Que fait-on ? On picole ? On n’a pas le droit ? Il y a des conditions ? Des variables dans le choix ?
Étrange télescopage d’annonces et de mesures ces derniers mois au sujet de l’alcool et des risques liés à la consommation de certaines boissons. Il y a deux semaines, un projet de loi visant à clarifier la législation relative à la publicité sur les boissons alcoolisées a été déposé par le député UMP Alain Suguenot, précédé deux semaines plus tôt par un autre projet de loi de Thierry Mariani visant à favoriser l’information sur le vin et les boissons alcoolisées. Le même jour, le même Alain Suguenot déposait un autre projet de loi visant à autoriser la publicité des vins et des boissons alcoolisées sur Internet. Dans le même temps, Roselyne Bachelot veut purement et simplement interdire la vente d’alcool aux mineurs, soutenue d’ailleurs sur ce point par certains experts, addictologues et autres effrayés du goulot.
Dernier lapin sorti du chapeau : le rapport de la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie concluant à la nécessité de supprimer les happy hours et autres open bars. Ce qui est en cause, c’est la promotion de l’alcool, principalement la promotion financière, accusée de subvertir les esprits. Votre bourse dit non, mais l’happy hour vous rassure : c’est elle qui régale ! Et donc, vous buvez beaucoup plus, puisque c’est gratuit. Logique, non ?
Les Français boivent moins, pourtant. Moins de cirrhoses, moins d’alcool au volant, le nombre de litrons engloutis par Français et par an ne cesse de diminuer. Tout cela est sans commune mesure avec la situation en 1954. Quand Pierre Mendès France accède à la présidence du Conseil, il souhaite réduire la consommation d’alcool des Français et faire basculer la production de betterave vers la production sucrière. Voulant aller vite et sans risque de défiance parlementaire, il veut légiférer par décret, et commence par un symbole fort : se faire servir un verre de lait lors d’un banquet devant cinq cent journalistes de la presse internationale. C’est qu’il faut les sauver de la mort et du delirium tremens, ces 17 000 Français qui chaque année, sombrent, à cause des ravages de l’alcool, dans le caveau ou la folie. Il faut les mettre au régime lacté.
On s’inquiète du binge drinking, mais on autorise la commercialisation du Red Bull dans sa composition originale (taurine inside). Officiellement, on se serait résolu au relativisme scientifique, puisqu’il n’est pas certain que la taurine soit nocive. Et donc, puisque une incertitude demeure, on adopte le principe de précaution : on commercialise…
Et pas un mot sur les lobbies. Pourtant, depuis Pierre Mendès France et ses anicroches avec les bouilleurs de cru, on sait qu’ils sont puissants. Surtout quand ils sont proche de mouvements politiques, comme dans les années 50 avec Poujade. Alors, la suppression des open bars, je n’y crois pas : combien de nos hommes politiques sont passés par HEC, combien de nos futurs auront fréquenté les bancs des écoles de commerce, ou l’open bar est une religion ? Autant demander à Darcos de partir en croisade contre l’agrégation. Non, les hommes politiques ont la reconnaissance du bide à bière ventre.
Il faudra un jour résoudre le paradoxe actuel : « Français, achetez plus de vins et de liqueurs ; mais buvez-en moins ! »
Je veux bien la suppression de l’open bar si Darcos part en croisade contre l’agrégation. (Sourire).
Je me demande, mais parce que je ne le sais pas, si les boissons alcoolisées sont monopole de l’État. Dans ce cas, il est probable qu’il s’agit d’une tactique pour taxer sans devoir déclarer un augmentation de taxes. C’est un peu comme pour l’augmentation du prix des cigarettes…
Attention, une happy hour, c’est pas forcément les boissons gratuites, mais la boisson à moitié prix ou la deuxième offerte.
Quand la pinte à Paris est à 9 euros et que j’entends qu’ils veulent supprimer les happy hour, je me demande si ils devraient pas directement nous interdire la bière…
[...] au mois de mai, le mammouth avait glissé un orteil dans le débat public : la suppression des happy hours. Fidèle à la doctrine sarkozyste : il vaut mieux commencer un débat public par une bonne grosse [...]
[...] notre jeunesse à l’intérieur de grandes apocalypses. Nos jeunes seraient donc très portés sur la boisson, à tel point qu’il faut légiférer en urgence à ce sujet. Nos jeunes seraient aussi très [...]