Après avoir pris connaissance de ma spectaculaire remontée au classement Wikio, je suis tout moite de sueur joviale. Joie de connaître cette gloire fulgurante, d’intégrer le Gotha de la blogosphère. Voilà, enfin je marche dans les traces des plus grands.
A moi les démarcheurs publicitaires qui s’arracheront l’audience de mon blog contre espèces sonnantes et trébuchantes pourvu que j’accepte d’arborer leur flyers cybernétiques. A moi les accréditations en tant que webjournaliste dans les réunions-débats, assises, congrès, Universités d’été, avec les attachées de presse qui me claquent la bise et le champagne offert. Oui, je me sens marcher sur les traces de Loïc Le Meur. A moi San Francisco. A moi Bali. A moi Calcutta. A moi les hôtels de Tokyo. A moi le monde.
Enfin, je deviens un blogueur influent. Mes lecteurs se convainquent de mes analyses éclairées. Mon érudition réjouit. Mon verbe si habilement manié ravit les yeux et danse sur l’écran. Je suis devenu le Baudelaire de la blogosphère, ayant su manier l’art de la prose à la qualité des sujets et des traitements. Bientôt, je sens se presser l’Express qui, alléché par mon ranking, va me proposer son service de scoops pour blogueurs. Le Monde, Libé, Marianne, vont me relayer, et alimenter encore plus ma spirale audimétrique. Le cercle vertueux.
Je vais tutoyer les cimes du ranking Wikio ou de Google. Je vais être une usine à buzz. Je me targuerai de plafonner au sommet des top lists, d’être visité par les firewalls et autres bots de l’Elysée, que Nicolas Princen m’ait dans son viseur. Oui, non seulement je suis un blogueur influent, maintenant, mais je vais être un blogueur subversif !
Je vais créer un collectif de blogueurs, tout aussi influents que moi, tout aussi subversifs que moi, et on se spammera d’auto-trackbacks pour se faire grimper artificiellement dans les classements. Je vais entretenir comme certains un aréopage de fans en délire prompts à me soutenir en cas de contradiction de ma docte et sainte parole et pour qui je serais le Messie. J’aurai mes trolls attitrés, toujours jaloux de mon éloquence, qui trouveront toujours que mes articles sont inintéressants et malhonnêtes. La rançon de la gloire.
Alors, je fais le pari. Au vu de cette prodigieuse ascension vers les sommets, moi je dis : dans deux mois, je saute Embruns. Et je deviens premier. Je prends à témoin Luc Mandret à qui je dois une huître en cas d’échec. Rendez-vous début juillet.
Hop un com d’un influent.
Pfoufff même pas certain… mais toi t’as l’air parisien :-)
Mais tu sais… y a aussi des blogueurs qui blogue pour bloguer.
C’est fou comme on oublie instantanément ce qui en nous permet le succès dès que l’ont croit le succès atteint et permanent.
J’aime ce billet.
Bon, alors tu n’as plus qu’à nous rejoindre à l’université d’été ;-)
Saute, saute, avec ou sans B !
[...] à Luc Mandret. Juillet est là, et avec lui, le classement Wikio. Non, je ne suis pas parvenu à sauter Embruns. Dans mon malheur, j’ai de la chance : certains s’inquiètent de leur trop grand [...]
[...] à Luc Mandret. Juillet est là, et avec lui, le classement Wikio. Non, je ne suis pas parvenu à sauter Embruns. Dans mon malheur, j’ai de la chance : certains s’inquiètent de leur trop grand [...]
[...] dernier où, tout hardi de mon classement dans le Wikio ancien régime, je me prenais des rêves de grandeur… et de profondeur auprès d’anciennes gloires du classement qui en sont désormais [...]