Etre ministre, ça a aussi des contraintes

15 septembre 2009 | La vie de la cité, Médias | 2 Réponses

La polémique Hortefeux en finit guère de désenfler. Ministres, parlementaires, conseillers spéciaux, tous les appuis sont bons pour sortir Brice du pétrin. Aujourd’hui, c’est Henri Guaino, le mépris réactionnaire fait homme, qui lance chez David Abiker cette tirade tragique :

Ce n’est pas pareil de prendre la parole quand on est un homme politique, un responsable, pour affirmer quelque chose que l’on assume et de prendre la parole dans un cadre intime, amical, informel

Ah, donc les universités d’été de l’UMP sont un moment intime, amical et informel de la vie du parti majoritaire et du gouvernement (on a beau dire que le gouvernement est censé être au-dessus des partis et œuvrer pour le bien de tous les Français, vous avez quand même compris qu’il y a quand même 53% de Français qui sont plus égaux que les autres). Mais où les caméras sont admises dès qu’il s’agit de tacler le PS et le MoDem ou de glorifier l’ouverture (2007) , l’union (2008) et la solidification (2009) de l’UMP.

Quand le soir, Guaino accroche sa mauvaise foi avec son manteau à la patère, il jette un rire sardonique et crache devant son miroir :

Non mais quelle bande de cons. Ils n’ont pas encore compris que, symboliquement, un ministre reste ministre tant qu’il ne rentre pas chez lui, et que toute activité publique, exercée en tant que ministre, ou homme de parti, est publique et partant peut être portée à son crédit ou débit ?

Eh oui, c’est la contrepartie de la notion de notoriété. Elle se travaille, elle s’entretient. L’homme public est plus public que privé. Et s’il accepte volontiers tous les avantages de la vie d’homme public, ce serait fort de café qu’il n’en accepte pas les maigres inconvénients.

Hortefeux-Adjani : même combat.

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L’alliance en politique n’existe pas

8 septembre 2009 | La vie de la cité | 4 Réponses

Quelle cacophonie depuis ces universités de rentrée ! Le PS, à l’agonie depuis les européennes, est obligé de s’activer à rechercher des alliances : ce vieux parti sclérosé qui a inventé le concept d’arthrose politique sait que toutes les forces convergent pour maintenir au chaud la gamelle. Les Verts, dopés par leur excellent score aux européennes, veulent poursuivre sur leur lancée et ont pris la place du MoDem de juin 2007, celui de la jeune fille courtisée. Quant au MoDem, il encaisse encore et toujours les hécatombes, mais semble indéformable tant les sollicitations pleuvent de part et d’autres. Et l’UMP ? Fidèle à son catéchisme de l’union, il maintient sous assistance respiratoire le Nouveau Centre et se met en tête de faire la drague aux Verts, qui lui ont posé un lapin courtois mais franc.

A six mois des régionales, voilà que la tectonique des plaques politiques se remet en mouvement. Qui s’alliera avec qui ? Ce n’est pas comme ça qu’il faut poser la question. Qui obtiendra le ralliement de qui ? Voilà une question plus pertinente : les alliances n’existent pas en politique.

Quand Napoléon fricotait avec les Russes pour vaincre les Anglais et les Autrichiens, il négociait sur la base d’un projet ouvert à l’alliance : un ennemi commun. Quand De Gaulle négociait avec les Américains, il n’entendait pas jouer les supplétifs, mais bien un partenaire à part entière et de dimension égale. Le principe même d’une alliance, c’est un pacte consenti par deux parties qui réunissent leurs forces en vue d’un objectif commun. Elles apportent ce qu’elles ont, et se partageront les fruits du résultat. D’égales à égales.

Ce week-end, Bayrou a proposé aux socialistes une « Offre Publique de Dialogue ». Qui ne voit pas la roublardise dans la formulation ? Offre de dialogue, certes, comme il l’a toujours clamé depuis plus de deux ans. Mais la formule est pastichée de l’OPA, qui traduit dans le monde des entreprises des sentiments beaucoup moins cordiaux que ceux du dialogue…

Et les socialistes ? Si inquiets de voir leur identité se modifier d’un pouillème, si terrorisés à l’idée de voir le pré carré du socialisme bon teint empiété par des immigrés politiques, ils en sont rendus à exécuter une politique d’immigration aussi sévère que celle qu’ils critiquent chez Eric Besson. Martine Aubry, Ministre de l’Immigration et de l’Identité Socialiste, et son chef de cabinet Benoît Hamon, exigent, avant toute alliance, un brevet de socialisme avec mention, une profession de foi de gauche et une confirmation dans les urnes. Si les centristes acceptent de devenir de gauche, alors ils auront droit de cité ; sinon, ce sera la reconduite à la frontière politique, avec le cynisme condescendant de ceux qui pensent que le centrisme est une mer Méditerranée sur laquelle les naufragés sur leur frêle esquif dérivent sur les courants jusqu’à épuisement.

