Je l’avais déjà pressenti en novembre (billet du 18 novembre : « Le Pape et le bigot »), j’en ai la confirmation maintenant : le MoDem est une secte, pas un parti. Je m’étais toujours dit que je n’adhèrerais jamais à un parti qui soit une secte, parce que je conserve fermement sur moi mon libre-arbitre et mon esprit critique. Mais devant tous les idolâtres de Bayrou et les fondamentalistes d’un ninisme vide de sens et d’idée, je me pose de très sérieuses questions : le MoDem est-il autre chose qu’un courant de suivisme bayrouiste ?
Je me désolidarise de jour en jour de la démarche du MoDem. Voilà bien longtemps que j’ai compris que le parti du 21e siècle, ce n’était pas pour demain, que le MoDem ne mettra jamais en concordance ses discours et ses actes tant que les brontosaures verrouilleront le parti. A force d’avaler couleuvre sur couleuvre, l’indigestion me guettait, et elle est arrivée.
A repousser continuellement la remise en cause après chaque élection ou chaque temps fort du parti, nous n’arriverons à rien : il a fallu attendre Seignosse pour qu’on construise le parti ; puis le congrès fondateur ; puis les élections au Conseil National ; puis les municipales… Reculer pour mieux sauter, ça ne marche pas. Rien n’avance quand on se repose sur le temps.
Réduit à un comité de cirage de pompes du Politburo, à l’expression minimaliste de la voix de son chef, qui bégaie de plus en plus à ressasser péremptoirement la fin du clivage gauche-droite, quand cela ne sert qu’à cacher une ambition iznogoudienne pour, ensuite, retrouver un nouveau clivage, et présentant pour tout projet de société à soumettre aux Français un succédané de son programme présidentiel en n’omettant jamais de dire « J’aurais fait mieux, puisque j’aurais fait comme ça », le MoDem se vide de jour en jour.
65 000 adhérents ? Je me gausse. L’appel à renouveler les adhésions pour 2008 n’a toujours pas été lancé, et à partir d’avril, le compte des adhérents sera plus clair puisque on arrivera dans le cycle des renouvellements d’adhésions, pour quitter celui, chimérique, des adhésions massives de tous ces papillons attirés par la lumière de Saint-François de Pau. Si le MoDem atteint les 30 000, il pourra s’estimer heureux.
La vie militante ? Réduite elle aussi à un simple pouvoir de nuisance, ou à des débats stériles. Les Jeunes Démocrates n’ont rien à envier aux Jeunes Pop ou aux MJS : un conservatoire de bébés requins (enfin, bébés, le bureau provisoire a en moyenne 30 ans…) suiveurs, déterminés à maintenir une structure jeune pour apprentis politiciens. Une impasse. En contradiction avec les valeurs que portent le centre.
Pour quitter un peu le discours d’initiés, je dirais simplement qu’il y a un décalage énorme entre les paroles et les actes. Prompts à distribuer les mauvais points et à faire la morale de l’instituteur revêche, Bayrou et Sarnez oublient de faire le ménage à l’intérieur du parti. Comble du foutage de gueule ? Une proposition annoncée la semaine dernière en interne de nommer sur Paris des « porte-paroles » sur les grandes commissions du programme (pour coordonner les idées, mais qu’on ne s’y trompe pas : c’est pour caser tous les petits copains), et celle de nommer des structures fédérales temporaires en attendant d’hypothétiques élections, initialement prévues, pourtant, au mois d’avril ou de juin.
Culte du chef, critique systématique et non constructive, verrouillage interne… Le centre, qui craint de devenir les nouveaux Verts (c’est à dire un parti croupion) en s’alliant avec le PS, est en train de suivre une autre trajectoire, mi Komintern stalinien, mi Front National. Vive le renouveau.
En ce qui concerne la stratégie du centre, qu’en penser ? On persiste à avoir la pire attitude qui soit en politique : être persuadé que les Français ont compris un message perçu comme clair puisqu’il est clair pour ceux qui l’émettent. Ce n’est pas parce qu’il est évident pour le centre qu’on peut travailler avec la gauche et la droite que ça l’est pour tous les Français. Mais, peine perdue, Bayrou est borné comme une mule. Pas de doute, il est bien Béarnais. A trop vouloir être indépendant, on en devient sectaire. Si le Nouveau Centre, malgré qu’il en ait, a choisi une stratégie bonne sur le papier mais désastreuse en actes, il y a sans doute de la place pour une coopération à long terme sans être pieds et poings liés. Alliance ne veut pas dire soumission.
