Pas de bol, Benoît Fleury ne bénéficiera pas des scansions rythmées et homophoniques qui ont cours ces derniers temps. Reçu premier à l’agrégation d’histoire de droit, Fleury veut se faire affecter à Poitiers. Oui, mais à Poitiers, on n’en veut pas, on blogue contre, on crie fort, on demande au Président de s’y opposer (mieux vaut s’adresser au bon Dieu qu’à ses saints, comme on dit…), et tout le tralala.
Pourquoi ? Oh, découvrez-le vous-même, c’est plus savoureux…
On râle que les universités soient toutes de gauche (hormis Assas), mais des fois, on se dit tant mieux… Entre la peste et le choléra…
Tiens tiens, je découvre ton blog, je lis à peine quelques articles, et déjà une petite note sur Benoît Fleury, mon cher professeur d’histoire du droit à Montpellier.
J’ai écris deux articles à son sujet dans mon blog, et sur le dernier j’ai eu la surprise d’avoir sa réponse.
Et pour ton « Tant mieux », je réponds, pas d’accord…
Je ne connais pas le contenu du cursus en droit, mais en ce qui concerne le mien (histoire), où l’interprétation des faits est primordiale, je suis très méfiant vis à vis des idéologies extrémistes. Peut-être que son passé extrémiste n’impacte en rien son discours et la formation qu’il dispense à ses élèves. Ton avis ?
Nous, on interprète le droit. Toutefois sans se couper de l’histoire, des sciences politiques, et de la politique. De ce point de vue je comprends ton inquiétude.
Je l’ai eu en histoire des obligations (moins pompeusement, en droit romain).
En décrivant les processus de formations des contrats et en expliquant les conditions de la responsabilité délictuelle et contractuelle sous les différentes époques romaines, il est assez difficile, voir impossible de faire transparaître la moindre opinion politique.
Et effectivement, dans tous les cours de Fleury auquel j’ai assisté, il n’a jamais fait état de ses idées politiques, ni même du moindre avis sur le sujet. Je crois que c’est une volonté de sa part de rester muet. Il a tout intérêt, si il veut faire une carrière universitaire.
D’autres part, même en détestant le personnage, c’est un excellent prof, extrêmement cultivé, t bon pédagogue (si tu savais à quel point ça me fait mal de lui reconnaître ça… !).
Mais je me méfie de lui, il a une capacité impressionnante à exercer une attraction sur ses étudiants, il faut le voir aux pauses, parler avec passion, entouré d’étudiants… (Précisons aussi que le charme, la jeunesse et le physique de cet odieux personnage ne sont pas étrangers à l’attraction exercée…sur les étudiantes ;)
Mon avis est, bien évidemment, qu’il a le droit d’enseigner (et droit au sens stricte et juridique du terme, puisqu’il y est habilité!). Mais sous « surveillance », je ne crois pas qu’on guérisse de l’extremisme qui était (est?) le sien.
« Mais je me méfie de lui, il a une capacité impressionnante à exercer une attraction sur ses étudiants, il faut le voir aux pauses, parler avec passion, entouré d’étudiants… (Précisons aussi que le charme, la jeunesse et le physique de cet odieux personnage ne sont pas étrangers à l’attraction exercée…sur les étudiantes ;) »
C’est précisément là où le bât blesse. Il ne s’agit pas tant d’afficher ses convictions et ses idées que ses réflexes de pensée. On peut cacher des idées et des convictions, il suffit de ne pas en prononcer les mots. Des réflexes de pensée, beaucoup moins, car ils se constituent en paradigme. C’est avec ça qu’on voit le monde et qu’on envisage les choses. J’ai déjà eu le désagrément d’assister à ce genre de personnages avec une professeur d’islamologie qui avait de vieux relents catholiques conservateurs et qui tenaient des propos scientifiquement étayés, certes, mais interprétés d’une manière très étrange.
Et sur des étudiants qui manquent de recul critique (soit la grande majorité des premiers cycle), ça peut coincer. Y’a qu’à voir avec Gollnisch à Lyon.
Quand Golnish a dérapé, il a été signalé, puis condamné.
Je pense que Fleury est innofensif parce que trop surveillé.
Je rentre d’Avignon (et oui, Kerouac et Bob Dylan, et d’autres encore). Je vais donc lire ta note sur le PS… :)
Lis, lis… Je n’en suis pas très satisfait à dire vrai :)
[...] de commémorer la mort d’un ancien militant du GUD, groupuscule néo-nazi auquel appartenait Benoît Fleury, mort en 1994 “lors d’un rassemblement contre “l’impérialisme [...]