Ingrate Ingrid

18 novembre 2008 | La vie de la cité | 1 Réponse

On pouvait le pressentir à coup sûr. La mobilisation mondiale pour la libération d’Ingrid Betancourt l’avait constituée en icône mondiale du sort de tous les otages du monde. Quand elle n’était pas encore libérée, cela pesait lourdement sur sa libération, puisque sa valeur se multipliait de jour en jour et forçait la communauté internationale à déployer des moyens toujours croissants. A présent qu’elle est libre, l’adulation iconique l’a conduite à développer une mystique étrange.

Ingrid allait-elle rendre à ceux qui l’ont portée, soutenue, défendue sans la connaître, tout ce qu’elle leur doit ? Les collectifs anonymes déchantent, particulièrement en France. Le plus célèbre d’entre eux, Agir pour Ingrid Betancourt, avale difficilement la pilule aujourd’hui : Ingrid Betancourt se détourne totalement de lui. Depuis sa libération, hormis quelques apparitions publiques à Paris dans les premiers jours de juillet, aucune rencontre informelle ne semble avoir été organisée. Pire, selon des sources encore fragiles révélées par le JDD dans son édition du 16 novembre, elle aurait effectué des démarches pour que ces collectifs ne portent plus son nom !

Ingrid Betancourt semble justifier ceci par la volonté qui est la sienne de ne plus voir des collectifs la soutenir alors qu’elle est libre. Cela semble logique. A ceci près qu’Ingrid Betancourt, aujourd’hui, s’arrange pour construire un véritable marketing autour de son image. Comme on pouvait s’y attendre, un livre est en préparation, et ses contacts très rapprochés avec la grande édition française ne le rendent que plus évident.

Tenant des propos à la limite du délirium mystique — « Je vais où les pas de Dieu me mènent » — elle veut à présent entreprendre de parcourir le monde, à la façon de Sœur Emmanuelle, pour lever des fonds en faveur des otages retenus dans le monde au sein d’une fondation internationale. Celle qui a abandonné toute idée de carrière politique en Colombie veut maintenant être la représentante martyr et christique du sort des otages, et veut notamment se mobiliser en faveur de la libération de Gilad Shalit et d’Aung San Suu Kyi. Dût cette mission passer par l’abandon de la piétaille anonyme qui s’est mobilisée par émotion pour elle.

Le symbole le plus frappant de cette ingratitude est la brouille entre Ingrid Betancourt et Clara Rojas, sa compagne de détention. Lors du Women’s Forum Global Meeting organisé à Deauville par son amie Aude de Thuin, Ingrid Betancourt, vedette du forum, aurait snobé ni plus ni moins son ancienne codétenue. Celle-ci aurait couru après Ingrid à la sortie du Forum avant de se faire retenir par la sécurité comme une vulgaire fan qui poursuit son idole !

Six ans de détention ont semble-t-il laissé des séquelles psychiques. Celle qui veut montrer qu’elle a repris une vie normale cherche en fait à capitaliser au maximum son expérience. Même si cela doit passer par la plus élémentaire des morales : dire merci.

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§ One Response to “Ingrate Ingrid”

  • Pepito dit :

    J’ai l’impression que vous êtes en train de faire à Ingrid Betancourt un faux procès basé sur quelques bribes d’informations sans importance peu connues du public. Par contre, combien de fois n’a-t-on pas vu Ingrid Betancourt remercier publiquement tous ceux qui l’ont soutenue ?

    Vous dites que les collectifs déchantent en France. Drôles de collectifs qui, une fois la libération d’Ingrid obtenue, veulent continuer à occuper le milieu de la scène. La libération ne leur suffit pas, il faut qu’elle leur rende « tout ce qu’elle leur doit ». Faisons une liste exhaustive, chiffrée, sil vous plaît !

    Je trouve d’une mesquinerie sans égal votre phrase « (elle) s’arrange pour construire un véritable marketing autour de son image ». On ne sait pas trop ce que vous lui reprochez. Comme si elle était en train d’abuser ou profiter indûment d’une situation aux dépens de quelqu’un ou de quelque chose.

    Puis vous dites: « Comme on pouvait s’y attendre, un livre est en préparation, et ses contacts très rapprochés avec la grande édition française ne le rendent que plus évident » So what. Elle n’a pas le droit d’écrire un livre ? D’avoir des contacts dans les maisons d’édition ? Pour une femme universitaire, qui aime communiquer, qui a du caractère, qui a passé 6 ans dans la jungle emprisonnée par les FARC, elle devrait demander la permission pour écrire un livre ? Vous êtes sérieux ?

    Ingrid Betancourt parle effectivement beaucoup de sa foi. Vous allez me dire que c’est sa façon d’en parler qui vous dérange. Peut-être vous croyez même qu’elle n’est pas sincère.

    Vos savez, en Amérique latine, les gens qui croient de manière très forte en Dieu et en la Vierge Marie s’expriment exactement comme le fait actuellement Ingrid. Mais quand vous entendez les mêmes phrases dans un français sans accent, ça choque les bobos laïques et républicains. Mais ça c’est leur problème, pas celui d’Ingrid.

    C’est vrai que venant d’une femme considérée, à tort ou à raison, comme membre de l’élite blanche sud-américaine ça fait un peu peuple inculte de dire que c’est avant tout grâce à Dieu qu’elle est libre.

    Ingrid a vécu 6 ans dans la jungle avec des gens du peuple. Loin du monde de la consommation et des apparences. Après une telle expérience, elle ne peux que juger les situations et les gens à leur juste valeur. Je crois qu’elle c’est vraiment rapprochée du peuple colombien maintenant et je suis sûr qu’elle s’en fiche pas mal de ce que pensent les bobos parisiens de son soit disant « délirium mystique ».

    Je ne vois pas non plus le rapport entre une ingratitude envers les collectifs de soutien français ou qui d’autre et la brouille avec Clara Rojas. Cette brouille date d’avant leur libération. Je ne connais pas les raisons, mais Clara Rojas semble aujourd’hui courir derrière Ingrid pour retrouver une amitié qui n’est plus réciproque. Je ne vois pas quel avantage (vous utilisez le terme capitaliser) Ingrid pourrait en tirer en « snobant » Clara Rojas. C’est beaucoup plus profond que ça.

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Fiche

Nick Carraway

Miss Baker and I exchanged a short glance consciously devoid of meaning. I was about to speak when she sat up alertly and said “Sh!” in a warning voice. A subdued impassioned murmur was audible in the room beyond, and Miss Baker leaned forward unashamed, trying to hear. The murmur trembled on the verge of coherence, sank down, mounted excitedly, and then ceased altogether.

“This Mr. Gatsby you spoke of is my neighbor——” I said.

“Don’t talk. I want to hear what happens.”

“Is something happening?” I inquired innocently.

“You mean to say you don’t know?” said Miss Baker, honestly surprised. “I thought everybody knew.”

“I don’t.”

“Why——” she said hesitantly, “Tom’s got some woman in New York.”

“Got some woman?” I repeated blankly.

Miss Baker nodded.

“She might have the decency not to telephone him at dinner time. Don’t you think?”