Le dilemme de la gauche radi

12 janvier 2009 | Histoire, La vie de la cité | Aucune réponse

Y aller ou pas ? Voilà le grand tourment de la gauche non socialiste depuis le berceau.

La gauche non-socialiste (comprenons par là : ce qui est à gauche du PS) est-elle doctrinairement une gauche de gouvernement ? Cas d’école qui a siphonné bien des cerveaux dans des sections locales du parti communiste depuis l’entre-deux-guerres, au moins.

Le parti communiste a toujours eu le cul entre deux chaises. Jusqu’à la coalition menée par Léon Blum pour les législatives de 1936, la tactique classe contre classe prévaut : Moscou refuse toute alliance avec les socialistes, considérés comme de vils bourgeois. La scission de 1920 au Congrès de Tours est encore trop fraîche, et le Cartel des Gauches, vaste coalition socialo-radicale pour les législatives de 1924 et de 19321, a eu tôt fait de susciter des hauts-le-cœur chez les communistes. Mais en 1936, Maurice Thorez opère un virage à 180 degrés : les législatives de 1932 ont été catastrophiques pour les communistes, en dépit de la victoire de la gauche : 8,32% des voix ! En 1928, lors de la victoire de la droite, ils avaient dépassé les 11%.

Les participations gouvernementales des communistes se comptent sur les doigts de la main, du Front Populaire à la Gauche plurielle. C’est sans doute ce qui les a tués. Après mai 68, l’émergence d’une gauche radicale crypto-trotskyste ou crypto-maoïste a encore plus fragilisé la position de la gauche radicale. Est apparu une critique en forme d’interrogation : siéger, c’est s’embourgeoiser.

La gauche radicale, née dans le sillage des organisations associatives anti-capitalistes et adeptes des opérations de com’ politique musclées, a toujours revendiqué sa répugnance à gouverner. Il ne faut pas se mêler avec ceux d’en haut, car les ors de la République embourgeoisent. La LCR, pour ne citer que la plus emblématique, s’est toujours plu à rester dans un rôle de roquet lucide, prompte à vociférer devant l’opinion publique pour la dessiller des propagandes gouvernementales fallacieuses. Une sorte de parler vrai, tant dans le fond que dans la forme, trituré pour plaire au prolo moyen.

Elle a joué sur la désaffection croissante des Français pour les consultations électorales, en offrant, tout autant que le FN, la possibilité de transformer le suffrage d’une voix en une protestation. Voter pour la gauche radicale, ce n’est pas voter pour un programme, mais pour signifier un mécontentement. Car l’on sait pertinemment que la gauche radicale n’a aucune chance d’arriver au pouvoir. D’ailleurs, voter gauche radicale c’est plus voter contre la gauche traditionnelle que contre la droite2. Le but affiché est de piquer un maximum de voix au parti majoritaire de sa tendance pour infléchir son discours et son programme. Mais c’est aussi, comme le disait habilement Coluche, un moyen de leur « foutre au cul », de s’aller jeter dans les bras vengeurs de ceux qui se disent comme nous pour rejeter d’un même revers gauche et droite, trop bonnet blanc et blanc bonnet.

Où trouver le point d’équilibre entre un nombre le plus grand possible de voix pour s’asseoir dans le paysage et un nombre cependant trop faible pour être élu ? Voilà tout le dilemme aujourd’hui d’Olivier Besancenot. Le facteur de Neuilly veut être le grand leader de la gauche alternative, depuis la disparition du parti communiste. Qui dit grand leader dit grand nombre d’adhérents et grand nombre d’électeurs. Cependant, qui dit grand nombre d’électeurs dit risque d’être élu. Le futur NPA ne peut pas, au prétexte de refuser le jeu gouvernemental, se retirer du jeu électoral, sous peine d’être totalement exclu du champ politique et médiatique. Mais Olivier Besancenot peut-il et doit-il être élu ? C’est tout le dilemme. Prendre le risque d’être un des leurs ? Pourquoi s’affoler de devenir député ? C’est pourtant comme cela qu’on fait passer ses convictions, non ?

Cette indécision, cette répugnance à vouloir gouverner la cité cependant qu’on ne se dispense pas de critiquer ceux qui mettent les mains dans le cambouis, dussent-ils le faire comme des branquignoles, ne tuera la gauche radicale que quand les Français qui leur servent d’électeurs cesseront d’être des veaux. Et comme disait encore Coluche : « Tant qu’ils trouveront des cons pour l’acheter voter pour eux »…

PS : Cela marche aussi pour le MoDem.

  1. Une législature durait alors quatre ans. []
  2. Et inversement pour l’extrême-droite. []
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Fiche

Nick Carraway

Miss Baker and I exchanged a short glance consciously devoid of meaning. I was about to speak when she sat up alertly and said “Sh!” in a warning voice. A subdued impassioned murmur was audible in the room beyond, and Miss Baker leaned forward unashamed, trying to hear. The murmur trembled on the verge of coherence, sank down, mounted excitedly, and then ceased altogether.

“This Mr. Gatsby you spoke of is my neighbor——” I said.

“Don’t talk. I want to hear what happens.”

“Is something happening?” I inquired innocently.

“You mean to say you don’t know?” said Miss Baker, honestly surprised. “I thought everybody knew.”

“I don’t.”

“Why——” she said hesitantly, “Tom’s got some woman in New York.”

“Got some woman?” I repeated blankly.

Miss Baker nodded.

“She might have the decency not to telephone him at dinner time. Don’t you think?”