Bayrou a eu raison de remettre Martine Aubry à sa place en lui indiquant qu’elle n’était « pas chargée de contrôler les papiers, de vouloir faire rentrer tout le monde dans le rang ». Car ce que proposent les socialistes, ce n’est pas une alliance, c’est un ralliement à la bannière de Jaurès. Imaginez Napoléon exigeant des Russes qu’ils se battent sous des uniformes français et commandés par des généraux français. Quel interlocuteur, hormis celui à l’agonie et n’ayant plus de fierté, accepterait pareil challenge ?

Il n’y a qu’une réponse à cela : le Nouveau Centre. Dès mai 2007, celui-ci a fait le choix de l’assimilation, de la soupière. Docilement, ceux qui avaient clamé haut et fort pendant la campagne présidentielle qu’ils s’étaient affranchis de l’alliance historique avec la droite, Jean-Christophe Lagarde en tête (il était porte-parole de campagne), sont rentrés la queue basse dans les rangs de la majorité, mais chargés de dispenser la bonne parole : il faut l’union, le mouvement, le rassemblement des idées. Que tu crois.

Le Nouveau Centre, le MPF et CPNT, ralliés de dernière minute, ont cru à la sérénade de l’UMP sur l’alliance. Comme pour une auberge espagnole, on leur a proposé de venir avec leurs idées, leurs convictions, leur électorat, et de rejoindre le comité de direction de l’UMP. Mais la proposition de l’UMP n’était pas scellée du proverbe « l’union fait la force », mais du plus pernicieux « les petits ruisseaux font les grandes rivières ». Apportez-nous de l’eau, supplétifs, et vous aurez quelques élus.

Le hic avec l’hydrologie, c’est que tout le monde sait ce qu’il se passe : ce sont les petits cours d’eau qui s’assèchent d’abord avant que ne baisse le débit des grandes rivières. Le PS a déjà asséché les communistes et les radicaux, et n’a guère plus de réserves hydrauliques ; pire, des petits malins nommés Bockel, Besson et Kouchner, ont entrepris de creuser un canal des Traîtres pour détourner les eaux du fleuve socialiste vers celui de la majorité. A force de se faire siphonner le vote ouvrier, les socialistes ont bien consenti en 2006 à ce que l’écluse Royal tente de boucher la fuite, mais les socialistes ont depuis décidé qu’il fallait dynamiter la digue. Soit.

Si après ça, vous êtes toujours convaincus que l’alliance existe en régime présidentiel, et qu’elle se fera pour les régionales entre la gauche et le MoDem, vous pouvez toujours attendre le déluge.

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Questions pour un Nationalisé

6 août 2009 | La vie de la cité, Société | 4 Réponses

Cela pourrait ressembler à un nouveau concept de téléréalité mâtinée pour la caution d’une performance individuelle pour hiérarchiser le parcours des candidats en lieu et place de la sacro-sainte règle de l’élimination endogène (les « nominations »). D’ailleurs, la Grande-Bretagne, importatrice du concept, l’a joliment nommé : « Earning the Right to Stay » (« Gagner le droit de rester »).

Imaginez. Seize candidats par semaine, s’affrontant au cours de plusieurs épreuves éliminatoires pour remporter le fameux sésame : des papiers anglais en bonne et due forme, symbole d’une nationalisation chèrement acquise et donnant le droit de rester, jusqu’à ce que mort advienne ou indignité nationale soit proclamée, sur le territoire de la reine. Alors, pour sûr, à grande récompense, dure épreuve. Gagner le droit de rester s’acquiert par des épreuves adéquates. En l’espèce, visualisez un quizz sur l’histoire britannique, puis un oral de langue où un voice detector apprécierait au moyen d’un algorithme le temps passé par un candidat à parler avec un anglais dont la prononciation s’écarte trop de la norme fixée par les organisateurs, puis encore — gradation oblige — une série de questions ardues façon Questions pour un Champion relatives aux institutions britanniques : l’Exchequer, le rôle de la Chambre des Communes, la Chambre des Lords, etc. Et enfin, dernier des travaux d’Hercule, une mise en situation périlleuse où le candidat à l’immigration aurait à évoluer parmi les agents représentant les nobles institutions de la Couronne : agents de police, fonctionnaires de l’administration, représentants officiels. Pour corser la chose, chacun essaierait de pousser à bout le candidat : le bobby exercerait des palpations et des contrôles d’identité dans un langage châtié et raciste, le représentant de la Nation tripatouillerait les pennies publics en faisant acheter par sa femme des biens personnels, et le fonctionnaire de l’administration abreuverait le candidat de termes techniques de formulaire, alentirait la marche de son travail, jusqu’à faire revenir dix fois le candidat devant son guichet, prétextant à chaque fois un dossier incomplet, sans plus de précisions. Au fil de ce parcours semé d’embûches, si le candidat craque et crache sur les institutions peu accueillantes qui projettent pourtant de l’accueillir comme n’importe quel citoyen, c’est l’élimination immédiate et la reconduite à la frontière.

