Siffler n’est pas jouer

15 octobre 2008 | La vie de la cité, Société | 11 Réponses

Hier, on a sifflé. On se doutait que ça sifflerait : pour cause, non seulement Raymond le Terrible était encore assis au banc des accusés entraîneurs, non seulement on avait payé des milles et des cents pour voir jouer une indigente équipe de France, homme malade du football européen comme on le disait jadis de l’Empire ottoman au temps où Voltaire aurait difficilement cadré une reprise de volée en pleine lucarne avec ses souliers vernis à talons, mais en plus, une chanteuse-alibi a braillé une Marseillaise a cappella sous un déluge de sifflets. Passons sur l’analyse proprement musicale : à dire vrai, bruit et sifflets faisaient un tintamarre assez plaisant à l’oreille.

Alors oui, on a sifflé la Marseillaise. Après France-Algérie en octobre 2001, et France-Maroc en novembre dernier, ce France-Tunisie a complété le tiercé des rencontres entre la France et les pays du Maghreb. Trois matchs, trois Marseillaises, trois concerts de huées : si ce réalisme mathématique pouvait habiter les pieds carrés des Henry, Benzema et autre Nicolas Anelka, quel bonheur cela serait.

Aujourd’hui, les hommes politiques abondent en déclarations. Après le déluge des sifflets, le déluge des indignations. Revue de détail.

To play or not to play

Selon Yves Thréard, la FFF n’aurait jamais dû organiser cette rencontre. Il semble que cela soit l’avis du président, qui a décidé de remonter les bretelles au président de la FFF. Qu’en penser ? Il faut d’abord prendre en compte que si la France a organisé un match amical, c’est qu’elle était exempte de match officiel pour cause de calendrier dans son groupe : avec un nombre impair de nations représentées, il ne faut pas être grand clerc pour se rendre compte qu’une équipe est laissée sur le carreau. Le format des convocations nationales lors des phases de qualification aux grandes compétitions (Coupe du Monde et Coupes continentales) étant depuis plusieurs années fixé à deux matchs en une semaine tous les mois, les équipes nationales ne doivent pas perdre le rythme. Il fallait que l’équipe de France organise un match amical, à la fois pour continuer de jouer et pour se rassurer sur son niveau de jeu. Et peu sont les équipes nationales à ne pas jouer un match officiel ce mercredi. La FFF devait-elle choisir de jouer contre le Népal pour écarter tout risque ? Naturellement qu’il y a une dimension politique dans le choix de ce match : mais on rappellera aussi que la Tunisie a été championne d’Afrique en 2005, qu’elle a fait bonne figure au dernier mondial, et qu’organiser ce match était tout sauf une petite rencontre de réconciliation comme a pu l’être le France-Algérie de 2001.

La cour de récréation

Pressés de réagir à ce fait divers, François Fillon, Roselyne Bachelot, et dans leur sillage tout plein d’hommes politiques, des rouges bien vif, des roses, des bleu ciel, ont abondé dans un délire de propositions. Fillon et Bachelot proposent d’arrêter les matchs quand la Marseillaise est sifflée. C’est une aberration. Les règlements du football mondial stipulent que seul l’arbitre peut arrêter une rencontre. Et l’arbitre est tout sauf un servile sbire du gouvernement français. Sarko Tout Puissant compte-t-il fracasser les règles de la FIFA pour qu’elles soient conformes aux désirs du gouvernements français ?

Si l’on doit sortir 80 000 spectateurs d’un stade, c’est autant de personnes à rembourser. Le service contentieux du Stade de France va être inondé de messages injurieux, voire explosera en vol pour cause de surchauffe. A moins qu’on défalque le montant du billet sur la fiche d’imposition ?

Et puis, soyons sérieux : comment évacuer 80 000 personnes d’un stade sous prétexte que des illuminés (tiens, d’ailleurs, personne n’a proposé de méthode pour quantifier le degré d’insupportabilité des sifflets) sifflent en toute impunité ? N’est-ce pas prendre le risque de déplacer les tensions à l’extérieur du stade, entre supporters à la petite semaine bien égoïstes et calmes spectateurs pressés d’en découdre avec ceux qui leur ont gâché le plaisir ? J’imagine que si on pose la question au gouvernement, ils répondront par un surplus de présence policière dans « certains » matchs à risque.

