. Mais ces étiquettes sont profondément réductrices, et l’on s’en tient à ça, que ça soit dans la blogosphère ou dans l’arène politique.
Soit les gens sont dogmatiques à un point tel qu’ils épousent les doctrines de leurs sensibilités dans leurs moindre détails, et considèrent en bloc que l’adversaire a faux sur toute la ligne (que ce soit sur des éléments doctrinaux ou sur des points de vue concernant l’actualité), soit les gens font la fine bouche en rechignant à se reconnaître des points communs avec des individus qui ne sont pas de leur sensibilité.
En fait, la question fondamentale que je pose, c’est de savoir dans quelle mesure les étiquettes précèdent nos idées… J’ai parfois l’impression qu’on pense telle chose parce qu’on est de tel parti plutôt que d’être de tel parti parce qu’on pense telle chose. Quand je vois parfois de tels degrés d’automatisme, je me dis que le libre-arbitre a sacrément reflué…
Je ne pense pas que ce soit une question d’être ou non encarté… J’ai connu des sympathisants, donc non encartés, qui étaient bornés et n’avaient aucun recul ni esprit critique sur leur action et leur parti.
Je crois même que le militant peut avoir plus de distance que le sympathisant d’en la mesure où il dispose de plus d’infos…
Sinon, la question des étiquettes est assez révélatrice d’une certaine hypocrisie quand certains se disent apolitiques…
La vie politique est bipartite, qu’on le veuille ou non. Certaines idées semblent être ni de gauche, ni de droite comme l’écologie… Et pourtant…
mais c’est pas un crime, d’être de droite, ce n’est même pas grave du tout !
Bon an mal an, une bonne moitié de la population est de droite. Et, tiens toi bien, ce n’est pas grave, en plus !
En tant que social-démocrate (tu vois, je me colle moi-même avec une étiquette), je vais, sur beaucoup de sujets, être d’accord avec un centriste. Ils sont sympas, les centristes, ils veulent réellement faire fonctionner mieux le monde, se soucient de justice sociale, de libertés individuelles, bref, des gens charmants.
Pour autant, je n’ai jamais vu un centriste porter un projet de transformation sociale – ils veulent améliorer le monde, pas le changer. Et ça les place, ben oui, dans le camp de la droite – sociale, certes, mais de la droite quand même.
Ce qu’explique très bien un Rocard, par exemple, expliquant qu’il est d’accord avec Bayrou sur plein de trucs, mais qu’il n’a jamais vu Bayrou remettre en question le capitalisme.
Ou ce qu’explique très bien ce billet sur un blog social-démocrate
Que le centre, par naïveté ou par opportunisme, ne l’admette pas, à la limite, je m’en fous – et, contrairement à toi, et conformément à tes voeux idéalistes de débat, je t’amène des éléments sur ce plan.
Moi je veux bien discuter avec des centristes, avec des gens de droite – sur du concret, défendre ou s’opposer à tel ou tel projet, on peut régulièrement tomber d’accord. Mais le projet de société diffère radicalement.
Après, sur la division individu/militant, là, désolé, mais ça témoigne d’un profond mépris (dûe à une profonde méconnaissance ?) de ce que peut être l’engagement militant – reste perché sur tes certitudes si ça t’arrange !
Nick , tu pourra remarquer qu’il y a un billet qui date de Juin 2007 sur mon blog et qui est dans le « Best Of Me »
http://www.intox2007.info/index.php?post/2007/06/28/168-analyse-de-la-defaite-du-6-mai
Voilà pour le coté ségolatre.
Je n’ai pas vu de Billet pourquoi Bayarou n’a pas gagné chez les bayrouphiles.Tu en as peut être quelques un assez complets à me faire lire.
Ensuite gros malin, si tu lisait les commentaires chez moi tu verrai qu’asse42 s’est fait censurer plus d’une fois. La semaine dernière par exemple. Par ce que ce gros con (là c’est mérité) a parlé de sionisme dans un commentaire.Ca n’a pas manqué,un autre lui est tombé sur le dos en parlant de Dieudonné. J’ai mis le tout dans le bac à acide.
Et il s’est fait remettre à sa place plus d’une fois aussi. Mais ça ça demande un peu de lecture.
Et je suis tellement dogmatique que j’ai dit du bien de Minc ou de Lefebvre dernièrement. Tellement bien que personne ne s’en est rendu compte.
Et pour le chien-chien à Irene Delse, euh…
@Florent : Donc Mitterrand est droite à partir de 1983. Donc Ségolène est de droite. Donc Delanoë est de droite. Donc globalement le PS est de droite. La seule vraie gauche, c’est à partir de Besancenot, right ?
Si la rupture avec le capitalisme est la frontière entre gauche et droite, 80% de la France est de droite !
@Dagrouik : Il y a une différence entre analyser et critiquer. Ton billet analytique critique un peu le PS, pas Ségolène elle-même.
Un blog n’a pas la même fonction pour tous.
Pour certains, c’est l’expression de leur engagement politique et il est donc compliqué de leur en faire dévier.
Pour d’autres, comme moi, c’est juste un défouloir sur l’actualité. Au lieu de saôuler mon entourage qui se fout de la politique comme de l’an 40, je tente d’intéresser des gens sur internet avec mes divagations. D’autres le font mieux que moi comme Nicolas de Partageons mon avis. ;o)
Nick quand j’écrit que le programme manquait de … que la campagne manquait de… etc.. ça ne te vient pas à l’esprit qu’elle en porte une part de responsabilité ?