Eh bien, ce jeu n’en est pas un. Une proposition de loi déposée le 3 août à la Chambre des Communes prévoit de durcir les conditions d’attribution de la nationalité britannique, en s’appuyant sur une carte à points créditée ou débitée en fonction des bonnes ou mauvaises actions. Vous connaissez l’anglais ? Bonus. Vous avez tagué la façade d’une administration ? Malus.

Peu importe que la proposition ait perdu tout sens des réalités. Peu importe la bêtise à considérer que le droit à la nationalité puisse être évalué selon des critères dont on pense faussement que leur satisfaction sera gage d’une orientation réussie. Faut-il connaître les institutions et l’histoire de son pays pour s’intégrer ? Que faire alors des ressortissants anglais qui ne connaîtraient pas l’existence de la Chambre des Lords ou penseraient que l’Exchequer est un simple plateau de jeu posé dans son salon devant la cheminée ? Faudrait-il, au nom de l’équité de principe, condamner ceux-là à l’indignité nationale et à l’apatridie ? Peu importe que la nationalité pour ceux qui l’acquièrent soit toujours plus temporaire et précaire que pour ceux qui sont nés avec. Car en mai 2010 au plus tard, il y aura des élections législatives en Grande-Bretagne, où l’opposition conservatrice du BNP (British National Party, extrême-droite) oblige le gouvernement à contenir la poussée en durcissant son discours.

Pourvu qu’Endemol n’importe pas le concept en France… Ah, trop tard : en 2007, Sarkozy préconisait un « test d’intégration » avant tout regroupement familial.

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Les barbiers ont sévi

29 juillet 2009 | La vie de la cité, Médias | 1 Réponse

Gilles de Robien disait déjà qu’en France, il est impossible d’être ministre de l’Éducation Nationale, car il y a avec soi 60 millions de co-ministres. Il suffit désormais depuis hier que Nicolas Sarkozy fasse un malaise pour que chacun se fasse médecin.

Molière aurait été bien satisfait de cette tartufferie qui veut que chacun se veuille ce qu’il n’est pas en donnant son avis à la petite semaine. Malaise vagal ? Balivernes ! La France a une trop grande tradition du secret médical sur ses présidents pour croire au simple malaise : un hélicoptère, une batterie de test, et c’est bien trop pour un petit bobo. Ajoutez à cela un médecin qui soulève l’hypothèse du malaise cardiaque pour que, caution médicale brandie devant soi, on rejoue un énième avatar paranoïde de la théorie du complot. Et pourtant, de Molière à Dr House, chacun sait qu’il n’y a rien de plus contradictoire que deux médecins dans leurs diagnostics. Alors, thèse contre thèse, arguments contre arguments, voilà que chacun se met à spéculer en vain.

Le pire, à n’en pas douter, dans ce non-événement, ce sont les prescripteurs d’ordonnance. Le Barbier de l’Express, qui ne s’appelle pas Figaro mais Christophe, porte bien son nom : non seulement il rase dans ses éditos, mais voici qu’il prodigue soins et recommandations. Pour un peu, on entendrait le « rasori e pettini, lancette et forbici »1 de l’aria de Rossini. Le factotum du média mainstream saute sur l’occasion grosse comme une verrue plantaire pour enfoncer une porte de bloc opératoire grand ouverte : Nicolas Sarkozy doit se calmer.

Le diagnostic du mal se fait sans guère de précautions, et la recommandation ressemble plus à celle du boucher qu’à celle du praticien : amputer une jambe pour un ongle incarné. Plus le charlatanisme est vorace et rapide, plus il passe. Si Nicolas Sarkozy a fait un malaise vagal hier, c’est parce qu’il est surmené. Mais si, mon beau-frère a fait la même chose il y a 6 mois, il est tombé dans les pommes en servant l’apéro parce qu’il venait de se faire virer et qu’il avait perdu son job. Fredo le Boucher, décoré d’un Ph. D. de désosseur et passé maître dans l’art du tacle à la carotide, a décidé de remplacer le bistouri par le poignard, celui qu’on lance dans le dos : « Si personne ne considère qu’un accident cardiaque est une alerte, qu’est-ce qui peut être une alerte ? [...] Je crois qu’il faut évidemment que le président de la République fasse ce que font d’ailleurs tous les citoyens quand ils vivent une alerte de ce type, et trouve le moyen de prendre du repos, parce qu’il se trouve que ça intervient à un moment où il va pouvoir le faire plus facilement qu’à d’autres. » Si après ça, Sarko n’est pas bon pour l’abattoir…

En se gaussant, on se rappelle d’ailleurs de l’argument de la santé qu’avait convoqué Sarko dans son combat contre Chirac. Le nerveux ayant poussé la gâteux, que reste-t-il à présent que le nerveux a flanché ?

