Il est une certitude : Rachida Dati est bien une ministre coulée dans le moule Sarkozy.
Avez-vous vu comme Rachida Dati était radieuse hier à la sortie du Conseil des Ministres ? Trois jours après avoir accouché, la voilà qui était sortie de la clinique de la Muette, talons aux pieds, élégance Dior en bandoulière, prête à refouler les tapis molletonnés de la place Vendôme et les marches marbrées de l’Élysée.
Son accouchement s’est effectué comme les déplacements de Sarkozy : vite fait bien fait. Elle entre, elle pond, elle sort. Nul besoin de s’attarder. Comme elle aime à le dire : « la grossesse n’est pas une maladie ». On attendait peut-être de la ministre qu’elle s’astreigne aux seize semaines de relevailles que dure le congé maternité pour éduquer avec la verge magistrale sa fille, comme la ménagère de base, mais décidément la ministre ne fait rien comme tout le monde. L’activisme dépasse naturellement toutes les fonctions métaboliques et les joies de la vie : mastication, loisirs, grossesse, tout mis au pas du tourbillon du dynamisme politique.
C’est que Rachida ne veut pas lâcher le morceau. En délicatesse avec le Président au regard des dernières anicroches avec les professionnels de la magistrature, Rachida Dati a bien cru perdre les Sceaux. Comme une marque obséquieuse de sa fidélité à Nicolas Sarkozy, la voilà qui se met à marcher au pas de l’oie.
La communication a été minutieusement réglée. Mieux : elle a été minutieusement pompée. Pompée à Ségolène Royal, qui alors qu’elle était ministre et enceinte, s’était plu en 1992 à se faire habilement photographier à la maternité avec quelques dossiers à en-tête du Ministère de l’Environnement. De même Rachida Dati a-t-elle mêlé politique et obstétrique, assurent ses conseillers (source : Le Canard enchaîné). L’important est d’envoyer un signal autant à l’opinion qu’aux chefs.
Mais quel signal envoie-t-elle aux mères françaises ? Celle d’une working girl pour qui les joies de la maternité sont peu de choses à côté de l’épanouissement professionnel ? Quand on sait que les courants d’air Place Vendôme ont tout du chant du cygne, on peut s’en douter. Rachida Dati compte les jours qui lui restent au Ministère de la Justice comme elle comptait ceux qui la séparaient de la mise à bas. Celle qui a déjà repoussé son départ en congé pré-natal le plus tard possible annule tout bonnement son congé post-natal, faisant de ce bébé ministériel une tocade sans importance. Qu’importe Zohra, la nounou est là ! Les mères feignasses qui prennent leurs seize semaines payées aux frais de l’entreprise en seront pour leurs frais.
Si pour Rachida Dati la grossesse n’est pas une maladie, elle a tout d’un accident. C’est ce modèle qui a prévalu en Allemagne jusqu’à il y a peu. Jusqu’à ce qu’on se rende compte que la compression des rythmes de la vie d’une femme par le travail avait des conséquences désastreuses sur la natalité outre-Rhin. Depuis, les working girls bavaroises se sont transformées en breast-feeding girls (« allaitantes »).
je n’ai pas entendu de féministes françaises réclamer la même situation que les allemandes qui elles non plus n’ont guère le choix, mais dans l’autre sens.C’est à dire que si elles ne s’arrêtent pas pour s’occuper de leurs enfants elles sont mal considérées.
non, la quasi totalité de celles qui se sont exprimées veulent un système qui permette de concilier carrière et maternité.
[...] tape sur Sarkozy, ça m’amène parfois un nombre incroyable de visites. Quand je parle de la grossesse de Rachida Dati sur Facebook et Twitter, les gens se ruent plus que d’ordinaire sur mes liens. Quand je parle [...]