Je ne cache pas non plus que l’on me propose des responsabilités locales à Toulouse, au PS, pour ne rien cacher, et que cela s’inscrit dans un projet professionnel-militant que je compte entamer à partir de l’année prochaine à l’Assemblée Nationale, avec le nouveau maire. Comme quoi, la culture du dialogue est possible, que ce soit à l’UMP ou au PS, dès qu’on y met du sien.
Voilà pourquoi j’ai découpé ma carte ce soir, et rejoins le bataillon des « désespérés », si j’en crois Patrick Roger.
Ca serait un peu long de détailler chacun de tes propos mais, s’ils ont une part de vrai, ils sont relativement caricaturaux…
Le point essentiel que je t’accorde concerne celui du temps et des choses qui trainent par négligence de certains et l’intérêt d’autres.
Maintenant, cela fait un moment que tout le monde a compris que ça mettrait du temps, beaucoup de temps… Et perso, j’attendrai un certain temps, plus que toi à priori, avant de prendre une décision d’abandon du navire.
Si tu t’atendais à une révolution, rejoins plutôt la LCR, contruire un mouvement démocratique en tenant compte de toutes les opinions est impossible, mais de nombreuses résolutions du Modem dans les grandes lignes, laissent envisager une approche politique différente des partis majoritaires. Cela prend du temps, et implique quelques concessions. Je t’accordes le fait qu’il regne une certaine confusion, personnellement je garde l’espoir de voir naitre une vrai force politique, je suis sur que ta déception d’un autre parti très hiérarchisé, te fera vite regretter ta décision un peu opportuniste.
« à l’expression minimaliste de la voix de son chef, qui bégaie de plus en plus à ressasser péremptoirement la fin du clivage gauche-droite, quand cela ne sert qu’à cacher une ambition iznogoudienne »
C’est justement ça que je n’aime pas chez Bayrou, son ambition iznogoudienne. En bref (je force le trait), il ne pense qu’à lui et à ses fidèles lieutenants espérant un jour une récompense (sarnez et lassalle), mais les autres devront certainement se sacrifier pour lui. Se sacrifier pour quelqu’un, c’est bien beau, mais ça ne vaut pas le coup si ce n’est pas pour être remercier.
On ne peut pas prononcer dans une même phrase les noms de Marielle de Sarnez et de Jean Lassalle. Sarnez cherche les ors, pas Lassalle. Et d’ailleurs, c’est un défaut. Ne tapons pas sur tout le monde. Parmi les quelques élus centristes, Abdoulatifou Aly et Jean Lassalle, bien seuls Justes parmi les requins…
L’exemple d’Iznogoud est approprié, vous voulez être Khalife à la place du khalife!
Quand on voit les débuts de Cohen, ça ne me donne pas envie d’y aller.
@Julien : si je ne te connaissais pas j’aurais pensé à un poisson d’avril ou je me serai dit il nous passera un coup de tel on est pote avant tout mais je te connais on restera pote et ce n’est pas un poisson pas drole alors bonne route gay et à très vite bises virgi
Nous nous sommes rencontrés la semaine dernière à la RDB parisienne. Nous avons un peu échangé. A l’évidence tu es sorti de la secte. Cependant, je ne suis pas sûre que l’on puisse trouver aujourd’hui ailleurs ce que nous étions venus chercher au Modem. A lire les blogs de certains militants socialistes, il me semble qu’ils expriment eux aussi cette envie d’un fonctionnement plus démocratique, plus transparent. Je pense que Bayrou a loupé une chance historique quand, avec l’adhésion massive de nouveaux militants, il avait la possibilité d’imaginer le fonctionnement d’un parti du XXIe siècle. La suite, on la connaît, tu la décris, moi aussi et beaucoup d’autres avec nous.
Nick, d’après ton twitt, je dois me réjouir de cette nouvelle, peux tu me dire pourquoi ? le plus triste dans tout ça c’est le gâchis de compétences humaine, de gâchis d’énergie.
Comme Laure le fait remarquer je fais partie des militants PS qui hurlent contre le fonctionnement non transparent de mon propre parti. Pour l’instant notre caisse de résonance n’est pas importante, mais nous y travaillons.
Passage à vide ou chant du cygne?