C’est finalement dans ces moments-là qu’on ne donne rien moins que plus de crédit à la thèse du Sarko-surhomme. D’ailleurs, il ne vous a pas attendu pour ciseler sa communication de sortie. Dès hier, il « parlait normalement avec le personnel médical ». Ce matin, il est sorti « à pied » du Val-de-Grâce. A tous ceux qui ont fait leurs choux gras et leur obsession dominicale de ce malaise, l’Élysée enverra un joli carton de remerciement : « Le Président, au nom de toute la France, vous remercie chaleureusement d’avoir participé à une gigantesque opération non fortuite (faut pas déconner quand même) de communication superhéroïque ». Avec un bulletin d’adhésion à l’UMP glissé à l’intérieur.

  1. « Rasoirs et peignes, aiguilles et ciseaux » []
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Une Super Nanny pour le PS !

15 juillet 2009 | La vie de la cité | 3 Réponses

Après Jack Lang, après Kouchner, les socialistes continuent la chasse aux sorcières. Manuel Valls, ancien soutien de Ségolène Royal, héraut de l’alliance immédiate avec le MoDem, sans illusion sur l’arc-en-ciel B2B (Besancenot to Bayrou), s’est mis en tête de jouer les franc-tireurs en dévoilant ses intentions pour 2012 et en accentuant ses attaques contre le PS. Martine Aubry n’a pas tardé à répliquer en lui adressant une lettre écrite avec les pieds, que l’on peut résumer en un slogan honni des socialistes : « Le PS, tu l’aimes ou tu le quittes ».

Mais à quoi jouent (encore) les socialistes ? Ont-ils vraiment envie de concourir en 2012 ? Pensent-ils sérieusement avoir l’ombre d’une chance ?

Depuis 2007, hormis lors des municipales, les socialistes ont perdu tous les scrutins électoraux, jusqu’à se prendre une sévère raclée lors des européennes. Pire, pas une fois depuis 2007 ils sont parvenus à combler le fossé qui les sépare de Sarkozy : dans toutes les enquêtes d’opinion, s’il fallait organiser de nouvelles présidentielles dans les mois à venir, Sarkozy maintiendrait son score du premier tour de 2007 (30%), voire l’accentuerait ! Depuis 2007, on parle de rénovation, d’union de la gauche : on a eu la commission de récollement. Depuis 2007, on parle d’opposition constructive : on a eu l’obstruction parlementaire « linge de corps et Saturnin » sur le travail du dimanche. Et pourtant, on n’entend parler que d’une chose au PS : les prochaines présidentielles. C’est le monde à l’envers !

Comment peut-on seulement imaginer que l’armée mexicaine du PS puisse être sur le pied de guerre pour 2012 ? La nature humaine électorale fait que la division repousse, et qu’on n’est élu que lorsqu’on fédère autour de soi et qu’on est capable d’insuffler une dynamique. A ce titre, les primaires démocrates sont une démonstration de stratégie politique : consultation démocratique et ralliement sans faille du perdant au vainqueur. On ne demande pas nécessairement au perdant de faire la claque, car la politique est aussi une bataille d’égo, mais au moins de mettre en sommeil son pouvoir de nuisance pour ne pas se tirer une balle dans le pied. Ce que sont incapables de faire les socialistes.

Le grand problème du PS est qu’il traverse une crise d’autorité. La réaction de Martine Aubry, qui se veut ferme mais qui est ridicule, me fait penser à tous ces parents complètement désœuvrés qui compensent leur manque d’autorité en haussant le ton, en pensant que crier fort est un gage d’autorité. Sauf que le PS a du mal avec la notion d’ordre hiérarchique, et cultive le culte de l’égalitarisme démocratique qui, au lieu de concentrer verticalement les énergies, contribue à les dilapider horizontalement. Ils devraient relire Max Weber, qui oppose le pouvoir autoritaire que détient celui qui est à la bonne place du pouvoir d’influence, que détient en lui celui qui est charismatique et peut susciter une dynamique. Vouloir se structurer en réseau ne dispense pas d’avoir un chef qui donne le cap, bien au contraire !

Pour 2012, c’est déjà trop tard. On ne résout pas une crise de leadership vieille de plus de 10 ans en moins d’un an. D’autant plus que les régionales peuvent d’ores et déjà être considérées comme un échec : avec le quasi grand chelem réalisé par la gauche en 2004, il sera très difficile mathématiquement de se maintenir à ce niveau. Et il me semble très difficile de construire un parti et une dynamique en plein milieu d’une spirale de défaite. Mettre un parti en branle demande très vite une dissolution des courants, ou en tout cas une présence autoritaire qui soit capable de dire : « Maintenant, vous arrêtez les conneries ». Mais l’homme providentiel, les socialistes n’y croient pas : trop césariste, trop mystique, et finalement trop droitier.

