Masochisme parlementaire et fessée citoyenne

6 février 2008 | La vie de la cité | 2 Réponses

Aux longs discours sur un blog qui commence, je préfère débuter tout de suite par un article. J’en profite toutefois pour souhaiter, je l’espère, une heureuse réussite à ce blog. Comme vous pouvez le voir, j’ai créé une page pour me présenter un peu et poser les jalons de ce blog. En espérant que mes attentes puissent se concrétiser ;-)

Aujourd’hui, je suis tombé sur un article absolument sidérant. Le député de la 4e circonscription de la Marne, Benoist Apparu, dont je me rends d’ailleurs compte à l’instant qu’il est malheureusement né à Toulouse, a décidé de se lancer dans une étrange séance de sadomasochisme parlementaire. Dans une tribune publiée sur Rue89, Benoist Apparu s’adonne au sport favori des députés de la majorité : donner des leçons de morale aux Français.

Docteur Apparu diagnostique donc le « mal français » : nous serions d’affreux conservateurs accrochés à notre morceau de viande, nos vieux chiffons, rétifs au changement comme des mules bornées. Pire, nous serions coupables du crime de « la paille dans l’oeil du voisin » : nous crierions au scandale des privilèges d’autrui sans trouver anormal le fait que nous-mêmes possédions des privilèges.

Je passe sur les malhonnêtetés intellectuelles si prégnantes dans la rhétorique sarkozyste : les 53% de Sarko sont la preuve que les Français attendaient le courage de Sarkozy (sic !), l’élection de Sarkozy serait une « formidable attente » (re-sic !).

Le plus horripilant sans doute, c’est encore une fois de présenter les Français comme d’irréductibles têtes de pioche. Nous voudrions le changement, mais surtout sans les désagréments. Se fiche-t-on de nous ? Un député de la majorité, grassement payé, bénéficiant d’avantages inespérés de tout Français, ose parler de privilèges et d’avantages ? Devant tant de mauvaise foi, donc, je me suis résolu à poster un petit commentaire sur Rue89, fort identique aux autres d’ailleurs. Une centaine de coups de fouet pour un tirailleur parlementaire envoyé en première ligne, cela me semble un bon châtiment, autant physique que pour l’amour-propre.

On parle de Français comme d’un bloc bien monolithique… d’ailleurs, les députés ne sont-ils pas Français aussi ?

Le sont-ils ? Oui ? Alors pourquoi ne sont-ils pas les premiers à accepter de réformer leurs énormes privilèges ? Non, il est toujours plus facile de donner des leçons, de mettre au ban les Français comme une masse de feignasses ou de fonctionnaires (rayez la mention inutile), de leur demander efforts et sacrifices, pendant qu’au Palais Bourbon, sorte de bunker d’ivoire des temps modernes, on fait cracher le Trésor public.

Retraites dorées, avantages fiscaux, fonds de rétribution des collaborateurs parlementaires inutilisés non reversés mais conservés dans sa poche ou dans celle du groupe parlementaire…

Il me semble qu’un chef d’armée ne donne pas bêtement ordres et conseils mais est le premier à exécuter les ordres qu’il donne, avec exemplarité. On gouverne pour les Français comme on se bat pour ses hommes. Le sacrifice, le sacerdoce, c’est à l’Assemblée Nationale qu’on le trouve. Et quand soi-même on sera résolu à marcher avec les Français et à se retrousser soi-même les manches, alors on se sentira moralement en droit de donner conseils et avis.

Je ne me sacrifierai pas à des gens qui ne me représentent pas. Et pourtant, Dieu sait que ce pays a besoin de réformes.

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§ 2 Responses to “Masochisme parlementaire et fessée citoyenne”

  • JF Martins dit :

    Le verbe est efficace, le ton plaisant et le fond sans faille. Un très bon billet d’humeur et une belle réponse au « docte docteur » autoproclamé clinicien du mal Français….Bonne chance pour ce blog qui débute sous les meilleures auspices.

  • Nick Carraway dit :

    Normalement, je ne déçois jamais ;-)

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Fiche

Nick Carraway

Miss Baker and I exchanged a short glance consciously devoid of meaning. I was about to speak when she sat up alertly and said “Sh!” in a warning voice. A subdued impassioned murmur was audible in the room beyond, and Miss Baker leaned forward unashamed, trying to hear. The murmur trembled on the verge of coherence, sank down, mounted excitedly, and then ceased altogether.

“This Mr. Gatsby you spoke of is my neighbor——” I said.

“Don’t talk. I want to hear what happens.”

“Is something happening?” I inquired innocently.

“You mean to say you don’t know?” said Miss Baker, honestly surprised. “I thought everybody knew.”

“I don’t.”

“Why——” she said hesitantly, “Tom’s got some woman in New York.”

“Got some woman?” I repeated blankly.

Miss Baker nodded.

“She might have the decency not to telephone him at dinner time. Don’t you think?”