Je crois que tu fais tout simplement connaissance avec « l’appareil », qu’il soit Modem ou PS. Les batailles incessantes avec caciques nationaux, locaux, et certaines désillusions font partie du lot quotidien du militant. Pour certains, mêmes, cela va jusqu’à l’exclusion ;)
Ca, critiquer la démocratie interne du MoDem pour justifier son départ au PS (le parti qui tient le moins compte de ses adhérents) est à mourir de rire. Ca ressemble aux argumentaires de Cavada et Morin. Et parler d’Iznogoud ? Quand c’est quelqu’un qui n’a pas eu son « poste » au MoDem et qui va le chercher au PS ! Le monde à l’envers. Et quand je lis la phrase suivante « A repousser continuellement la remise en cause après chaque élection ou chaque temps fort du parti, nous n’arriverons à rien : il a fallu attendre Seignosse pour qu’on construise le parti ; puis le congrès fondateur ; puis les élections au Conseil National ; puis les municipales… Reculer pour mieux sauter, ça ne marche pas. Rien n’avance quand on se repose sur le temps. » : Et alors, il faut être bien jeune, impatient et sans notion du temps politique pour dire que Seignosse a été long à venir… A chaque étape il y a une structuration, le congrès fondateur ayant été assez unique en terme démocratique dans la vie politique française. Et ça va plutôt assez vite ! Et dire ensuite « Comble du foutage de gueule ? Une proposition annoncée la semaine dernière en interne de nommer sur Paris des “porte-paroles” sur les grandes commissions du programme (pour coordonner les idées, mais qu’on ne s’y trompe pas : c’est pour caser tous les petits copains), et celle de nommer des structures fédérales temporaires en attendant d’hypothétiques élections, initialement prévues, pourtant, au mois d’avril ou de juin. » En quoi répondre aux demandes des militants est-il un foutage de gueule ? Dans quelle commission étiez-vous pour juger que ce sont les « copains » de vos dinosaures qui les tiennent alors que c’est le contraire… Et pourquoi dire avec mauvaise foi que les élections fédérales sont hypothétiques alors qu’aucune date officielle n’avait été annoncée et qu’elles auront pourtant réellement lieu en juin !!!
Vous dites encore : « et présentant pour tout projet de société à soumettre aux Français un succédané de son programme présidentiel en n’omettant jamais de dire “J’aurais fait mieux, puisque j’aurais fait comme ça”
A Paris notamment, ça fera plaisir au 1000 militants qui ont activement contribué au programme de Marielle de Sarnez et dont, comme ce fut mon cas, les propositions ont été reprises, d’apprendre qu’il s’agit d’un succédané du programme présidentiel (néanmoins approuvé et plébiscité par l’immense majorité d’entre-nous), après un an de travail et des milliers de notes et autres contributions…
Qu’au nom de votre ambition personnelle, frustré de n’avoir pas eu un poste en deux temps trois mouvements (et qu’avez-vous fait pour en dehors de ce blog pour le mériter ?), vous quittiez le MoDem pour rejoindre ce « modèle » de démocratie interne qu’est le PS, c’est votre problème, comme c’est, de l’autre bord celui des gens du Nouveau Centre (qui sont, ne vous en déplaise, totalement soumis, parce que ces alliances dont vous parlez ne peuvent être que soumission, la politique n’étant qu’un rapport de force, même si ça choc votre fausse vertu); mais, de grâce, épargnez-nous votre mauvaise foi. Dites : « j’ai besoin d’aller à la soupe », mais pas autre chose. Et bienvenu dans le parti de ce grand Démocrate de Bertrand Delanoë, vous savez, celui qui sacrifie plusieurs de ses têtes de listes (Anne Hidalgo – sa 1ère adjointe !!! – Annick Lepetit etc…) pour ne surtout pas collaborer avec un MoDem dont il ne veut que la soumission et pas l’alliance et qui préfère faire élire un Jean Tibéri ou un Philippe Goujon, d’autres grands démocrates sans tâche…
C’est pas gagné.
Traître à la cause ! Vendu ! Tu seras envoyé dans le 1er wagon pour le goulag dès que le MoDem sera au pouvoir !
On a tous quelque chose en nous d’Hervé Morin…
Tu vas au NC ou au PS ? Je comprends rien moi.
Puisque je suis une girouette, je vais là où il y a des postes, c’est bien connu ;-)
Enfin, comme disait Edgar Faure : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent »
Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent disait E. Faure.
@pas perdus : les grands esprits se rencontrent ;-)
@Juju : je te reconnais encore la, affectueusement, virginie
Je vous trouve excessif dans vos critiques, qui souvent virent au personnel : croyez-vous qu’on construise un nouveau parti politique d’un claquement de doigts ?
Que prônez-vous comme méthode miracle ? Qu’on abatte les structures en place, qu’on force les gens à évoluer du jour au lendemain, qu’on sacrifie notre réseau d’élus déjà fragile en ne retenant que les « purs », qu’on donne des responsabilités à tous les nouveaux venus sans qu’ils aient fait leurs preuves ?Vos méthodes ne seraient pas éloignées de celles de la « révolution culturelle » avec le résultat qu’on connait.