Sauf que la Constitution consacre la République, avec un Président ; pas une oligarchie avec un triumvirat, qui aurait le mérite de contenter le parti le plus féodal du paysage politique français.

Vite, une Super Nanny pour le PS !

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Retrouvez-moi sur Slate

15 juillet 2009 | Coulisses, Internet | Aucune réponse

Chers lecteurs,

Il y a une semaine, je publiais sur ce blog « Psychanalyse du web social ». Vous pouvez désormais retrouver l’article très refondu sur Slate.fr. Le titre a complètement changé (et je m’interroge d’ailleurs à son sujet, vu qu’il tronque un peu le contenu de l’article). Bonne lecture, et n’oubliez pas de mettre Slate dans votre agrégateur !

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Psychanalyse du web social

8 juillet 2009 | Internet | 11 Réponses

Dans Pomme C, Calogero raconte l’histoire de ces dizaines de milliers d’usagers des sites de rencontre en ligne, qui s’embrasent par claviers interposés, tirent des plans sur la comète au moindre indice, et ouvrent leur coeur au tout-venant numérique quand il semble qu’il leur est difficile de le faire IRL (in real life). Et souvent, quand le charme factice de l’écran se dissipe, la réalité distordue par le prisme du web apparaît aux yeux des amants numériques dans toute sa vérité crue et sa complexité, souvent pour le pire, parfois pour le meilleur…

Le ring Twitter ?

Hier, je lisais l’excellent article de Vincent Glad sur Twitter et la rapidité avec laquelle les clash se propagent. Sur Twitter aussi l’on s’échauffe, et les petites éruptions émotionnelles momentanées arrivent plus souvent qu’à leur tour. Hier, nous en discutions brièvement lors d’une rencontre entre jeunes acteurs du web. Pour Vincent Glad, il y a une espèce de tare sur Twitter, qui fait que le service de microblogging est autant rempli de germes de clash que la rivière Ebola.

L’interface technique de Twitter serait la source principale de la pandémie frondeuse : « Twitter n’ayant pas de fonction d’annulation de l’envoi comme sur Gmail, il suffit de 5 secondes d’égarement pour se ruiner une carrière. Tout twitt envoyé passe immédiatement dans le domaine public, même si on cherche à la supprimer en douce. » J’y crois assez peu. Les decks Twitter, comme Twhirl, ont une fonction annulation (tout comme l’interface officielle, d’ailleurs). Même passé à la postérité, un tweet a besoin d’un temps minimal d’évolution pour avoir un petit écho, et un tweet lâché puis tué dans l’œuf a peu de chances d’être colporté avant que son auteur le supprime (toutefois faut-il réagir vite), sauf malchance.

Quand les tweets sont assumés, la rapidité du service fait le reste : en 140 caractères, personne n’a le temps de peser ses mots, curieusement. Faites le test sur tous les supports de chat : le lapidaire flingue le réfléchi. La froideur du texte fait le reste : il est souvent difficile de distinguer les registres de langue, ce qui rend les quiproquos et les malentendus fréquents. Tout pour exploser en clash.

Un problème de surmoi numérique

Pour autant, je ne crois pas vraiment à la particularité de Twitter dans la tendance naturelle du web à finir toute conversation en clash. Mais il permet de poser quelques questions.

Revenons à Calogero, et à tous les éminents psychologues, psychiatres, pédopsychiatres, pompiers de l’addiction qui pensent avoir pris le tournant de la culture numérique et pullulent sur les plateaux télé. L’écran et le clavier seraient des refuges de l’émotion, une manière de se couper du monde social. Le succès des sites de rencontres en ligne serait le signe d’une incapacité à affronter l’autre dans le jeu de la séduction, et l’adolescent qui veut une notoriété numérique par son blog ou son profil MySpace chercherait une échappatoire aux vraies relations sociales. Cette soupe, on l’a entendue de nombreuses fois. Même si elle est à côté de la plaque, elle repose sur un fondement scientifique assez intéressant : le rapport de soi au monde social sur le web.

Si les émotions s’expriment brutes sur le web, c’est qu’il y a une totale absence de surmoi numérique. En psychanalyse, le surmoi, c’est le « moi social », une espèce d’image déformée de soi qui est pétrie de codes de bonne conduite. C’est le moi qui est construit, en général, par la figure paternelle, puis par l’école, et en général par toutes les institutions éducatives (même l’Eglise pour les croyants). C’est l’instance de la personnalité qui intériorise les principes du Bien et du Mal, et de la justice. De là naissent les sentiments sociaux que sont la honte ou la bienséance, et qui modèlent un comportement policé. Lorsque la pression du surmoi est trop forte et empêche l’individu d’exprimer son moi intime, sa vraie personnalité, la névrose apparaît. Sur Internet, il n’y a pas de contrôle social, parce que l’on reste isolé derrière son écran. Personne n’est là pour juger positivement ou négativement les émotions que l’on exprime, et c’est ce qui explique que les sentiments qui affleurent sur le web soient toujours, peu ou prou, paroxystiques.

