Il le voulait, il l’a eu. L’obséquieux Patrick Devedjian, qui a fait des pieds et des mains pour entrer au gouvernement, n’hésitant pas tantôt à être plus sarkozyste que le Calife1, tantôt à (més)user d’un rapport mi-freudien mi-conflictuel avec Nicolas Sarkozy en se prenant le bec avec les Thénardier des Hauts-de-Seine, a enfin obtenu son maroquin.
Qu’il le savoure à hauteur de la consomption de son ardent désir. Pendant ce temps, rions.
Car le Président, jadis si soucieux de réduire drastiquement les portfeuilles ministériels, les distribue maintenant comme des mignardises. Après la multiplication des secrétariats d’État pour donner la becquée à toute la tripotée d’amis et de ralliés de circonstance, voici qu’il taille à même le ministre le costume adéquat. Patrick Devedjian sera, donc, ministre de la Relance. Autant dire ministre de rien du tout. Sa feuille de route empiète sur celle d’Eric Woerth et Christine Lagarde, puisqu’il est censé suivre le bon déroulement du plan de relance annoncé voici quelques jours.
Jadis, les rois distribuaient les charges pour s’assurer d’une clientèle : on appelait cela la vénalité des offices. Certains étaient prêts à payer pour être magistrat au Parlement. Et c’est ainsi que de grandes institutions, comme la Pairie, se sont vidées de leur contenu pour n’être plus que du bling-bling.
You got it, Pat’.
- « Je suis pour l’ouverture… jusqu’aux sarkozystes ! » [↩]