« Certains », c’est un peu la méthode qu’utilisent d’autres. Jean-François Copé propose d’exclure de stade ceux qui siffleraient. Alors oui, allons-y gaiement, un peu comme sur les étals du marché où l’on plonge ses doigts dans le sac de noisettes pour choisir les meilleures. Allons-y, tripatouillons, cherchons l’isolé dans la botte de congénères. C’est tellement simple à dire, et puis au moins, il montre que même en chaussures de cuir, il peut botter en touche, lui ! Claude Bartolone propose le même principe : si certains publics (donc pays) ne savent « pas se tenir », on ne jouera pas les hymnes devant eux ! Bravo. Jolie diplomatie. Vous imaginez, vous, Kouchner au téléphone ? « Euh… comment dire… si, bien sûr que vos ressortissants sont civilisés et bien élevés… euh… mais comment dire… euh… y’a un petit… euh… risque… quand même… enfin, peut-être, je sais pas… je crois. »

Bernard Laporte a proposé la plus belle ânerie : ne plus jouer au Stade de France contre les pays du Maghreb. L’équation est simple : Île de France = Banlieues = Forte concentration maghrébine = Problème. Il n’y a pas à dire, ça décoiffe !

Au final, MAM, bien embêtée avec ce fameux article 433-5-1 du Code Pénal voté à la suite du match France-Algérie, tente de se dépatouiller comme elle peut en exigeant une enquête, caméras à l’appui pour debusquer les siffleurs. Attention danger ! Il n’y a qu’à espérer pour les siffleurs en question qu’ils savaient siffler sans porter leurs doigts à la bouche, sinon, gare à eux ! ils ne pourront pas plaider des mouvements musculaires de la bouche assimilables de loin à des sifflets.

Une atteinte à la Nation ?

Quittons un peu le tumulte d’une classe politique qui est incapable de réagir autrement qu’à chaud, en proposant immédiatement une mesure choc destinée à faire redescendre la pression, mesure qui est naturellement, puisque irréfléchie, incohérente, inapplicable et bouffonne. Le gouvernement croit qu’en cessant la manifestation d’un mécontentement par les sifflets, on écartera le problème. Pour sûr, il deviendra presque invisible. C’est ce qui compte : tant qu’on ne parle pas des problèmes, c’est qu’ils n’existent pas. Et puis, avec la crise financière, c’est tendance de montrer que l’Etat a réponse à tout.

Interrogeons-nous sur les raisons qui ont motivé ces supporters à siffler. Certains s’en offusquent, main sur le cœur, ardents patriotes, toujours rapides à dresser le procès de l’antipatriotisme. Considérons la notion d’appartenance à un groupe social en termes purement sociologiques. Dans le cadre d’un multiculturalisme, ou en tout cas d’une influence multipolaire, les cases nationales auxquelles vous appartenez sont dynamiques. Concentriques, adjacentes, gigognes, elles bougent, en interaction avec d’autres cases1. Prenons l’exemple d’un Basque de Bilbao. Le basque de Bilbao partage trois identités : il est basque, basque espagnol, basque de Biscaye. Face à un non-basque, le Basque de Bilbao se sentira basque, et il partagera ce sentiment d’appartenance à l’identité basque — que Roland Barthes aurait appelé la « basquité » — avec un basque du Labourd. Un basque de Bilbao, face à un basque de Bayonne, sentira déjà une frontière. Le pays basque, unifié lorsqu’il est en contact d’un non-basque, se divise alors en deux. Plus loin encore, un basque de Bilbao qui rencontrera un basque de Pampelune, en Navarre, sentira lui aussi une différence, eu égard à l’histoire du Pays basque. Le pays basque espagnol se divise lui aussi. De sorte que la notion de sentiment d’appartenance est évidemment relative et dynamique, et ne peut en aucun cas s’apprécier « sous l’espèce de l’éternité », comme disait Spinoza.

Ce qui s’est passé hier procède de la même logique. Non, en dépit de ce que les contempteurs désolés peuvent pleurer, la France black-blanc-beur si vantée comme paravent politique lors de la victoire au mondial 1998 n’est pas perdue. Lors des grands rassemblements devant d’autres nations mondiales, où les équipes nationales des anciennes colonies françaises sont rarement conviées ou, en tout cas, ont peu de chances d’être performantes, la notion de Nation française prend de l’ampleur. Lors d’un match amical, où l’on vous propose, pour un soir, de faire allégeance entre la France et le pays de vos parents, vous êtes confronté à ce tiraillement que la concentricité des groupes sociaux vous met devant les yeux. Qui n’a jamais expérimenté cela, même à une échelle plus réduite ? Ceux qui ont grandi dans une ville, ont supporté un club, et puis ont déménagé, s’attachant profondément à un autre, comment vivent-ils une confrontation entre les deux ? Les plus mitigés souhaiteront le match nul, les autres souhaiteront par exemple que l’équipe qui est le plus mal en point l’emporte, d’autres encore souhaiteront que l’équipe qui a le plus besoin de l’emporter l’emporte, etc.

Il y a certes une différence entre faire allégeance à la Tunisie et siffler la Marseillaise. Je poserai la question suivante : est-ce la Nation française qui a été sifflée hier ? Cette Nation derrière laquelle les Français se sont regroupés en 2006 pour la Coupe du Monde, ou en 2007 pour la Coupe du Monde de rugby serait-elle en 2008 si honnie ? Je proposerai une autre analyse.