L’anonymat relatif que confère le web conduit finalement aux éruptions que l’on connaît. Pour les hommes politiques, la gestion de ce bal masqué est parfois compliquée, car la parole est libérée du poids de la pression sociale qui aplanit vers un niveau médian les sentiments et les affects. Finalement, quand Denis Olivennes se désole que le web soit devenu le « tout-à-l’égout de la démocratie », c’est le signe flagrant du chemin qu’il reste à parcourir dans l’appréhension de ce territoire décomplexé qu’est devenu le web social.

Web social et surmoi numérique

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Depuis environ 4 ou 5 ans, l’anonymat du web est battu en brèche jusqu’à n’être plus qu’une donnée relative, voire un mirage cruel. L’ascension des mastodontes Google et Facebook pose le délicat problème de l’archivage ad vitam aeternam de nos données numériques. Le nouveau réflexe des recruteurs de googliser le nom d’un potentiel candidat pour scruter sa présence sur le web et ainsi recueillir des informations masquées lors de l’entretien conduit de plus en plus les jeunes à censurer leurs profils Facebook, comme le montre une étude de l’université de Dayton.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux à vivre du web ou à en être des acteurs. La question de la gestion de réputation devient alors un enjeu indispensable. On ne peut pas tout faire ou tout dire en toute impunité dès lors que l’on a acquis une visibilité sur le web social. Les récents déboires de Romain Libeau sur Twitter ont fait rire, puis un peu peiné. S’il semble qu’il y ait cependant une grande capacité d’oubli (peut-être due à l’impressionnant débit d’informations ?), une réputation peut effectivement vite se ruiner, comme le relevait Vincent Glad.

Toutefois, y a-t-il vraiment des mécanismes de prévention du clash ? Même en dépit de cette constitution progressive d’un espace social numérique, il ne semble pas qu’il y ait aujourd’hui un surmoi numérique. J’en tire deux hypothèses :

  1. Ou bien le web touche à un horizon indépassable, celui de l’impossibilité de matérialiser des rapports sociaux, auquel cas la société numérique qui se solidifie aujourd’hui est une pâle copie artificielle de la « vraie » société (hypothèse pessimiste)
  2. Ou bien le web organise un espace numérique différent de la société charnelle, en dissipant le surmoi social. On parvient alors à une société hybride où les individus s’expriment hors de tout contrôle social malgré un anonymat plus que relatif (et qui n’ira pas en s’arrangeant). Deux sociétés coexistent alors de manière complémentaire, les uns trouvant dans l’espace numérique une forme de refuge, les autres cherchant à explorer de nouveaux canaux d’expressions de leur personnalité

De cette modeste tentative de psychanalyse du web social, on tirera une conclusion : quel nom donner au complexe d’Œdipe numérique ?

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Du Front Républicain au front républicain : l’histoire du FN

6 juillet 2009 | La vie de la cité | 2 Réponses

Jusqu’à hier, la menace planait sur Hénin-Beaumont. Dès les législatives de 2007, Marine Le Pen avait annoncé la couleur sur France 2 : « La reconquête du FN passera par Hénin-Beaumont ». C’était finalement tout un symbole : Hénin-Beaumont, dans le Nord, là où les classes populaires frappées depuis le milieu des années 80 par la désindustrialisation et l’envolée du chômage ont progressivement désaffecté le vote PS pour gonfler le vote ouvrier du FN, jusqu’à ce qu’il devienne visible en 2002. Bis repetita en 2009 : comme le signalait il y a quelques jours avec justesse Authueil, face à la corruption et l’envolée des impôts locaux, en quoi le PS était-il suffisamment attractif pour remporter ces élections ?

Comme souvent, le PS est réduit à ripoliner. Après avoir connu une grosse gifle au premier tour, distancé de 20 points par le FN, voilà que les socialistes ont brandi la menace extrémiste en souhaitant organiser un Front républicain. Après le Tout Sauf Sarkozy, voici le Tout Sauf Briois. La tactique n’a pas changé depuis Napoléon : les ennemis de mes ennemis sont mes amis. L’attelage arc-en-ciel du PS ne tenait que par cette injonction à barrer le FN, on ne sait ni pourquoi ni comment.

