Ségolène Royal aime bien aller à l’encontre des hiérarchies établies. Après le verdict du scrutin du congrès de Reims, elle affichait sa détermination à ne pas reconnaître la défaite, quitte à être une anti-première secrétaire comme il y avait au Moyen Age des antipapes contestant la légitimité du pape romain. Elle semble tout autant contester le verdict du 6 mai 2007, jour où Nicolas Sarkozy a été élu avec 53% des suffrages… la reléguant au statut de valeureuse candidate, mais de candidate défaite tout de même. Et donc Ségolène Royal a décidé d’être une sorte d’antiprésidente, présente partout où le pouvoir sarkozyste n’est pas. Cela avait déjà été le cas en Guadeloupe, où elle s’était rendue avec beaucoup de démagogie et de populisme pour essayer de surfer sur la vague de mécontentements, à tel point qu’Elie Domota avait pris soin de ne pas trop s’afficher avec elle pour ne pas se carboniser.
Bis repetita placent. Ségolène Royal est à Dakar, autolégitimée par le fait qu’elle y soit née et qu’elle y a vécu petite. Et elle ne se prive pas pour revenir sur les propos de Nicolas Sarkozy lors du discours de Dakar. Au nom de la France, donc, elle s’excuse pour les propos tenus.
« Pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et qui n’engagent pas la France. Car vous aussi, vous avez fait l’histoire, vous l’avez faite bien avant la colonisation, vous l’avez faite pendant, et vous la faites depuis. »
Mais de quoi se mêle-t-elle ? Quelle légitimité a-t-elle pour parler au nom de la France ? La représente-t-elle ? Non pas. Qui représente-t-elle aujourd’hui ? La région Poitou-Charentes ; même pas le Parti socialiste ! Au passage, comme le relève judicieusement Aliocha, elle commet une bourde en tronquant la citation de Nicolas Sarkozy, ce qui en change complètement le sens.
Parfois, le silence est meilleur conseiller.
Tiens ce billet m’avais échappé. Je te mets en lien. Nous sommes 3 chez Kiwis a avoir traité ce thème ! (Frednetick, bien sûr pas d’accord avec nous…)
je n’ai aucunes « actions » chez S.Royal.SA, cependant à la question que tu poses: qui représente elle ?
Je peux te répondre qu’elle représente au moins ma sensibilité lors de ce discours. Cela fait une personne! ceci dit n’étant certainement pas isolé, on ne peux pas lui imputer une appropriation de légimité.
je ne me reconnais pas dans tous les discours de pol. étrangère de Kouchner, contrairement à ceux de la droite des gouv. précédents. il y’a eu une rupture réelle de pol. étrangère et le discours de royal recentre notre position.
Nick, tu sous-estimes le malaise que ce gouv. génère à gauche actuellement.
Qu’elle représente une fraction de la gauche, soit. Je ne le lui retire pas. Elle est une opposante comme Bayrou et est tout à fait légitime à ce titre pour taper sur Sarkozy (le « quelqu’un » est extrêmement arrogant je trouve, mais pas scandaleux non plus). Mais elle est tellement bouffie d’orgueil qu’elle s’imagine présidente à la place de Sarkozy. Il faudrait que quelqu’un lui dise qu’elle a perdu la présidentielle et l’élection pour le premier secrétariat du parti socialiste. Parfois, on a juste l’impression qu’elle vit sur une autre planète et qu’elle l’a oublié…
je ne confond pas effectivement le discours sur lequel je suis en phase avec elle et son image trop souvent déplorable à cause de virées intempestives. Ce discours est pour moi d’une trop rare justesse.
Ceci dit, elle a été plus que quiconque victime du Ségo-baching en 2006 et 2007. Très certainement plus à gauche en 2006 et ensuite à droite en 2007.
Je ne suis pas fondamentalement contre ce qu’elle dit dans son discours sur l’homme africain. Même si je trouve que d’un point de vue ethnographique, Nicolas Sarkozy n’a pas tort sur l’évolution des différentes sociétés précoloniales. Ce n’est pas un secret ni un scandale de dire que les sociétés tribales africaines n’ont pas connu avant la colonisation le progrès social comme l’a connu l’Occident depuis l’Antiquité : c’est un fait. Comme c’est un fait que la colonisation a permis ce progrès à l’occidentale.
Par contre, imaginer que le progrès occidental est infiniment supérieur à tout le reste, que ce doit être la marche naturelle de toutes les sociétés et qu’à ce titre, la colonisation était normale, ou que l’Afrique doit se mettre à devenir une terre de capitalisme et d’entrepreneuriat, c’est franchement nauséabond comme discours, et profondément occidocentré.
Petite question con probablement, où avez vous lu que c’est au nom des français qu’elle s’excuse?
Je demande ça comme ça parceque autant le président de la république est censé porter la voix de la France, autant SR élu de Charente n’a que sa voix dans ses bagages.
Donc soit elle dit « je m’excuse pour la France » et c’est mal, elle a pas le droit la vilaine, soit elle dit « pardon » et ceux qui veulent y voir un pardon « national » l’utilise pour la bâcher, soit on y lit un pardon personnel et il me semble que l’on est encore libre de le faire..
Or la seule chose qu’elle dit, c’est que les paroles de mini moi-je n’impliquaient pas une adhésion des français. Point barre.
Ensuite on peut lui faire dire beaucoup de choses.
Sur la phrase de mini moi-je , je préfère de loin ton analyse (dernier paragraphe de ton dernier commentaire) qui est très juste..
« Pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et qui n’engagent ni la France, ni les Français. »
Voilà exactement la phrase qu’elle a dite. Elle parle bien de la France qui n’est pas engagée par les propos de Sarkozy. Or, la France, dans ce cas précis, doit être comprise comme une entité diplomatique, laquelle, jusqu’à ce que Sarkozy se dédise ou parvienne à effacer sa bourde, est bien engagée dans ce propos déplorable.
Je ne suis pas particulièrement fan de SR, et le fait qu’elle parle « au nom de la France » est un peu exagéré. N’empêche, ça me rassure d’entendre une citoyenne française dire ce genre de chose, en mon nom, plutôt que d’être représentée par les propos de Nicolas Sarkozy.
Elle dit simplement « Sarkozy n’est pas la France ».
C’est un argument comme un autre. A force du manque de hauteur de Nicolas Sarkozy (il reste un chef de parti) et aussi de sa stratégie politique fondée sur la division des français, beaucoup de français ne reconnaissent pas Sarkozy comme étant leur Président, leur représentant.
Elle est en campagne, voila tout. Sarkozy ne représente pas la France, qui la representera mieux ?
Ce n’est pas une bourde, c’est un coup là où cela fait mal, voila tout.
[...] et de moralisme revisité l’a ainsi conduite par deux fois à présenter ses excuses à l’étranger pour des propos tenus par Nicolas [...]