Premièrement, les sifflets d’hier empruntent beaucoup au phénomène de suivisme. La France a eu le malheur de commencer sa série de rencontres contre les pays du Maghreb en 2001 par un match contre l’Algérie. Plusieurs facteurs se sont conjugués pour une rencontre explosive. On était aux tout premiers jours de l’après-11 septembre, où les peurs mondiales conduisaient un peu trop rapidement à envisager la communauté musulmane sous un bloc monolithique. Par ailleurs, parmi les trois pays du Maghreb, l’Algérie est celle qui a eu le passé le plus douloureux avec la France. Pays du Maghreb le plus français des trois2, c’est aussi celui qui a obtenu son indépendance de la manière la plus douloureuse. Cette blessure en 2001 n’était pas refermée. L’histoire n’avait pas encore remplacé la mémoire. Il y a fort à parier que ce précédent a ravivé dans la communauté arabe ces rapports douloureux, et la question du voile en 2003, et de la non-repentance en 2005, n’ont pas aidé à réconcilier l’Etat français avec ceux dont les parents étaient originaires des anciennes colonies d’Afrique du Nord.

Ensuite, qui de la Nation ou de la République était sifflée hier ? Plus que la Nation, je dirais que c’est la République qu’on a sifflée hier. On a tendance à interchanger les deux termes, qui ne sont pas synonymes. La République ressort essentiellement des hommes qui la font, et qui en sont dépositaires. Si l’on considère que la Nation a été sifflée hier, c’est dire dès lors que le nationalisme3 français était contesté hier par une autre nation, la Tunisie. Nous ne sommes pas dans cette configuration là. Les Tunisiens, Marocains, Algériens qui vivent et/ou sont nés sur le sol français ne vivent pas l’identité française par procuration. Ils ne cherchent pas à s’agréger sur un territoire pour faire sécession. Le spectre taliban n’est pas fondé. A l’inverse, ce qu’ils conspuent, c’est la République française, et à travers elle, les hommes politiques qui la définissent. Ce qu’ils ont houspillé hier, ce sont les politiques dont ils ont l’impression qu’elle les stigmatisent, le peu de considération qu’ils ressentent, le désagréable sentiment d’être résumés sous des espèces grossières, et in fine, ils font le procès d’une République qui a promis monts et merveilles et pédale dans la semoule pour être à la hauteur de ses promesses.

C’est là-dessus que les hommes politiques doivent agir, au lieu d’agiter le hochet d’une répression qui produit les effets contraires de ce qu’elle envisage. Parce qu’ils ne veulent pas voir les réalités en face, les hommes politiques se discréditent et décrédibilisent l’image de la République française. Carton rouge.

  1. J’emprunte le développement qui suit à l’analyse interactionnelle de l’antropologue norvégien Fredrik Barth, Ethnic Groups and Boundaries. The Social Organization of Culture Difference, Oslo, Universitetsforlaget, 1969 []
  2. On rappellera que l’Algérie était un département français, non une colonie, et qu’elle relevait du Ministère de l’Intérieur. []
  3. Au sens de « fait d’adhérer à une nation ». []
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§ 11 Responses to “Siffler n’est pas jouer”

  • KPM dit :

    Très bon billet, qui gagne à être lu !

    Il y manque peut-être un aspect de la chose : l’aspect ludique. Il me semble que la plupart des siffleurs hier ont surtout sifflé pour chambrer, peut-être avec un aspect un peu provocateur mais sans doute pas contestataire et encore moins haineux.

    Ça n’excuse pas le comportement pour autant, mais c’est plus bête que méchant. En 2001 c’était différent, il y avait vraiment un malaise. Pas hier…

  • Nick Carraway dit :

    On peut évidemment se demander s’ils sont sifflé aussi Domenech. Mais quand Ben Arfa a été sifflé, on voit bien que tout tournait autour de la nation française et tunisienne.

  • JDW dit :

    Intéressant, Nick. Merci pour ce billet.

  • dedalus dit :

    Clarté et finesse de l’analyse, qui fait du bien quand tous se précipitent pour dénoncer, condamner, réprimer, verrouiller, interdire, sans vouloir même faire mine de s’interroger.

    J’ai tenté chez moi d’avancer que siffler la Marseillaise n’était pas insulter la France…

    http://www.avoodware.com/blog/files/marseillaise-sifflets.html

  • le chafouin dit :

    Très bon billet, même si je ne suis partage pas ton optimisme. Tu oublies que même ben arfa a été conspué tout le match, à savoir le traître, le transfuge qui a osé « abandonner » la mère patrie (qui n’était d’ailleur spa la sienne puisqu’il est né français) pour jouer sous le maillot bleu. Pour moi, cet élément situe nettement l’événement d’hier sur l’angle de la nationalité et pas de la République.