Chez les blogueurs socialistes, ça vomit à longueur de billets. Quel dégoût, le FN, voilà bien le tout-à-l’égout de la République française. Cette politique faite à l’estomac a le don, pour le coup, de me coller une sacrée gerbe. On leur rappellera, à ces gens-là, que tous les architectes de la République, depuis Platon jusqu’à Robert Schuman, ont toujours placé la Raison comme l’ordonnatrice du régime démocratique. Visiblement, eux ne voient pas de problèmes à ce que l’on puisse voter pour un motif aussi maigre que barrer la route au FN, avec l’argument : « Le FN est anti-républicain ». A choisir entre la peste et le choléra, je préfère encore être anti-républicain qu’anti-démocratique, comme le sont tous ces bien-pensants de la République qui court-circuitent l’initiative du suffrage en extirpant le vote de son opération intellectuelle de délibération rationnelle. Car,tous, de Dany Boon à Martine Aubry, ne demandaient pas aux électeurs d’Hénin-Beaumont de réfléchir, non, mais de se mobiliser, en masse, pour contrer une menace qu’on refuse depuis des lustres à combattre sur le terrain de la raison pour mieux l’immoler sur celui de la chimère. Qu’on assume, au moins, en promulguant un « Patriot Act » électoral qui triera le bon grain de l’ivraie au moment des dépôts de candidature…

Parlons du FN. Son destin semble être lié aux Fronts Républicains, du berceau à la tombe. C’est en 1956 que Jean-Marie Le Pen accède pour la première fois à l’Assemblée Nationale, sous l’étiquette poujadiste « Union et Fraternité française », et déjà, en 1956, un Front Républicain s’était constitué, avec Pierre Mendès France à sa tête, pour ne pas laisser le cancer algérien entre les mains de praticiens douteux. En 2009, c’est encore un front républicain qui clôt définitivement l’histoire du FN.

Le front républicain à Hénin-Beaumont, une victoire pour le PS ? En 1956, c’est Guy Mollet qui est sorti du chapeau. Vous connaissez la suite.

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Burqa : réponse à Marc Vasseur

22 juin 2009 | Société | 12 Réponses

Sur Twitter, il se passe aussi des débats. Mais comme il est compliqué d’argumenter en 140 caractères sous peine d’inonder le Twitter des autres, il faut parfois aller ailleurs pour discuter plus aisément. Au sujet de la burqa, donc, il se trouve que Marc Vasseur et moi sommes en désaccord. Pour résumer brièvement le point de vue de Marc Vasseur, il pense qu’il faut légiférer sur la burqa car c’est un signe de fermeture à l’autre. Je ne suis naturellement pas de cet avis, et ce pour deux raisons.

On ne légifère pas sur l’asocialité. Quand bien même la burqa serait utilisée pour marquer une défiance vis-à-vis du monde extérieur (ce que je ne crois pas, c’est un argument discréditant cousu de fil blanc pour qu’il ait une quelconque épaisseur), le législateur n’a pas à s’en préoccuper. Il appartient à chacun de décider si oui ou non il souhaite s’ouvrir aux autres, et de quelle manière il souhaite ou non signifier son affabilité ou son côté farouche, tant que cela reste dans le cadre de la loi. Or, la burqa, hormis causer à celui qui aime l’ouverture aux autres un désagrément avec sa conscience, ne porte aucun tort à la société civile. Par extension, si le problème de la burqa est la fermeture aux autres, alors il faudra mettre dans la même charrette d’autres accessoires vestimentaires. Philippe Manœuvre et Karl Lagerfeld ont du souci à se faire… Et par extension encore, faudra-t-il au surplus interdire les actes de défiance ? Refuser de dire bonjour, refuser de sourire, seront-ils passibles de poursuite ? On critiquera mon raisonnement par l’absurde, mais la préhension de l’argument de la fermeture par l’absurde prouve que ce n’est pas une bonne raison pour légiférer.

L’argument de l’ouverture/fermeture est sous-tendu par l’immigration. Si l’on réfute l’argument des lunettes de soleil ou de l’humeur chafouine érigée en style de vie et en carte de visite de ses connexions avec le monde social alentour, c’est que ce n’est pas la fermeture à l’autre qui pose problème : c’est la conjonction burqa + fermeture à l’autre. Or, cela est évidemment sous-tendu par la question de l’immigration. Un immigré doit nécessairement s’ouvrir au pays qui l’accueille (i) ; la burqa ferme l’immigrée aux autres (ii) ; donc il faut interdire la burqa (iii). Le syllogisme peut se révéler efficace et logique, il n’en reste pas moins qu’il masque ses intentions derrière le voile de l’évidence de la pensée. On y trouve derrière une récrimination en bloc d’autres refus de conformité : la langue, le mode de vie. La burqa ne se résume donc pas à une question purement vestimentaire et religieuse, mais bien à une appréhension globale de l’assimilation culturelle. Conserver la burqa, ce serait faire montre de sa ferme volonté de ne pas accepter les coutumes du pays dans lequel on vit, et c’est donc un des versants du combat contre les communautarismes. C’est le point de vue d’Elisabeth Lévy, qui clôt son propos par un définitif « Personne n’est obligé de vivre en Occident. Mais en Occident, on accepte le regard des autres. » Or, les témoignages des femmes qui choisissent de porter la burqa montrent qu’elles ne sont pas dans un rejet total d’un pays qui les accueille et de ses modes de vie. Elles consomment occidental, puisqu’elles portent en dessous jean et baskets ; elles parlent français ; elles ne vivent pas nécessairement recluses dans un arriérisme religieux. En un mot elles ne portent pas la burqa pour défier l’Occident, à l’inverse peut-être de ceux qui choisissent de ne pas parler la langue de leur pays d’accueil (encore que je n’ai jamais lu aucune étude ethnosociologique quantifiant ce phénomène et cherchant à le percer ; ça m’a tout l’air d’un mythe social).