Faut-il que j’écrive « quelle conne » pour que le billet devienne une critique ? ça montrerait alors que les gens ne savent pas lire.
Va falloir que je scanne la page du livre où elle en parle et que j’ai reçu dédicacé.
Va falloir me dire ou j’ai écrit que la frontière était dans la revendication d’une rupture avec le capitalisme.
Surtout sur une citation de Rocard, dont j’aurais beaucoup de mal à le classer à la gauche de Besancenot.
En revanche, j’ai parlé de transformation sociale. Ca, c’est une vraie frontière, sur laquelle tu évites de répondre pour aimablement caricaturer en espérant que ça ne se voie pas.
Je n’ai jamais vu un centriste revendiquer un projet de transformation sociale. Alors que c’est un truc qu’on retrouve chez le premier socialiste venu
@Florent : Donc pour toi, il peut y avoir transformation sociale en continuant sur la bonne route du capitalisme ? Tu ne vois donc aucune contradiction doctrinale entre ceux qui veulent une transformation sociale par une transformation/rupture avec le capitalisme et ceux qui veulent cette même transformation en jouant le jeu du capitalisme, mais en le régulant un peu plus ? Je précise que c’est une question ouverte. Si je parle de rupture avec le capitalisme, c’est que pour moi l’opposition transformation/amélioration ne peut fonctionner qu’en prenant position contre ça.
@Dagrouik : Dans ce cas, d’accord, je ne l’avais pas pris comme ça. Mais donc ta dernière critique date de mai 2007. On ne t’a guère entendu sur les âneries démago qu’elle a pu sortir sur l’affaire Kerviel, comme on t’a guère entendu sur l’épisode Obama (son empressement à vouloir rencontrer absolument Obama, ses caprices de diva qu’ont rapporté l’ambassade de France, etc).
Le billet est intéressant.
Les réactions (parfois épidermiques) des gens que tu cites dedans sont encore plus intéressantes.
Et l’absence de plus en plus marquée de différences philosophiques entre les gens dit « de droite » et ceux dit « de gauche » dans leurs postures et leurs idéaux est finalement très éclairante.
Merci.
Qui croit à une rupture radicale avec le capitalisme ?
Le nombre de ces personnes s’amenuisent… Ils trouvent Besancenot sympa, mais personne ne connaît son programme…
@Maxims : Donc si je comprends bien, la différence fondamentale entre l’extrême-gauche et la gauche, c’est la rupture ou pas avec le capitalisme. Et la différence entre la gauche et la droite réside entre ceux qui veulent transformer le capitalisme et ceux qui veulent l’améliorer ?
Je veux bien qu’on m’éclaire, parce que je ne vois pas l’ombre d’une différence entre les deux choses. Et donc je ne crois absolument pas à la pertinence du clivage gauche-droite autour de ce point-là.
Certes, l’étiquette simplifie le travail du lecteur comme celui du consommateur. Je ne la crois pas du tout indispensable, elle empêche parfois de lire ce qui est écrit.
« les blogs de gauche lisent des blogs de gauche, où chacun est quasiment d’accord sur tout, et surtout n’allons pas linker ou commenter chez les frères ennemis de la droite » : la « tragédie » que vous évoquez, cher Nick, plutôt une tragi-comédie d’ailleurs, prouve le contraire.
Ah ben ça se précise un peu. On va pas faire un cours d’histoire des idées et remonter à Papy Marx (et en plus ce n’est plus le sujet original), mais on touche du doigt.
La différence est philosophique, et non programmatique. Les réponses d’un centriste et d’un social-démocrate à la crise du capitalisme vont être sensiblement les mêmes -en gros, du keynésianisme.
Pour autant, les fins diffèrent. Une économie sociale de marché qui tient la route adossée à un état providence, c’est l’idéal d’un centriste – ce n’est pas celui d’un socialiste.
Oui, si tu veux, on peut dire que la différence réside entre « améliorer » et transformer, dépasser le capitalisme.
Que tu n’y voies pas l’ombre d’une différence montre bien que tu t’es peu interrogé sur ce qu’était le capitalisme -et donc que tu n’es pas de gauche, cqfd)
La blogosphère a ses tropismes.
En IRL je trouve que cela ce passe plutôt pas mal.
-Note qu’à la RdB, il y a un clan centre-gauche et un clan Liberalo-droito-papiste.
Néanmoins j’ai eu l’occasion de ferrailler avec JP Oury qui est quelqu’un de sympa. De même que Criticus, que je n’arrive pas à lire pourtant.
Sur les blogs il manque les pupilles et le sourire, ce qui font de nous des hommes par delà les étiquettes.
A+
« il me semblait bien que les mêmes qui ont commencé à bloguer peu avant la présidentielle voulaient faire de la blogosphère un lieu d’expression libre »
Ouais, peut-être ; mais je n’ai jamais fait partie de ces gens là.Fort heureusement.
Ensuite, on peut considérer que j’ai fait le choix de la facilité : j’ai une « étiquette », que j’assume très bien, merci. Et surtout, je ne suis clairement pas là pour « discuter » : je préfère la baston, clairement. Et que le meilleur gagne.
De plus, c’est pas pour me vanter, mais IRL, je suis largement aussi con et borné et méchant et intolérant et sectaire que sur CSP. Sisi, j’te jure, je peux produire des témoins.