S’il était réélu au Parlement européen le 7 juin, Jean-Marie Le Pen, en tant que doyen du Parlement, pourrait présider la séance inaugurale du 14 juillet comme l’indiquent les textes et comme le veut la coutume parlementaire, y compris en France. Pour certains, c’est absolument inadmissible. On ne peut pas laisser un homme d’extrême-droite comme président-doyen temporaire du Parlement européen. Et donc ils proposent de mettre en place des dispositifs tordus pour exclure Jean-Marie Le Pen de la présidence. La séance inaugurale devant avoir lieu le 14 juillet, le président du PPE Joseph Daul propose à Jean-Marie Le Pen de rester en France pour la fête nationale, pendant que par-derrière, on s’active pour modifier le règlement du Parlement.
Ce « cordon sanitaire » me laisse de marbre. Rappelons qu’en 1989 Claude Autant-Lara, cinéaste d’extrême-droite, avait déjà prononcé un discours inaugural en tant que doyen. Il en avait profité pour déblatérer un discours nauséabond sur la culture européenne. On avait alors réduit le temps de parole du président par interim pour l’empêcher de donner libre cours à son imagination. Le Pen, même facétieux, aura donc du mal à quitter le formalisme de sa mission. Reste ensuite le symbole de voir un homme d’extrême-droite à la tête du Parlement européen. Je renvoie tous ces bien-pensants à leurs chères études. Si Le Pen devient Président, c’est qu’il aura été élu : le principe du doyennat est certes une aubaine pour lui, mais en quoi cela importe-t-il ? Dès lors qu’il est élu, il est légitime. Si quelqu’un est à incriminer, ce seront les électeurs provençaux qui l’auront élu ! Mais en démocratie, qui serait assez fou pour faire la morale à des électeurs ? On préfère remettre en cause la légitimité des élus eux-mêmes.
Et que dire de l’inefficacité de la stratégie de diabolisation ? Le Pen se dit victime de « racisme francophobe ». Encore une fois, diaboliser le spectre du néo-fascisme contribue encore à souder son électorat pourtant en grande déperdition…
Bien dit.
Tout cela revient à dire « pas de liberté pour les ennemis de la liberté », et donc, leur donner des armes..
Le principe de la démocratie, c’est que la légitimité vient du vote, pas de la bienpensance…
Tout à fait d’accord avec toi. S’il doit être élu qu’il le soit, ce sera dommage mais « légitime ». Qu’il exprime ensuite ses idées que je ne partage pas tel que la loi lui permet, et à ses auditeurs d’exercer leur esprit critique à ce sujet.
On verra comment il utilise ce droit, ça n’en sera sans doute que plus constructif pour la démocratie.
Oh oh si faut le laisser parler il va nous ressortir son négationisme et comme ça il sera définitivement viré du Parlement européen !
Ok avec tout sauf « Claude Autant-Lara, cinéaste d’extrême-droite ».
Député d’extrême droite, certes, et bien pire encore, mais il ne faisait plus de cinéma depuis longtemps. Et je ne crois pas que ce qualificatif colle au « diable au corps » ou à « la traversée de Paris ».
très bien dit. C’est toujours bon de venir faire un petit par chez vous.