En juin 2008, Georges Fenech a été frappé d’inéligibilité pour irrégularité de ses comptes de campagne. Comme la procédure l’exige, des élections législatives anticipées ont été organisées, à la suite desquelles son suppléant a été élu dans un fauteuil. Pas perso pour deux sous, son suppléant devenu député, Raymond Durand, lui adressa cette jolie déclaration d’amour : « Tiens bon, Georges, lorsque ton inéligibilité cessera fin mars 2009, je démissionnerai pour que tu puisses te représenter. » Oui mais voilà. Raymond Durand aime bien le Palais-Bourbon, et il trouve que c’est über-cool d’être député. Alors quand Georges Fenech lui rappelle que maintenant il est tout propre et qu’il serait temps de démissionner pour qu’il retrouve son siège, son ancien suppléant refuse. Tralalilalère. Horreur ! Enfer et damnation ! Tu m’as trahi ! Tu quoque vicarii1 ! Georges Fenech se répand en lamentations contre le traître (dép)utérin, qui en plus n’a pas honoré sa promesse de rejoindre l’UMP, demeurant encore dans l’antichambre aplaventriste du Nouveau Centre.
Bien fait pour Fenech.
Il retiendra deux morales de sa douloureuse fable du pigeon trop crédule. Premièrement, lorsqu’on veut contraindre son suppléant à la démission, il faut peser lourd, être condor plus que moinillon. Quand Christian Estrosi a quitté l’Outremer, il a demandé (euphémisme) à son suppléant, Charles-André Ginésy, de démissionner pour qu’il retrouve son siège de député, la règle du retour automatique n’étant pas alors effective puisque la réforme de la Constitution n’était pas encore votée. Si Ginésy refusait, il se mettait à dos tout l’appareil de l’UMP ; autant dire qu’il valait mieux faire profil bas. Fenech ne représente pas grand chose, et ne peut compter dans ce cas que sur de maigres appuis, et pas forcément les plus menaçants. Ensuite, il a reçu le juste retour de bâton : frappé par une décision de justice pour contrevenance aux règles de financement de campagne, le voilà qui a essayé de rentrer par la fenêtre en précipitant son retour ! Encore un qui considère son mandat comme une gamelle et qui, cette fois-ci, a été mis au régime forcé.
Cette leçon vaut bien un fromage (allégé) sans doute.
- Toi aussi, mon suppléant ! [↩]
Mais pourquoi tant de haine ?
ça sent le règlement de compte…..et ce n’est pas très élégant de plus, à part les initiés qui peut comprendre ?
PS : Attention aux retours de bâton : les donneurs de leçon et de moralité peuvent aussi prendre des coups !
Salut et sans rancune
[...] y a des nouvelles qui me font franchement rire. Aujourd’hui c’est Nick Carraway qui a déclenché mon rictus jubilatoire [...]
Mister Peraud commente et dit : « Attention aux retours de bâton : les donneurs de leçon et de moralité peuvent aussi prendre des coups »
Ne serait-ce point des menaces, ça des fois ???
N’y aurait-il pas une erreur de déclinaison dans votre locution latine? Je crois me souvenir qu’après ‘Tu quoque’, c’était un vocatif dont le ‘e’ tombe dans les noms en -ius! D’où ‘Tu quoque fili’ ou ‘Tu quoque vicari’. Mais on me répliquera qu’il faut dire cela en grec ;)
À part ça, c’est typiquement le genre d’histoire qui fait que la loi sur les finances électorales est respectée. Perdre son siège pour des bêtises pareilles…
@Proteos. Bien vu, mais c’est un peu complexe. D’ordinaire, il n’y a pas de vocatif pour le mot « vicarius », probablement parce qu’on ne doit pas invoquer un représentant de Dieu (sinon, je ne vois pas). La forme exacte serait « vicarie », mais les noms en -ius perdent généralement le -e du vocatif, ce qui donne donc la forme « fili ». Et cela fonctionne aussi pour le génitif : fili/vicari au lieu de filii/vicarii.
Je devrais en outre dire « Tu quoque vicari mi », mais il me semble que dans la locution originale, on a fait tomber le « mi » parce que les interprétations remettent en question le lien directement parental et charnel du mot « filius ». Ce que les traductions grecques rendent assez bien par ailleurs : Kai su teknon !
Georges Fenech
» …le mal aimé, je suis le mal aimé… »
Il y a un an le conseil constitutionnel invalidait l’élection du député Fenech à cause de « frais de bouche » non intégrés dans les comptes de campagne à cause d’ une militante certainement un peu trop zélée.
Le montant du larcin qui était de 400 € http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_weblog/2008/07/georges-fenech.html
est en réalité de 6 261 €, voir la décision du conseil constitutionnel du 27 mars 2008.On festoie beaucoup dans le lyonnais, voir la décision :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.docidTexte=JORFTEXT000018558645&fastPos=16&fastReqId=279869720&categorieLien=id&oldAction=rechTexte
Georges Fenech en appelle à Nicolas Sarkozy puis à Bernard Accoyer le président de l’assemblée nationale et crie au scandale, à l’injustice lui qui a tant fait pour la France, le bracelet électronique , les sectes, les sans-abri…. c’est toujours un déchirement de se séparer des meilleurs ….
Un après , Raymond Durand le suppléant de Fenech , élu député par de nouvelles élections ne veut pas laisser sa place !!!!
Georges Fenech est blessé dans son amour propre, « …Durand a rompu nos accords, c’est un scandale …»
Mr Fenech a la mémoire courte, se souvient-il de l’année 2001 où il fut parachuté par Jérôme Monod alors conseiller politique de Jacques Chirac, dans la 11ème circonscription du Rhône en lieu et place de Luc Thomas qui n’avait rien demandé alors qu’il s’apprêtait à faire campagne pour l’UMP.
Mr Fenech n’a pas eu d’état d’âme à le faire virer pour prendre sa place et uniquement en remerciement des services rendus au Gabon en Décembre 98 pour surveiller les élections de Mr Bongo et sûrement pour d’autres choses inavouables.
On ne va pas pleurer Mr Fenech qui représente tout ce qu’un homme politique ne doit pas être : intéressé, suffisant, méprisant, intriguant, malhonnête, arriviste …