On en revient toujours au débat assimilation/coexistence. On peut donner du crédit à la thèse qui veut que l’immigration doive s’accompagner d’efforts de la part de celui qui est accueilli. Ce n’est pas simplement une question de morale dix-neuviémiste, mais simplement d’ordre social. Une société et une Nation pour se maintenir ont besoin de cohésion, et il est dès lors logique que les pouvoirs cherchent à maintenir cette cohésion en veillant à ce que l’immigration ne vire pas au phénomène d’invasion débrutalisée et librement consentie. En revanche, et je renvoie à mon billet précédent, une telle thèse souffre à mon avis de son impossibilité à envisager l’inverse : que l’Occident à son tour se plie aux coutumes locales quand il n’est pas chez lui. Et c’est finalement l’horizon indépassable de ce débat : l’incapacité de l’Occident à se penser parmi le monde, mais toujours au-dessus de lui, voire étant lui.

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Burqa : l’arrogance occidentale

22 juin 2009 | Société | 23 Réponses

Après le voile à l’école, après la cagoule dans les manifs, voici qu’on réfléchit à l’éventualité d’interdire purement et simplement la burqa sur le territoire français. Le sujet divise, au fond et dans la forme. Il y a ceux pour qui la loi est un mauvais outil (Besson), ceux pour qui au contraire c’est un bon levier pour faire changer mentalités et pratiques (Amara) ; et il y a ceux qui défendent au fond l’interdiction de la burqa comme une libération de la femme cachée et opprimée, et ceux au contraire qui semblent sceptiques.

Cette affaire de la burqa dévoile — et c’est le cas de le dire — une tendance bien établie et profondément agaçante de l’Occident moderne : la perception de son système de valeurs comme devant être le système universel et l’incapacité galopante à percevoir rationnellement d’autres systèmes de représentation. Je l’avais déjà montré au moment du passage houleux de la flamme olympique. La même pathologie se reproduit avec la burqa.

Je vous invite à lire cet excellent billet sur la burqa et les clichés qui l’accompagnent, en guise d’introduction à ce billet.

L’argument qui me semble le plus ahurissant, c’est celui de l’oppression de la femme, obligée de se couvrir par suite d’une loi machiste édictée par des hommes et qui ne souffre d’aucun refus. Premièrement, hormis le régime des talibans, la burqa relève du choix. Deuxièmement, je ne vois aucun lien logique entre burqa et oppression. Réside-t-il dans l’obligation faite de suivre une règle pour ne pas être rejetée ? Voilà là la profonde hypocrisie de l’Occident. Nous maltraitons autant nos femmes que les barbares que nous disons venir de l’Orient. Les occidentales n’ont-elles pas aussi leurs propres burqas, effectivement moins visibles mais tout aussi prescriptives ? Les grandes marques de cosmétique, les magazines féminins, imposent des silhouettes, des modes de vie et dictent la manière dont il faut s’habiller pour être « comme tout le monde ». Et la mode relève-t-elle du choix ou de la pression sociale ? C’est la même question qui se pose pour la burqa, comme c’est curieux…

En outre, je me demande bien ce que pensent tous ces bien-pensants de la libération de la femme qui estiment que les musulmans doivent s’occidentaliser sur le sol français. Et les expatriés français au Moyen-Orient, doivent-ils maintenir leur mode de vie et leurs codes vestimentaires ou accepteront-ils de se plier à ceux orientaux ? En direct il y a quelques semaines au Moyen-Orient, Laurence Ferrari avait choisi d’être légèrement voilée. Pas dit que cette tendance soit acceptée par tous.

On ne peut pas discuter avec l’islam et ses pratiques si on ne fait pas l’effort de sortir du cliché « société religieuse = société archaïque » et si l’on ne se départit pas d’un regard condescendant et hermétique à toute appréhension rationnelle. La révolution des mentalités, c’est en Occident qu’il faut (aussi) la faire !

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