Rama Yade croyait mener sa barque ; elle a chaviré.
On a toujours l’impression que la politique se fait les doigts dans le nez quand on entre au gouvernement sans disposer d’aucun mandat électif qui permet de justifier le fait du prince par un peu de reconnaissance nationale. Grisé, on s’imagine que l’étiquette « Gouvernement » vous met dans un fauteuil pour gagner un mandat. Rachida Dati a été protégée dans le 7e arrondissement aux municipales, mais en faisant sévèrement baisser le rapport de voix dans un arrondissement acquis à la droite ! A Colombes, Rama Yade siège dans l’opposition…
Avec le départ de Jean-Pierre Jouyet du Secrétariat d’État aux Affaires Européennes, un poste très intéressant se profilait. Gérer l’UE, c’est quand même plus reluisant que les Droits de l’Homme, dont on entend parler uniquement la semaine des quatre jeudis ou quand un dictateur vient poser ses valises pleines de pétrodollars en France ! Pour s’exposer médiatiquement, les Affaires Européennes, c’est confortable.
Sauf que ce n’était pas aussi simple. Nicolas Sarkozy voulait qu’elle mène la liste en Ile-de-France, à la fois pour s’en débarrasser, mais aussi parce qu’elle conserve une popularité satisfaisante, en tout cas pas de nature à plomber la majorité en région parisienne ! Et c’est là où elle a fait une erreur. Craignant à tort ou à raison d’être écartée de la scène nationale et d’être remisée au placard de Bruxelles avant de se faire lourder en 2014 comme cela semble être le cas d’Alain Lamassoure, elle a plusieurs fois refusé de prendre la tête de liste, préférant lorgner sur un poste gouvernemental au prochain remaniement.
En devenant députée européenne, elle se dotait d’armes pourtant intéressantes pour postuler aux Affaires Européennes, si tant est que cela est son vrai projet. Las ! Nicolas Sarkozy lui a fait savoir que ça lui passerait sous le nez. Et maintenant, elle court le risque de se faire lourder de son Secrétariat d’État qui, disons-le, est décoratif plus qu’utile…
EDIT : D’ailleurs, ça sent le sapin pour elle.