Oui, on a beaucoup de plain sur la planche pour que les actes soient en conformité avec les paroles. Dites-vous plutôt, « que puis-je faire, même modestement, pour aider à l’évolution de ce parti » ? Pour contribuer (notamment avec mes critiques constructives) concrètement à l’émergence de nouvelles idées, de nouvelles pratiques, de nouvelles têtes à moyen terme… à part crier sur les toits ?
MoDem : que nous révèle le « buzz du découragement » ?
http://modemvarois.over-blog.com/article-18162724.html
‘tain Julien, ça c’est un fucking texte !!! Chapeau…
Il faut être d’une malhonnêteté incroyable pour affirmer que Marielle de Sarnez préfère les ors, elle qui a rejeté toutes les tentatives de débauchage. Et pourtant elles ont été nombreuses.
Vous avez le droit de partir, mais n’insultez pas, svp, ceux qui restent, en leur balançant un gros glaviot à la tronche.
Quant à votre déclaration sur les porte-paroles, je crois qu’elle a passé le Mur de la Connerie à mach 5 au moins.
ça veut dire quoi être porte-parole ? cela veut dire se faire ch… à produire des synthèses, faire de la veille, être attentif, assister à toutes les réunions de quartier, gérer les pénibles, et pour pas un kopeck, cela va de soi. C’est ça que vous appelez caser les petits copains ?
Il y a un moment où il faut arrêter. Perso, cela me met sur les nerfs quand je lis ça et quand je pense à tous ceux, et j’en connais pas mal, qui ont oeuvré dans l’ombre, totalement bénévolement, dans les commissions parisiennes.
Vous parlez de ce que vous ne connaissez pas. Adhérez aux Verts Paris et revenez écrire votre blog. Vous comprendrez le sens du mot SECTE
« Marielle préfère les ors ».
Bien sûr! Tout le monde le sait, hein! Tout son parcours en témoigne, n’est-ce pas? D’ailleurs, elle le dit à longueur de son bouquin, non?
N’importe quoi!
Quelle est donc cette manie qui consiste, lorsque l’on quitte le MoDem, à cracher sur lui plus de venin que la quantité du même liquide qu’on lui reproche d’avoir craché sur soi?
Marielle ne préfère pas les ors. Sinon, elle aurait dit « oui » à Panafieu entre les deux tours. Marielle ne préfère pas les ors. Sinon, elle n’aurait pas été au MoDem. Comme nous tous, d’ailleurs! Pour faire carrière, force est de le reconnaître, le MoDem, ce n’est pas une affaire. Mais, précisément, sommes-nous là pour faire carrière? Si tel avait été le cas, j’aurais été à l’UMP… ou au PS… Comme certains.
Ne pourrions-nous pas fixer une règle morale?:
- que tout ceux qui partent le fassent librement, en disant ce qu’ils pensent. Mais sans systématiquement cracher. Sans systématiquement opposer les uns aux autres. Sans systématiquement dénigrer ceux et ce qu’ils ont aimé. Qui les ont animés. Sans systématiquement crier des mensonges aussi aberrants, aussi gênants, que le manque de démocratie interne au MoDem.
Si, après tous ces départs, nous pouvions au moins , tous, partants ou persévérants, garder un profond respect les uns pour les autres, peut-être que la sincérité des choix de chacun n’en serait que plus renforcée.
Nicolas Vinci
Bon, c’est un poisson d’avril dont on apprend tardivement qu’il est prêt à être consommer!
Il n’en reste pas moins que la « règle morale » que je proposais garde toute son actualité pour les autres partants!
Nicolas
Excuse-moi, « Nick », j’ai marché à 200%.
Trop dur le coup du poisson, d’avril… et merde… Même pas regardé la date moi, groumph…
[...] billet le plus lu (en deux parties), est mon poisson d’avril sur le MoDem et la délicieuse révélation de la supercherie qui est venue le lendemain. [...]
[...] bien discipliné, de François Bayrou et tout ce que je pensais, je l’ai pas dit, ou alors tout bas. Pourtant, j’en aurais plein des choses à dire, mais je suis gentil. J’ai pas coûté [...]
[...] ruent plus que d’ordinaire sur mes liens. Quand je parle de Quitterie Delmas ou d’une déclaration fracassante sur Bayrou, la blogosphère MoDem accourt alléchée. Récemment, j’ai trouvé un autre aspirateur à [...]