    Mais je dois avouer que ton histoire de basque n’est pas idiote, quoique ‘un peu hors sujet en l’occurrence. Tu oublies que les différences entre un Français d’origine maghrébine et un Français d’origine plus ancienne n’est pas du totu la mêem qu’avec un Français d’origine italienne ou polonaise par exmeple : il y a une différence majeure qui est la religion. je crois que contrairemetn à ce qu’on pense, c’est une différence majeure dans l’intégration. car la Tunisie et le Maroc, comme tu el rappelle sjustement, n’a pas été colonisée au même titre que l’Algérie.

    Le suivisme, j’y crois un peu, sauf que les sifflets ne font que confirmer, que servir de révélateur d’un sentiment qu’on constate tous le sjours, malheureusement…

  • Sandra dit :

    C’est exactement ce que je disais ce midi !
    Je comparais ça aux matches qu’on faisait au collège, genre les filles contre les garçons ou telle équipe contre une autre. Et là on essaie de déstabiliser l’autre équipe, on la hue, etc… on est à fond pour son équipe en étant contre l’autre.
    Ben il me semble que c’est ce qui s’est passé hier. C’est puéril, c’est sûr, mais pas méchant !
    Il faut arrêter de mettre les gens dans des cases et leur attribuer des intentions qu’ils n’ont pas.
    Je n’approuve pas ce qui c’est passé, mais faut arrêter de dramatiser quoi…

  • Sandra dit :

    je rajouterai une petite chose concernant Ben Arfa.
    Moi aussi française avec des origines tunisiennes, et ça confirme l’exemple du basque, je soutenais la tunisie.
    En plaisantant (avec un fond de vérité pas méchante) j’ai dit « oh le traître », mais ça ne va pas plus loin…!
    Je reste persuadée que y’a rien de sérieux là dessous, en tout cas pour la majorité (ya des idiots partout… mais ne généralisons pas…)

  • Nick Carraway dit :

    @Chafouin : Les tensions entre la troisième vague d’immigration (les Maghrébins) et la République française ne sont pas nécessairement issues de problème religieux. Comme tu le rappelles si justement, et comme je l’ai sciemment omis dans ce billet car hors sujet, les Italiens des années 30 et les Polonais des années 50 (1ere et 2e vague) se sont beaucoup mieux intégrés. Pourquoi ? Est-ce parce qu’ils sont culturellement plus proches ? Les Polonais font quand même partie d’une aire culturelle autant différente de celle française que les Maghrébins. Je pense que l’action de l’Etat, mais également le motif de l’immigration a joué pour beaucoup. La 3e vague de l’immigration est une vague issue d’un passé colonial, et à ce titre, n’a peut-être pas toujours été bien prise en compte par l’Etat français. A ce sujet, Paul-André Rosental, démographe et historien talentueux, a publié il y a quelques mois un livre (en tout cas j’ai assisté à une séance de séminaire où il communiquait sur la politique migratoire de la France des années 30) à ce sujet.

    Mon analyse interactionnelle des groupes sociaux visait moins à décrire cela qu’à dire que ce n’est pas parce que ces supporters, en majorité français, ont sifflé Ben Arfa et la Marseillaise, qu’ils ne se sentent pas français pour autant. Ceux-là soutiendront à fond l’équipe de France pour la Coupe du Monde 2010… si elle se qualifie.

  • [...] réponses que de variété d’hommes, et un petit coup d’œil jeté dans la blagosphère devrait le prouver. En attendant, ce n’est pas mon ton persiffleur (perd siffleur ?) qui égarera les [...]

  • C’est un évènement insignifiant, en revanche ce qu’en font nos gouvernants est beaucoup plus dangereux

  • [...] avait affublé Christine Boutin, elle a récidivé, interrogée sur ce qu’elle pensait des sifflets contre la Marseillaise. Citation : « Il faut donner un gros coup de Destop. [...]

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Fiche

Nick Carraway

Miss Baker and I exchanged a short glance consciously devoid of meaning. I was about to speak when she sat up alertly and said “Sh!” in a warning voice. A subdued impassioned murmur was audible in the room beyond, and Miss Baker leaned forward unashamed, trying to hear. The murmur trembled on the verge of coherence, sank down, mounted excitedly, and then ceased altogether.

“This Mr. Gatsby you spoke of is my neighbor——” I said.

“Don’t talk. I want to hear what happens.”

“Is something happening?” I inquired innocently.

“You mean to say you don’t know?” said Miss Baker, honestly surprised. “I thought everybody knew.”

“I don’t.”

“Why——” she said hesitantly, “Tom’s got some woman in New York.”

“Got some woman?” I repeated blankly.

Miss Baker nodded.

“She might have the decency not to telephone him at dinner time. Don’t you think?”